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L'Alfabet européen appliqué aux langues asiatiques / OEuvres de C.-F. Volney, tome VIII cover

L'Alfabet européen appliqué aux langues asiatiques / OEuvres de C.-F. Volney, tome VIII

Chapter 29: § Ier. Du Nom.
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About This Book

This work presents a systematic approach to applying the European alphabet to Asian languages, aiming to simplify their complexities for better understanding and communication. It discusses the challenges and methodologies involved in transcribing various Asian languages, including Hebrew, into a more accessible format. The author reflects on previous attempts and the evolution of his ideas, emphasizing the need for a unified alphabet that can accommodate the diverse sounds of these languages. The text serves as both an elementary guide for travelers in Asia and a scholarly exploration of linguistic principles, advocating for a more efficient means of literacy and education across cultures.

CHAPITRE II.


§ Ier.
Du Nom.

En arabe comme en français, le discours est composé de trois parties principales, 1o le nom (de l’agent), 2o celui de l’action ou le verbe, et 3o les particules qui lient l’agent à l’action, c’est-à-dire le nom au verbe.

Dans le nom, l’on distingue, 1o l’article; 2o le cas; 3o le genre; 4o le nombre.

Rien n’est plus simple que la déclinaison du nom dans l’arabe vulgaire; il est le même à tous les cas qui ne se distinguent que par les particules, ou par le sens de la phrase.

EXEMPLE.
Nom. al samak le poisson.
Gén. al samak du poisson.
Dat. l’al samak au poisson.
Acc. al samak le poisson.
Voc. ïâ samak ô poisson.
Abl. men al samak, du ou par le poisson.

On voit par cet exemple, 1o que l’article al est indéclinable, et qu’il répond à tous nos articles le, la, de, du, même aux pluriels les, des, tant au féminin qu’au masculin.

2o Que le nom ne change pas de forme, et qu’il reste le même dans tous les cas; il en résulte l’inconvénient de ne pas distinguer facilement le génitif du nominatif ou de l’accusatif: mais il est convenu en arabe que quand deux noms se suivent et que le premier manque de l’article al, il gouverne le second au génitif.

EXEMPLE.
râs al samak, la tête du poisson.
sari al markab, le mât du vaisseau.

Lorsque c’est un nom propre, l’article al est lui-même supprimé.

bait zaid, la maison de Zaid.
mandîl fâtmat, ou fâtmé, le mouchoir de Fâtmé.

Voilà pour l’arabe vulgaire, à quoi il faut ajouter que par corruption l’on prononce el au lieu d’al dans l’Égypte et dans la Syrie, où le changement d’â en é a lieu dans une infinité de cas.

Remarquons de plus que l’l dans al se perd devant treize consonnes de l’alfabet, appelées solaires, qui sont[122]:

d, đ, t, ȶ, θ, z, ȥ, ʓ, s, ʆ, ῳ, r, n, et qu’à sa place on double ces lettres pour l’agrément de la prononciation; ainsi l’on prononce es’samak, et non el samak; en’nabi, le prophète, et non el nabi; eʓʓolm, la tyrannie, et non el ʓolm: mais c’est à l’usage d’enseigner cela, et non à l’écriture de le tracer, et les signes imaginés par les grammairiens pour diriger cette manière d’écrire, sont aussi ridicules que si chez nous l’on écrivait ces mots, ils ont écrit à Rome, de cette manière: il zon t’écri t’à Rome.

[122] Appelez-les selon le canon alfabétique, da, đo, ta, ȶo, θêta, ȥal, etc.

Quant à l’arabe littéral, connu sous le nom de naħωi, l’équivoque des cas n’y a pas lieu, parce qu’ils y sont distingués par des finales ajoutées au corps du mot, comme en grec os, ωn, et en latin us, a, um.

