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L'Alfabet européen appliqué aux langues asiatiques / OEuvres de C.-F. Volney, tome VIII cover

L'Alfabet européen appliqué aux langues asiatiques / OEuvres de C.-F. Volney, tome VIII

Chapter 45: CHAPITRE VII.
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About This Book

This work presents a systematic approach to applying the European alphabet to Asian languages, aiming to simplify their complexities for better understanding and communication. It discusses the challenges and methodologies involved in transcribing various Asian languages, including Hebrew, into a more accessible format. The author reflects on previous attempts and the evolution of his ideas, emphasizing the need for a unified alphabet that can accommodate the diverse sounds of these languages. The text serves as both an elementary guide for travelers in Asia and a scholarly exploration of linguistic principles, advocating for a more efficient means of literacy and education across cultures.

CHAPITRE VII.


Des Verbes défectueux, ou qui ont des voyelles pour lettres radicales.

Lorsque dans un verbe l’une des trois lettres radicales est voyelle, le verbe s’appelle défectueux, parce que dans les diverses modifications des temps, des personnes et des conjugaisons, cette voyelle se change ou même s’éclipse tout-à-fait.

Néanmoins il ne faut pas croire que ces changemens se fassent sans règles; ils en ont au contraire d’assez fixes qui proviennent de ces petites voyelles intercalées que nous venons de voir servir par leurs inversions à exprimer tous les modes des temps, des personnes et des conjugaisons; c’est-à-dire, que ce sont ces petites voyelles qui affectant les grandes, selon les principes du tableau no 2, faisant face à la page 219, les changent ou les confirment pour obéir aux règles générales de la conjugaison. Quelques exemples rendront ce mécanisme sensible.

Le verbe âkal, il a mangé, offre pour première radicale la grande voyelle â. Dans les principes de la conjugaison, no 1, la première radicale est affectée du petit a, naʆar; donc il faudrait écrire âakal. Mais ces deux sons se confondant par identité, on dit simplement âkal.

Au passif, ce n’est plus le petit a qui affecte la première radicale, c’est o (noʆer), et il faudrait dire aokel; mais a affecté d’o, ferait un hiatus; et pour l’éviter, les Arabes ont adopté la règle générale de ne prononcer que o, avec cette remarque que ce petit o bref et intercalaire devient un o radical et dominant; et ils disent okel, il a été mangé.

Si la voyelle est au milieu, les mêmes principes guident ses changemens: ainsi ces principes voulant que la seconde radicale, au prétérit actif, soit toujours affectée d’a, presque jamais cette seconde radicale n’y offre d’î ni d’ω; ces deux voyelles ne peuvent se montrer qu’au présent et futur.

EXEMPLE.

qâl il a dit, ïaqωl il dit, ou dira.

zâd il a augmenté, ïazîd il augmente ou augmentera.

Appliquez à cet exemple les petites voyelles du modèle naʆar, et vous verrez leurs règles observées.

qaâal, ïaol.

naʆar, ïaor.

zâd cependant ne fait pas ïazωd, mais ïazîd, et en cela il suit la règle d’une foule de verbes qui, à la seconde radicale du présent, prennent le kesré ِ  ou petit e, comme kaʆar il a brisé, ïaer il brise.... et il en résulte pour tous les verbes qui ont â pour seconde radicale, l’équivoque de savoir s’ils tournent en ω ou en î: l’usage et le dictionnaire peuvent seuls l’enseigner.

Enfin si la troisième radicale est une voyelle, c’est encore la petite voyelle supplétive qui la régit. Cette petite voyelle ne se montre point dans l’arabe vulgaire, qui dit simplement naʆar, ïaor; mais elle existe dans le littéral, qui écrit et prononce naʆara, ïaoro.

La troisième radicale étant voyelle sera donc généralement affectée d’a, c’est-à-dire sera toujours â au prétérit actif; mais elle pourra tourner au présent et au futur tantôt en ω, et tantôt en î, attendu qu’il y a une quantité de verbes où elle est î. C’est pour les indiquer que j’ai imaginé de marquer de deux points ä, l’a final qui représente cet ï.

EXEMPLE.
ra il a jeté, ïarmî il jette.
ma il a rempli, ïamlî il remplit.

Les verbes en ω font:

γaza il a attaqué, ïaγzω il attaque.
ħala il a été doux au goût, ïaħlω il est doux au goût.

