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L'Aiglon: Drame en six actes, en vers cover

L'Aiglon: Drame en six actes, en vers

Chapter 6: SCÈNE IV
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About This Book

A lyrical six-act verse drama portrays a fragile young duke confined within a ceremonial court and overshadowed by an imperial legacy. Surrounded by guardians, courtiers, and family, he oscillates between yearning for action and resignation to political constraints. Through intimate scenes, masquerades, and public ritual, the play examines identity, the burden of ancestry, illusions of heroism, and the clash between personal desire and duty, building toward a quietly tragic resolution. The language alternates spirited rhetoric and tender intimacy, blending spectacle with psychological nuance.

SCÈNE IV

Les Mêmes, MARIE-LOUISE, un instant, et LES DAMES D’HONNEUR qui la suivent affolées, puis BOMBELLES et TIBURCE.

L’ATTACHÉ.

Hein ?

MARIE-LOUISE, à Metternich.

Margharitina, prince, qui s’envola !

METTERNICH, désolé.

Oh !

MARIE-LOUISE.

Margharitina ! Ma perruche !

(Elle remonte vers le perron. Les dames d’honneur se dispersent dans le parc à la poursuite de l’oiseau.)

METTERNICH, froidement, à l’attaché qui le regarde avec stupeur.

Voilà.

L’ATTACHÉ, remontant vers Marie-Louise et faisant l’empressé.

Si Son Altesse veut que je cherche ?

MARIE-LOUISE, s’arrête, le toise, et sèchement.

Non !

(Elle rentre dans son appartement après l’avoir foudroyé du regard. La porte claque.)

L’ATTACHÉ, de plus en plus ahuri, à Metternich.

Qu’est-ce ?

METTERNICH, réprimant un sourire.

On dit « Sa Majesté » ; vous dites « Son Altesse » !

L’ATTACHÉ.

L’empereur n’ayant pas régné, « Sa Majesté »
Ne peut rester à la Duchesse !

METTERNICH.

C’est resté.

L’ATTACHÉ.

Alors, voilà pourquoi ce regard de colère ?

METTERNICH.

C’est une question toute… protocolaire !

L’ATTACHÉ, salue pour prendre congé ; puis, avant de sortir, demande.

Est-ce que l’ambassade, à partir d’aujourd’hui,
Peut prendre la cocarde aux trois couleurs ?

METTERNICH, avec un soupir.

Mais oui…
Puisqu’on est d’accord…

(Aussitôt l’attaché jette sans rien dire la cocarde blanche de son chapeau et la remplace par une tricolore qu’il sort de sa poche. Metternich se lève en disant :)

Oh !… sans perdre une seconde !

(Bruits de grelots au dehors.)

Qu’est-ce ?

GENTZ, qui est sur le balcon.

L’archiduchesse arrive avec du monde :
Les Meyendorf, Cowley, Thalberg !…

BOMBELLES, qui, au bruit des grelots, est vivement entré par la gauche, suivi de Tiburce.

Recevons-les !

(Au moment ou il se précipite vers la porte, l’archiduchesse paraît sur le perron, entourée d’un flot d’élégants et d’élégantes en costume de ville d’eau.— Des Grévedon et des Deveria.— Robes claires. Ombrelles. Grands chapeaux.— Un petit archiduc, de cinq à six ans, en uniforme de hussard, une minuscule pelisse sur l’épaule, deux petites archiduchesses dans ces extraordinaires robes de petites filles de l’époque.— Tumulte de voix et de rires.— Tourbillon de frivolités.)