EXEMPLE.
Nom. al nahr-o le ruisseau.
Gén. al nahr-i du ruisseau.
Dat. l’al nahr-i au ruisseau.
Acc. al nahr-a le ruisseau.
Voc. ïa nahr-a ô ruisseau.
Abl. men al nahr-i du ou par le ruisseau.

L’on voit par cet exemple que l’o appartient au nominatif; l’i aux génitif, datif, ablatif; et l’a aux accusatif et vocatif; et cela tant au singulier qu’au pluriel, et tant au féminin qu’au masculin.

Si le nom est un nom propre, ou qu’il soit privé de l’article al, il ne prend plus pour finales o, i, a, mais les nasales on, en, an, le vocatif seul excepté.

EXEMPLE.
Nom. Moħammad-on Mahomet.
Gén. Moħammad-en de Mahomet.
Dat. l’Moħammad-en à Mahomet.
Acc. Moħammad-an Mahomet.
Voc. ïa Moħammad-o[123] ô Mahomet.
Abl. men Moħammad-en par Mahomet.
Nom. nahâr-on jour.
Gén. nahâr-en de jour.
Dat. l’nahâr-en à jour.
Acc. nahâr-en jour.
Voc. ïâ nahâr-a ô jour.
Abl. men nahâr-en par jour.

[123] Dans les noms propres, le vocatif prend o, comme le nominatif des substantifs.

Si le nom propre se terminait par lui-même en an, il ne faudrait plus lui appliquer les nasales, mais bien les lettres o, i, a.

EXEMPLE.
Nom. ỏθmân-o Otman.
Gén. ỏθmân-i d’Otman.
Dat. l’ỏθmân-i à Otman.
Acc. ỏθmân-a Otman.
Voc. ïa ỏθmân-o ô Otman.
Abl. men ỏθmân-i par Otman.

On voit par les exemples ci-dessus que l’on appartient au nominatif; en aux génitif, datif, ablatif, et an à l’accusatif, tant au singulier qu’au pluriel, et au féminin comme au masculin.

§ II.
Du Genre.

En arabe comme en français, il n’y a que deux genres, le masculin et le féminin; il n’y a pas de neutre.

La terminaison a et àt prononcée en arabe vulgaire é et ét, est le signe constant du féminin singulier, tant substantif qu’adjectif: au pluriel cet a bref devient ât long.

EXEMPLE.

tinât, des figues.

Il faut en excepter les deux mots χalifàt, un kalife; ảlamàt, un savant, qui sont masculins, malgré leur finale féminine.

D’autre part, les terminaisons ωn, în, ân, sont les signes des pluriels masculins; mais elles se bornent presque exclusivement aux participes actifs et passifs, et suivent, quant aux cas, la règle d’on, en, an.

EXEMPLE.
Nom. sing. al ʓâlem l’opprimant.
Nom. plur. al ʓâlem-ωn les opprimans.
Gén. al ʓâlem-în des opprimans.
Dat. l’al ʓâlem-în aux opprimans.
Acc. al ʓâlem-ân les opprimans.
Voc. ïa ʓâlem-an ô opprimans.
Abl. men al ʓâlem-în des opprimans.
PASSIF SINGULIER.

al ou el maʓlωm  l’opprimé.

PLURIEL.
Nom. el maʓlωm-ωn les opprimés.
Gén. el maʓlωm-în des opprimés.
Dat. l’el maʓlωm-în aux opprimés.
Acc. el maʓlωm-ân les opprimés.
Voc. ïa maʓlωm-an ô opprimés.
Abl. men el maʓlωm-în des ou par les oppr.

Avec les finales àt et ât on fera

SINGULIER FÉMININ.
Nom. el ʓâlem-àto l’opprimante.
Gén. el ʓâlem-àti de l’opprimante.
Acc. el ʓâlem-àta l’opprimante, etc.
PLURIEL.
Nom. el ʓâlem-âto les opprimantes.
Gén. el ʓâlem-âti des opprimantes.
Acc. el ʓâlem-âta les opprimantes, etc.
PASSIF SINGULIER.
Nom. el maʓlωm-àto l’opprimée.
Gén. el maʓlωm-àti de l’opprimée.
Acc. el maʓlωm-àta l’opprimée, etc.
PLURIEL.
Nom. el maʓlωm-ât les opprimées.
Gén. el maʓlωm-ât des opprimées.
Acc. el maʓlωm-ât les opprimées, etc.