La voyelle ảïn subit des changemens analogues à ceux que nous venons de voir, quoique les grammairiens l’aient voulu conjuguer régulièrement, et que même ils aient établi le verbe fảl pour modèle de la première conjugaison; mais leur erreur en ce point se rend sensible, et par l’écriture, et par la prononciation, qui s’accordent à prouver que l’ả se modifie en ĕ et en ỏ, selon qu’il est affecté de domma ou de kesré.

EXEMPLE.

ảzal il a destitué, devient au passif ỏzel il a été destitué.

faảl il a fait, donne fâĕl faisant, et mafỏωl, fait, factus.

ảbb il a avalé, devient ïaỏbb il avale.

ảzz il a été précieux, devient ïaĕzz il est précieux.

Ainsi c’est une règle générale, que l’ảïn se modifie en ĕ et en ỏ, selon qu’il est affecté des petites voyelles é et o.

Sur quoi nous remarquerons 1o que lorsqu’il fait partie d’un verbe sourd, comme dans ảbb et ảzz, il suit toutes les règles de radd pour le doublement de sa consonne, mais il tourne au présent tantôt en ĕ et tantôt en ỏ, c’est-à-dire qu’il est affecté tantôt du petit é, et tantôt du petit o.

2o Qu’il ne doit être influencé que par la voyelle intercalaire qui lui appartient en propre, et qu’il ne faut pas lui confondre celles qui appartiennent aux autres radicales: ainsi, selon le type naʆar, on devrait écrire faal; mais dans ảal le petit a se confond à l’ảïn, et il reste faảl, parce que le premier petit a appartient à f.

3o Qu’à la fin des mots du temps présent et futur, l’ảïn ne suit pas communément la règle de ïaor où l’on voit l’o affectant la seconde radicale; mais qu’il reste souvent ce qu’il est sans changement: ainsi le verbe qaȶả il a coupé, ne fait pas ïaqȶỏ, mais ïaqȶả; ce qui n’empêche pas que dans le littéral on ne le fasse suivre de la finale caractéristique o, puisque l’on y dit ïaqȶảo, comme ïaoro.

Mais c’est encore au dictionnaire qu’il appartient d’indiquer le caractère spécial de chaque verbe, comme l’a fait Golius dans son Océan de la langue arabe (qâmωs el loγàt el ảrabîàt).

Nous allons donner quelques exemples des conjugaisons les plus générales des verbes imparfaits.

EXEMPLE.

Verbe dont la première radicale est voyelle.

PRÉTÉRIT.
âkal il a mangé.
âkalat elle a mangé.
âkalt tu as mangé. masc.
akalti tu as mangé. fém.
âkalt j’ai mangé.
âka ils ont mangé.
âkaltω vous avez mangé.
âkalna nous avons mangé.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïâkol il mange ou mangera.
t’âkol elle mange ou mangera.
t’âkolo tu manges ou mangeras. masc.
t’âkoli tu manges ou mangeras. fém.
â’kol[131] je mange ou mangerai.
ïâko ils mangent ou mangeront.
t’ako vous mangez ou mangerez.
n’akol nous mangeons ou mangerons.
IMPÉRATIF.

kol mange. masc. koli mange. fém.[132].

PARTICIPE.
âkel[133] mangeant. âkelàt mangeante.
âkelωn mangeans. âkelât mangeantes.
SUBSTANTIF.

el akl[134] le manger.

Au passif, la racine akal suivant les règles de noʆer se change en ookel, et l’on dit:

Prétérit. okel il a été mangé, etc.
Présent. ïωkal il est ou sera mangé, etc.
Participe. mωakl mangé.
Substantif. akîlàt chose mangeable.

[131] On devrait écrire â’okol; mais la virgule suffit pour avertir de l’élision de l’a mineur, afin d’éviter l’hiatus.

[132] L’a radical se supprime dans ce verbe ainsi que dans χod, prends, et mor, commande; mais dans les autres il devient é ou i.

[133] Au lieu de ââkel.

[134] Qu’il ne faut pas prononcer comme el ảql, l’esprit.

Verbe dont la seconde radicale est voyelle.

Dans ce verbe il faut savoir si cette seconde radicale tourne au présent et futur en ω, comme qâl, ïaqωl, ou en i, comme sâl, ïasîl il a questionné.

PREMIER EXEMPLE.
qâl[135] il a dit. îaqωl il dit.

[135] L’on devait écrire qaâl, mais la suppression du petit a ne donne lieu à aucune équivoque, et elle évite un hiatus.

