WeRead Powered by ReaderPub
L'Aiglon: Drame en six actes, en vers cover

L'Aiglon: Drame en six actes, en vers

Chapter 16: SCÈNE XIV
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

A lyrical six-act verse drama portrays a fragile young duke confined within a ceremonial court and overshadowed by an imperial legacy. Surrounded by guardians, courtiers, and family, he oscillates between yearning for action and resignation to political constraints. Through intimate scenes, masquerades, and public ritual, the play examines identity, the burden of ancestry, illusions of heroism, and the clash between personal desire and duty, building toward a quietly tragic resolution. The language alternates spirited rhetoric and tender intimacy, blending spectacle with psychological nuance.

SCÈNE XIV

LE DUC, puis FANNY ELSSLER et GENTZ un instant.

GENTZ, à mi-voix, après avoir écouté.

La voiture est loin.

(Il appelle le duc.)

Prince !

LE DUC, se retournant et apercevant la femme.

Fanny !

FANNY ELSSLER, rejetant le manteau qu’elle a jeté hâtivement sur son costume de théâtre, apparaît, splendide et rose, en danseuse, et dressée sur les pointes, ouvrant les bras.

Franz !

GENTZ, à part, en se retirant.

Tout rêve d’Empire est pour l’instant banni !

FANNY, dans les bras du duc.

Franz !

GENTZ, sortant.

C’est parfait !

FANNY, amoureusement.

Mon Franz !

(La porte s’est refermée sur Gentz. Fanny s’éloigne vivement du duc et respectueusement, après une révérence.)

Monseigneur !

LE DUC, s’assurant du départ de Gentz.

Parti !

(A Fanny.)

Vite !

FANNY, d’un bond léger de danseuse, tombant, après une pirouette, assise sur la table de travail du prince.

J’en ai beaucoup appris pour aujourd’hui.

LE DUC, s’asseyant devant la table, et avec impatience.

La suite !

FANNY, pose sa main sur les cheveux du duc, et lentement, fronçant ses jolis sourcils pour se rappeler les choses difficiles, elle commence, du ton de quelqu’un qui continue un récit.

… Alors, pendant que Ney, toute la nuit, marchait,
Les généraux Gazan…

LE DUC, répétant passionnément, pour se graver ces noms dans l’âme.

Gazan !

FANNY.

Suchet…

LE DUC.

Suchet !

FANNY.

… Faisaient remplir, par leurs canons, chaque intervalle,
Et dès le petit jour, la garde impériale…

Le rideau tombe.