Voilà les seuls signes auxquels on reconnaisse les masculins et les féminins; mais il s’en faut beaucoup que ces signes soient généraux: au contraire, la presque totalité des noms substantifs en est privée, et l’on n’en peut distinguer le genre par la forme qui, comme en français, est indistinctement commune aux uns et aux autres: l’usage seul peut les faire connaître, et c’est là une des difficultés de la langue arabe; difficulté d’autant plus grande, que le substantif étant équivoque, l’adjectif qu’il gouverne ne peut l’être, et doit se montrer masculin ou féminin.

En général, les noms de femmes, de pays, de villes, d’élémens sont féminins.

EXEMPLE.
mariam Marie. meʆr l’Égypte.
el ârđ la terre. ῳâm la Syrie.
el sa le ciel. qobros Cypre.
el mâ’ l’eau. ħalab Alep, ville.
el nâr le feu. boγdâd Bagdad.
el haωâ l’air. baʆrâ Basra.
el rîħ le vent. ʆωr Tyr.
el ῳams le soleil. tedmωr Palmyre.
el qamar[124] la lune. etc.  

[124] Plus souvent masculin que féminin.

Sont aussi féminins les membres pairs:

el ïad la main.
el ảïn l’œil.
el aȥn l’oreille, etc.

Et quelques mots en ä; tels que ȥekrä, souvenir; oωlä, première; ȶωlä, plus longue;

Et d’autres en â; kobriâ, l’orgueil; maῳiωχâ, sénat; ħamrâ (chose), rouge.

Souvent il est permis de rendre féminin un nom masculin, surtout quand il est susceptible d’être de l’un ou de l’autre sexe.

EXEMPLE.
đjadd aïeul, đjadd-àt aïeule.
ảmm oncle, ảmm-àt tante.

Cela se pratique généralement pour les adjectifs.

EXEMPLE.
kabîr grand, kabîr-àt grande.
ʆaγîr petit, ʆaγîr-àt petite.
nađîf net, nađîf-àt nette.
ảȥîm très-grand, ảʓîm-àt très-grande, etc.

Si l’on prononce comme le vulgaire, kabîr-é, ʆaγîr-é, nađif-é, on voit que cette forme ressemble à celle du français, où l’e final rend féminins les adjectifs masculins, grand-e, fort-e, petit-e, etc.

Que si les adjectifs commencent par un a, cet a passe à la fin du mot pour le genre féminin.

EXEMPLE.
aʆfar jaune, masc. ʆafrâ, fém.
ahdab à longs cils, hadabâ.
aħmar rouge, ħamrâ.
abiađ blanc, baiđâ.

Cette règle a spécialement lieu pour les comparatifs qui tous se forment par l’a initial, avec la seule différence que l’ä porte deux points.

EXEMPLE.
aȶωal plus long, ȶωlä plus longue.
akbar plus grand, kobrâ plus grande.

Quelquefois la terminaison at s’ajoute à un nom masculin, et alors il exprime spécialement l’unité.

EXEMPLE.
tebn, de la paille, tebnat, une seule paille.
ȥahab, de l’or, ȥahab-at, un peu d’or.
đarb, coup, đarb-at, une tape, etc.

Une bizarrerie de la langue est que quelquefois un nom singulier en at prend au pluriel une terminaison en apparence masculine, sans cesser d’être féminin.

EXEMPLE.

madinàt, une ville; modon, des villes; amràt, une femme; nesωân, des femmes, etc.

Enfin une dernière bizarrerie est que quoique en général l’adjectif suive le genre du substantif, cependant la plupart des objets inanimés, ou même non raisonnables, gouvernent également dans le pluriel les adjectifs au féminin singulier.