PRÉTÉRIT.
qâl il a dit.
qâlat elle a dit.
qolta tu as dit. masc.
qolti tu as dit. fém.
qolto j’ai dit.
qâlω ils ont dit.
qoltω vous avez dit.
qolnâ ils ont dit.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïaqωl il dit ou dira, etc.
t’aqωl elle dit.
taqlω tu dis. masc.
t’aqωli tu dis. fém.
â’qωl je dis.
îaqωlω ils disent.
t’aqωlω vous dites.
naqωl nous disons.
IMPÉRATIF.

qol dis, masc. qoli dis, fém. qodites, com.

PARTICIPE.
qâïl disant. qâïlàt disante.
qâïlωn disans. qâïlât disantes.
SUBSTANTIF.

el qωl la parole, le dire. Pluriel, el aqωâl.

PASSIF.
PRÉTÉRIT.
qîl il a été dit.
qîlat elle a été dite.
qelta tu as été dit.
qelti tu as été dite.
qelto j’ai été dit.
qîlω ils ont été dits.
qeltω vous avez été dits.
qelnâ nous avons été dits.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïoqâl il est ou sera dit.
t’oqâl elle est ou sera dite.
t’oqâl tu es ou seras dit.
t’oqâli tu es ou seras dite.
o’qâl je suis ou serai dit.
ïoqâlωn ils sont ou seront dits.
t’oqâlωn vous êtes ou serez dits.
noqâl nous sommes ou serons dits.
IMPÉRATIF.
l’ïoqâl. qu’il soit dit, etc.
PARTICIPE.
maqωl dit, etc.
SECOND EXEMPLE.
sâr il a marché, ïasir il marche.
PRÉTÉRIT.
sâr il a marché.
sârat elle a marché.
sert tu as marché. masc.
serti tu as marché. fém.
serto j’ai marché.
sârω ils ont marché.
sertω vous avez marché.
sernâ nous avons marché.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïasîr il marche ou marchera.
t’asîr elle marche.
t’asir tu marches. masc.
t’asiri tu marches. fém.
â’sîr je marche.
ïasîrω ils marchent.
t’asîrω vous marchez.
n’asîr nous marchons.
IMPÉRATIF.
ser marche, masc. sîri marche, fém.
sîrω marchez, masc. sern marchez, fém.
PARTICIPE.
sâïr marchant. sâïràt marchante.
sâïrωn marchans. sâïrât marchantes.
SUBSTANTIF.

el sîr (ou) sîrâ’n la marche.

PASSIF.
PRÉTÉRIT.
ïsîr il a été marché.
sirat elle a été marchée.
sert tu as été marché.
serti tu as été marchée.
serto j’ai été marché.
sîrω ils ont été marchés.
sertω vous avez été marchés.
sernâ nous avons été marchés.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïosâr il est ou sera marché.
t’osar elle est ou sera marchée.
t’osara tu es ou seras marché.
t’osâri tu es ou seras marchée.
o’sâr je suis ou serai marché.
ïosârω ils sont marchés.
t’osârω vous êtes marchés.
nosâr nous sommes marchés.
IMPÉRATIF.
l’îosâr etc. qu’il marche.
PARTICIPE.
m’âsωr marché, etc.

Verbes en ω et en ï, à la troisième radicale.

PREMIER EXEMPLE.
γa il a attaqué.
ïaγzω il attaque.
PRÉTÉRIT.
γa il a attaqué.
γazât elle a attaqué.
γazῶt tu as attaqué. masc.
γazῶti tu as attaqué. fém.
γazῶto j’ai attaqué.
γa ils ont attaqué.
γazῶtω vous avez attaqué.
γazωnâ nous avons attaqué.
PRÉSENT ET FUTUR.
îaγzω il attaque ou attaquera.
t’aγzω elle attaque.
t’aγzω tu attaques. masc.
t’aγzi tu attaques. fém.
a’γzω j’attaque.
ïaγzωn ils attaquent.
t’aγzωn vous attaquez.
n’aγzω nous attaquons.

On voit dans cet exemple que les deux avant-dernières personnes ïaγzωn et taγzωn, prennent l’n final grammatical afin de se bien distinguer de leur singulier.

IMPÉRATIF.
oγzo attaque. masc. oγzi fém.
oγzω attaquez. oγzωn fém.
PARTICIPE.
γâzen attaquant. γâzàt attaquante.
γâzωn attaquans. γâzât attaquantes.
SUBSTANTIF.

el γazω l’attaque.