EXEMPLE.

el ảʆâfîr el ȶâïéràt, (mot à mot) les oiseaux la volante, (pour) les oiseaux volans;

el ħađjar el ʆalîđàt, les pierres la dure, (pour) les pierres dures.

Sur quoi nous remarquerons en passant, que l’article el se répète toujours devant l’adjectif, sans quoi il emporterait l’équivoque de gouverner le génitif.

§ III.
Du Nombre.

Les Arabes distinguent comme les Grecs trois espèces de nombres, le singulier, le pluriel et le duel, ou nombre deux.

Le duel n’est point usité dans l’arabe vulgaire; il a seulement lieu dans l’arabe savant ou littéral, où il est employé tant dans les noms que dans les verbes.

Sa forme dans les noms est simple; elle consiste à ajouter au nom singulier la finale ân pour le nominatif, et ain pour les génitif et accusatif, tant au masculin qu’au féminin.

EXEMPLE.

rađjol, un homme, rađjol-an, deux hommes.
Gén., acc., dat. rađjol-ain, de deux hommes.

madinat, une ville, madinat-an, deux villes.
Gén, acc., dat. madinat-ain, de deux villes.

A l’égard des singulier et pluriel, masculin et féminin, nous avons vu dans le paragraphe des genres comment ils se composent pour les participes et les adjectifs; et comment les finales ωn, în, ân, at, at forment les pluriels masculins et les féminins singuliers et pluriels. Ce sont-là en quelque sorte les seuls noms qui conservent de la régularité: quant aux noms substantifs, la presque totalité, tant masculins que féminins, ne suit aucune règle constante ni uniforme pour passer du singulier au pluriel; au contraire ils se replient de manières si diverses et si singulières, que c’est-là une des plus grandes difficultés pour les novices dans la langue.

Les grammairiens ont pris la peine d’en former vingt-deux classes; mais cette multiplicité, loin d’éclaircir le sujet, ne fait que l’embrouiller, et il vaut mieux s’en tenir à la pratique, et apprendre à mesure du besoin le pluriel de chaque mot.

Nous allons cependant donner quelques exemples qui serviront à prouver cette vérité, et à donner une idée de cette difficulté.

EXEMPLE.
SINGULIER PLURIEL.
iaħiàt la barbe, ioħiân.
kobrâ plus petite, kobar.
ảmωd une colonne, ỏmωd et ảωâmid.
qađib un bâton, qođob.
aħmar rouge, ħomr.
qerbàt une outre, qerâb.
romaħ une lance, remâħ.
rađjol un homme, ređjâl, et arđjâl.
kảb talon, kảâb.
đjabal montagne, đjebâl.
raqabàt le cou, reqâb.
đers grosse dent, đorωs.
ῳâhed témoin, ῳohωd.
kâmel parfait, kamalat.
γâȥen attaquant, γoȥâàt.
dobb un ours, debâb et debâbàt.
zῶđj mari, zeωađjàt.
âχ frère, eχωàt.
ωađjh face, aωđjoh.
ïad main, aïden.
maȶar pluie, amȶâr.
raγîf pain, arγefàt et roγfân.
amâl nord, ῳamâïel.
âđjωz vieille, ađjâïez.
tâđj couronne, tiđjân.
saqf voûte, soqfân.
arif noble, ῳorafâ.
baχil avare, boχa.
ħabib aimé, aħebbâ.
γani riche, aγniâ.
đjariħ blessé, đjarħa.
qaȶîl tué, qaȶla.
ʆaħrâ désert, ʆaħara.
ảȥrâ la vierge, ảȥâra.
nafs l’ame, nofos et anfωs.
baħr la mer, bohor, ebħâr, abħor.
akbar plus grand, akâber.
l’eau, miâh, amωâ.
fomm la bouche, afωâàt.
emràt femme nesâ, nesωân, nesωat.
ensan homme, anâs, et enes.

C’en est assez pour faire sentir que l’usage seul peut apprendre la variété de ces formes; et cependant il arrive que quand on a saisi le génie de la langue on devine souvent par analogie quel pluriel doit résulter d’un singulier donné.

§ IV.
Du Comparatif et du Superlatif.

Le comparatif se forme tout simplement, en appliquant a devant l’adjectif.

EXEMPLE.
ħasan bon, aħsan meilleur.
ʆaγir petit, aʆγar plus petit.
ħabib cher, abb plus cher.

Et le que qui suit s’exprime par men.

EXEMPLE.

Plus généreux que,
akrâm men.

Plus grand que le sultan,
aảʓam men el solȶan.


CHAPITRE III.


Des Pronoms personnels et possessifs, des Conjonctions et des Particules.

Les pronoms personnels, quand ils régissent et gouvernent la phrase, s’expriment comme il suit:

  Genre.
Je ou moi     anâ commun.
tu ou toi
  ent masculin.
enti féminin.
Il ou lui     masc.
Elle     hi fém.
Nous     naħn comm.
Vous
  entom masc.
entonn fém.
Eux     hom masc.
Elles     honn fém.

Dans l’arabe littéral on dit: anta, anti, hωa, hi, naɦno, antom, antonna, hom, honna.

On se sert aussi du duel dans l’arabe littéral pour les deux termes suivans:

Vous deux, commun; antomâ.
Eux deux, commun; homâ.

Mais ils sont peu usités dans le vulgaire.

Que s’ils sont gouvernés et régis par un verbe, ils s’accolent à la fin du verbe régissant dans la forme ci-après.

EXEMPLE.
naʆar-ni il a aidé   moi.  
naʆar-ak il a aidé   toi masc.
ek
toi fém.
naʆar-ho il a aidé   lui  
ha
elle  
 
naʆar-na il a aidé   nous comm.
naʆar-kom vous masc.
konn vous fém.
naʆar-hom eux masc.
honn elles fém.
AUTRE EXEMPLE.
amä-k il a jeté toi masc.
ïarmi-k il te jette   masc.
ïarmi-ki
fém.
γaȥâ-k il a attaqué toi masc.
γaȥâ-ki   toi fém.
ïaγȥω-k il attaque toi masc.
ïaγȥω-ki   toi fém.

Par où l’on voit que le k désigne proprement le tu et le toi, et qu’il reçoit l’influence de la voyelle qui le précède.

Dans le littéral on ajoute sans cesse a final à naʆar, et à quelques-uns de ces pronoms: l’on dit, naʆara-ka, naʆara-ki, naʆara-konna, naʆara-honna.

Dans plusieurs cas l’on sépare le pronom du verbe; mais alors on interpose la particule eïâ.

EXEMPLE.
đarab - eïâ-ï il a frappé   moi  
đarab   eïâ-k
toi masc.
eïâ-ki
toi fém.
eïâ-ho, etc.
lui  

Les mots confirmatifs, même, moi-même, toi-même, etc., s’expriment par mon ame, ton ame, etc.

Je m’aime moi-même, aħebb nafs-i.
j’aime mon ame.
Vous vous aimez vous-mêmes; taħebbω anfos-kom.
vous aimez vos ames.
Aimez votre prochain comme vous-mêmes; ħebbω qarib-kom, ka-anfos-kom.
comme vos ames.

Les pronoms possessifs mon, mien, mes, ton, tien, tant masculin que féminin, et tant singulier que pluriel, s’expriment comme il suit:

ketâb   ï livre   mien  
ak tien masc.
ek tien fém.
ho son masc.
ha son fém.
na notre comm.
kom votre masc.
konn votre fém.
hom leur masc.
honn leur fém.
AU FÉMININ.
đjaddàt   i mon aïeule  
ak ton aïeule masc.
ek
fém.
ho, etc. son aïeule  

Dans l’arabe littéral on dit toujours ka, ki, kom, konna, hom, honna, avec les finales grammaticales du mot qui précède.

  ketâbo-ka.
Gén. ketâbi-ka.
Acc. ketâba-ka.  