PASSIF.
PRÉTÉRIT.
γozi il a été attaqué.
γoziat elle a été attaquée.
γozît tu as été attaqué, etc.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïoγzä il est ou sera attaqué.
t’oγzä elle est ou sera attaquée.
t’oγzä tu es ou seras attaqué.
t’oγzi tu es ou seras attaquée.
oγzä je suis ou serai attaqué, etc.
IMPÉRATIF.
l’ïoγzä qu’il soit attaqué, etc.
PARTICIPE.
maγzω attaqué. maγzωàt attaquée.
maγzωωn attaqués. maγzωât attaquées.
Les dérivés sont: γazzä, ïoγazzi.
γâzä, ïoγazi, etc.

C’est-à-dire tous ä au prétérit, et ï au présent.

SECOND EXEMPLE.
ra il a jeté. ïarmi il jette.
PRÉTÉRIT.
ra il a jeté, ramat elle a jeté.
ramait tu as jeté. masc.
ramaiti tu as jeté. fém.
ramaito j’ai jeté.
ramaω ils ont jeté.
ramaitω vous avez jeté.
ramainâ nous avons jeté.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïarmi il jette.
t’armi elle jette, tu jettes.
a’rmî je jette.
îarmω ils jettent.
t’armω vous jetez.
n’armi nous jetons.
IMPÉRATIF.
ermi jette. commun. ermω jetez.
PARTICIPE.
râmen jetant, râmîàt jetante.
râmωn jetans, râmîât jetantes.
SUBSTANTIF.

el raou ramîâ’n le jet.

PASSIF.
PRÉTÉRIT.
ro il a été jeté.
romiat elle a été jetée.
romît tu as été jeté et j’ai été jeté.
romîti tu as été jetée. fém.
romω, romîtω, etc.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïormä il est jeté.
t’ormä elle est jetée et tu es jeté.
t’ormî tu es jetée. fém.
ormä je suis jeté.
ïormω, t’ormω, etc.
PARTICIPE.
m’armi jeté. m’armîàt jetée.
m’armiωn jetés. m’aarmîât jetées.

Tous les dérivés font le prétérit en ä et le présent en ï.

rammä, ïorammi
ertamä, ïartami, etc.

CHAPITRE VIII.


Verbes Imparfaits et doublement Irréguliers.

Les verbes imparfaits sont ceux qui n’ont que deux lettres radicales, et qui de ces deux lettres en ont une voyelle.

EXEMPLE.
đjâ il est venu. âab il est retourné.

Lorsque la première radicale est voyelle, comme dans âab, le verbe suit les règles d’âkal il a mangé, ou de qâl il a dit.

EXEMPLE.
PRÉTÉRIT. PRÉSENT ET FUTUR. IMPÉRATIF.
âab. ïaωb. ob.
il est retourné. il retourne. retourne.
PARTICIPE. SUBSTANTIF.
âïb. âωbâ’n.
retournant. retour.

Si c’est la seconde radicale qui est voyelle, le verbe suit les règles tantôt de qâl, tantôt de sâl, c’est-à-dire qu’il tourne en ω ou en ï.

EXEMPLE.
PRÉTÉRIT. PRÉSENT ET FUTUR. IMPÉRATIF.
đjâ. ïađji. đji.
il est venu. il vient. viens.
PARTICIPE. SUBSTANTIF.  
đjâï. đjîàt et m’ađjîa’n.  
venant. venue.  
 
sâ. ïasω. sω.
il a affligé.[136] il afflige. afflige.
 
sâï. sω’ân.  
affligeant. affliction.  

[136] Ou fait du mal, de la peine, car sω est proprement la peine d’esprit.

Les verbes doublement irréguliers sont ceux qui, ayant trois lettres radicales, ont deux de ces lettres voyelles.

EXEMPLE.
âtâ il est arrivé. nâä il s’est retiré.

Ces verbes suivent les règles, tantôt de sâl, tantôt de ramä.

EXEMPLE.
PRÉTÉRIT. PRÉSENT ET FUTUR. IMPÉRATIF.
âtä. ïâtï. eït ou teh.
il est arrivé. il arrive. arrive.
PARTICIPE. SUBSTANTIF.  
âten. etîa’n.  
arrivant. arrivée.  
 
näâ. ïanâï. enâ.
il s’est retiré. il se retire. retire-toi.
 
nâ’en. nâa’n.  
se retirant. retraite.  

Le verbe râä il a vu, a dans ses conjugaisons quelques particularités qui méritent d’être observées à cause de son fréquent usage.