Pour le duel dans le littéral on suit la même marche, et l’on accole également le pronom à la suite du nom.

EXEMPLE.
ketâbâ   ï deux livres   mien  
ka tien masc.
ki tien fém.
ho sien masc.
ha sien fém.
na notre  
komâ votre commun.
homâ leur commun.

Des Pronoms démonstratifs.

Celui-ci, ȥâ ou haȥa; au Kaire, dé.

Celle-ci   ȥeh, ȥi, ȥehi;
ou tâ, teh, ti, tehi, et haȥéhé.
Ceux-ci
et Celles-ci
  oωlâ, et haωlâ.
     

Pour exprimer l’éloigné on ajoute à la fin de ces mêmes mots la seule lettre k, et l’on dit:

Celui-là, ȥâk, haȥâk, et ȥalek,
Celle-là, tàk, et telk.
Ceux-là   oωlâk, oωlaïek, oωlâlek, etc.
Celles-là

En littéral ces deux-ci:

ȥâni et ȥaini masc. ou haȥâni.
tâni et taini fém. hatâni et hataini.

En littéral ces deux-là   ȥâneka, ȥaineka. masc.
tâneka, taineka. fém.

Des Pronoms relatifs.
Qui, que, lequel, laquelle.

Ces pronoms s’expriment par les mots,

ellazi ou elladi, pour le masculin singulier

ellazin ou elladin, pour le masculin pluriel,

et par   ellati, au féminin singulier,
ellâti, au féminin pluriel,

avec cette singularité, que lorsqu’il faut leur joindre des particules telles que, avec, par, en, dans, pour, etc., on prend cette tournure, qui, ou lequel avec lui, au lieu de dire avec qui; de manière que le pronom reste indéclinable.

SINGULIER.
Nom. qui, lequel, ellaȥi.
Gén. de qui, duquel, dont, ellaȥi men-ho.
Dat. à qui, auquel, ellaȥi l’ho (lequel à lui).
Acc. que, lequel, ellaȥi.
Abl. duquel, de qui, ellaȥi men-ho (lequel de lui).
  dans qui, ellaȥi fi-h.
PLURIEL.
Lesquels, qui, ellaȥin.
Auxquels, pour qui, ellaȥin l’hom (lesquels à eux).
Avec lesquels, ellaȥin mả hom.
Dans lesquels, ellaȥin fi hom.
SINGULIER FÉMININ.
Nom. laquelle, ellati.
Dat. à qui, pour laquelle, ellati l’ha.
Abl. de laquelle, ellati men ha.
PLURIEL.
Lesquelles, ellâti.
Auxquelles, ellâti, l’ha (lesquelles à elles).
Dans lesquelles, ellâti, fi ha.

Que si ces pronoms relatifs se rapportent à d’autres personnes qu’à la troisième, citée en exemple, on répète le pronom de cette personne.

EXEMPLE.

Vous que j’ai vu, ent ellaȥi rait-ak

Nous en qui votre confiance, naħn ellaȥin amân-kom b’-na.

Ainsi des autres personnes.

Quand ces pronoms qui et lequel sont interrogatifs, on les exprime par aï au masculin, tant singulier que pluriel, et par aïat au féminin singulier, et aïât au pluriel.

EXEMPLE.

De quel droit, b’aï ħaqq?

Par quels sentiers marches-tu? b’aïàt dorωb ent sâlek?

Que et qui pris au sens neutre s’expriment par ma.

Ce que j’ai dit, ma qolt.

Et l’on ajoute élégamment le pronom ho à la fin: mâ qolt-ho.

Ce qui arrive par fois, mâ ïoʆđaf.

S’ils sont interrogatifs, on se sert de la phrase quelle chose, au lieu de que; et l’on dit: aiῳ par abréviation de aï-ῳai; qu’est-il arrivé? aiῳ ʆađaf?

En arabe savant l’on dit plus élégamment: a? ma ʆađaf?

Des Particules conjonctives.

Les particules conjonctives, c’est-à-dire qui servent à lier le sens des mots dans la phrase, sont de deux sortes; les unes sont essentiellement attachées au mot; les autres peuvent s’en séparer. Nous allons d’abord traiter des premières; elles consistent dans les huit lettres suivantes:

A, b, t, s, f, k, l, ω: dont chacune a un sens complet.

A est le signe de l’interrogation; il ouvre la phrase comme pour avertir de la question:

â safar zaid? Zaid est-il parti?

â ent? est-ce toi? â fi-h? est-ce dedans?

B. b qui se prononce , a plusieurs sens: 1o il signifie dans; b’el bait, dans la maison, où l’on voit l’élision de son e devant une voyelle: nous n’écrirons jamais cet e, même devant les consonnes, et il sera toujours remplacé par une virgule: b’nafs-i, dans mon ame; b’-nâ, en nous.

2o Il signifie par et avec: par Dieu, b’ellah. Par le tombeau de mon père, b’torbet âb’i. Ils sont venus avec l’enfant, âtω ou đjâω b’el fatä (au lieu de dire ils l’ont amené.) J’ai écrit par ou avec la plume, katabt b’el qalam.

Il prend aussi le sens de pour et de à cause; b’doχωl-ak, pour ton entrée.

3o Par une tournure singulière d’affirmation et presque de serment on dit: moi fidèle croyant, ana b’mωmen. Dieu puissant, allah b’qađir.

4o Enfin b’ prend le sens de sur et de outre; marr b’i, il m’a passé, il a passé sur moi, outre moi.

T. t prononcé , est un jurement qui n’a lieu que dans la forme suivante:

allah, b’ellah, t’illah, par Dieu; comme si l’on voulait décliner tout l’alfabet en attestant le nom de Dieu.

s, prononcé sa, est le signe spécial du futur: il s’ajoute en première lettre aux personnes du verbe; il attaquera, s’ïoγȥω; je partirai, s’asâfer; tu m’aideras, sataor-ni.

f, prononcé fa, signifie or, et commence ou soutient très-élégamment une phrase ou une période; or il mourut, fa-mât; ils mangèrent tout, fa akalω el koll.

k, prononcé ka, signifie de même, ainsi que, comme; comme un torrent, ka sîl; ainsi que la foudre, ka el ʆaảqàt.

l, prononcé , a plusieurs sens; 1o il signifie le datif à, pour, à cause; dis au juge, qoll l’el qâđi; je l’ai châtié pour ou à cause de son mensonge, addabt-ho l’keȥb-ho.

Avec les pronoms tu, toi, vous, etc., on le prononce en vulgaire comme il suit:

A toi, masc. l’ak; à vous, l’kom.
A toi, fém. l’ek;
l’konn.
A moi, l’ï; à nous, l’na.
A lui, l’ho; à eux, l’hom.
A elle, l’ha;
l’honn.

En arabe littéral on dit l’ka, l’ki, l’kom, l’konna, l’hom, l’honna.

2o Il est formule de serment; l’ellah, par Dieu, ou pour Dieu.

3o Il sert à appeler: ïâ l’moʆtafa, ô Mustapha!

4o Il assure fortement une chose; enn allah l’qađir, Dieu est puissant; enn el ensân l’meskin ωa raȥîl, l’homme est faible et misérable.

5o Enfin, joint au prétérit il le change en optatif; pour qu’il vienne! l’đjà (qu’il fût venu).

ω, prononcé ωa, prend une foule d’acceptions dans le discours arabe, quoiqu’il ne signifie littéralement que et; on l’emploie signifiant par, dans le serment suivant que les Arabes ont sans cesse à la bouche: ωallah, par Dieu.

Des Particules disjonctives.

Nous renfermons sous ce titre les adverbes, les prépositions, les conjonctions, les interjections, toutes particules formées de mots invariables.

Adverbes de lieu.

, en quel lieu, par interrogation, ain? et fi ain?—Dans le cours de la phrase ħaiθ, et fi, avec le pronom convenable à l’objet; le puits où il tomba, el bir ħaiθ ωaqả, () ellaȥi ωaqả fi-h: d’où, men ħaiθ, men ain.

Vers où, jusqu’où, elä ain, elä ħaiθ.

Où que ce soit, ħaiθmâ, ain mâ, aïï.

Ici, honâ, héné, hâhonâ.

D’ici, men honâ, ou men héné.

, honâk, honâlek; de là, men honâk.

Vers ici, vers là, elä honà, elä honâk.

Adverbes de temps.

Quand, lorsque: matâ, lamma.

Déjà, avec un sens affirmatif: qad: il est déjà venu: qad đja.

Jamais, qaȶ, faqaȶ, faqad, l’qad.

Ensuite, pour lors, θomm, et θommat.

Alors, ħîn, ïῶm, ħinaiȥen, ïῶmiȥen.

Puisque, sitôt que, dès que, eȥ, eȥâ, eȥma, aïan.

Après que, bảd-en, bảd-men, bảd-ma, lamma.

Après, bảd, sωf, sω, sai, saf, men bảd.

Après cela, bảd haȥa.

Avant, qabl; avant que, qabl ma, qabl-en, men qabl; avant cela, qabl haȥa.

Jusqu’à ce que, elä en, ħattä en, ħattä eȥa;

Les adverbes pour appeler, sont:

â et aïâ, pour un objet voisin.

haïa, pour un objet éloigné.

ïa, et aïoha, pour un objet masculin.

ïa aïàt-ha, pour un objet féminin.

Voici (pour le masculin), eȥ, eȥa, ha, hωȥa, hahωȥa, hanaza.

Voici (pour le féminin), hanaȥeh.

Quoi, Eh? interrogant, â, hal.

N’est-ce pas? a’ma, a-la, a’fa-la, a’lam, afalam, aω lam, aω-la.

Oui, certes, nảm, en, balä ađjal, đjîr, amîn.

Non, la, kolla (tout non), lam, ma, et lais.

Mais lais se conjugue en verbe; lais, il n’est pas, laist, tu n’es pas, laistom, vous n’êtes pas.

Nullement, lan, lan-ma.

Comment, kaif, anni; kaif ma, comment que, de quelque façon que.

Pourquoi, l’ma, l’aiῳ, l’ai-ῳai; pour quelle chose seulement, l’aiῳai faqaȶ.

Absolument tout-à-fait, b’el koll, kollian.

Plût à Dieu, puissé-je! lait, ïa lait!

Peut être, lảl, robb, robb-ma.

De même que, et comme si, k’ann, ka-ma.

Toutes fois que, tant que, koll ma.

Allons donc, or donc, eȥan, fa eȥan.

Beaucoup d’adverbes se forment de l’adjectif, en lui ajoutant la finale an.

Bon, ħasan; bien, ħasan-an.
Mauvais, arr; mal, arran.
Avec, mả, ensemble, mảan.
Éloigné, bĕïđ; de loin bĕïđân.
Premier, al; premièrement, alan.
Maintenant, elan; jusqu’à présent, elä elan.

Désormais, dorénavant, men elan.

Ou distinctif: l’un ou l’autre, aω, am, amma.

Mais, bal, laken, enn’ma.

Afin que, b’ma, l’kaï, l’kaïma.

Parce que, l’ann, bema.

De peur que, l’illa, kaila, l’kaïla.

Si conditionnel, pour le passé; lω, en, l’ain.

Sinon, ella, lωla; lωma.

Quoique, ωa en, ωa lω.

Or, fa enn, famma, enn, ennama, ann, amma pour ann-ma.