PRÉTÉRIT.
räâ il a vu.
raïat elle a vu.
rait tu as vu. masc.
raiti tu as vu. fém.
rait j’ai vu.
râω ils ont vu.
raîtω vous avez vu.
raîna nous avons vu.
PRÉSENT ET FUTUR.
ïa elle voit ou verra, etc.
t’a elle voit et tu vois. masc.
t’ari tu vois fém.
a’rä je vois.
ïa ils voyent.
t’a vous voyez.
n’a nous voyons.
IMPÉRATIF.
ra, ou reh, ou rai   vois.
ou erä, ou eri
PARTICIPE.
râïen voyant. räïàt voyante.
SUBSTANTIF.

râïa’n et maraïàt l’action de voir.

Au reste, ces verbes irréguliers formant des exceptions peu nombreuses, c’est toujours au dictionnaire qu’il appartient de les indiquer, ainsi que les diverses formes de conjugaisons qui sont en usage.

Je vais terminer ces notions élémentaires par quelques proverbes arabes, qui achèveront de donner idée de ma méthode de transposition, et par quelques observations sur la manière de tracer à la main les lettres nouvelles que je propose d’adopter pour correspondre aux prononciations arabes dont nous manquons.


PROVERBES
ARABES.

PROVERBES ARABES.

Modèle d’Écriture arabe transposée et lue selon l’Arabe littéral.


Note de transcription.

La disposition de cette section a été modifiée pour faciliter la lecture. Au lieu de lui faire face, la transcription et la traduction suivent ici le texte en arabe.

1 al (ou) el ảâlemo b’ârđi, m’ilâdihi, ka al ȥahabi fi mảdenihi.

Le savant est dans sa patrie, comme l’or dans sa mine.

2 man kâna al ȶamỏ l’ho m’arkabâ’n, kâna al faqro l’ho ʆâħebâ’n.

Qui monte sur le char de la fortune (de la cupidité) aura pour compagnon la misère.

3 man katama serraho, balaγa morâdaho.

Qui cache son secret, atteint son désir.

4 kolla ma taγroso fi al faddâni, ïanfảoka; taγros abn adama, ïaqlảoka.

Plante un arbre il te nourrira; plante un homme il te déplantera.

5 hefʓoka la serrika aωđjabo bihi, men hefʓ γairika l’ho.

La garde de ton secret par toi est bien plus sûre que par un autre.

6 man naqala elai-ka, faqad naqala an-ka.

Qui t’apporte t’emportera (t’a de ce moment même emporté.)

7 al ảâlemo ảrafa al đjâhela, l’annaho kâna đjâhelân: ωa al đjâhelo la ïảrêfo al ảâlema l’annaho la-kâna ảâlemân.

Le savant connaît l’ignorant, parce qu’il le fut; mais l’ignorant ne connaît point le savant, parce qu’il ne l’a pas été.

8 al đjâhelo ảdωon l’nafsihi; fa kaifa ïakωno ʆadîqan l’γairhi.

(Si) l’ignorant est l’ennemi de lui-même, comment sera-t-il l’ami d’autrui?

9 man mârasa al omωra, rakeba al bohωra.

Se mêler des affaires, c’est s’embarquer sur la mer.

Nota. Nous allons lire les suivans à la manière vulgaire, sans finales grammaticales.

10 ȶωl el tađjâreb, ziâdàt fi el ảql.

Longue expérience, étendue de sagesse.

11 man ïođjarreb, ïazed ĕlmân: man ïωmen ïazed γalaȶân.

Celui qui expérimente, augmente ses lumières; celui qui croit, accroît ses erreurs.

12 oȶlob el đjâr qabl el dâr: ωa rafîq qabl el ȶariq.

Informe-toi du voisin avant de prendre maison, et du compagnon avant de faire route.

13 aħsen en aradt an ioħsan elaik.

Fais du bien, si tu veux qu’on t’en fasse.

14 ảdω ảâqel aχair men ʆadîq đjâhel.

Ennemi sage vaut mieux qu’ami sot.

15 el kaff ản el ῳahωât γenän.

La tempérance des désirs est richesse.

16 lesân aχras aχair men lesân nâȶeq fi el keȥb.

Langue de muet est meilleure que langue de menteur.

17aχʆ bela adab kađjasad bela rωħ.

Personnage sans éducation, corps sans ame.

18 el đjâhel ïarđă ản nafs-eli.

L’ignorant se plaît (tout seul).

19 el qonωỏ men el qalil, γenän.

Contentement de peu est richesse.

20 esmả f’âảlam; ωa askωt, f’aslam.

Écouter, c’est apprendre; se taire, c’est se conserver.

21 el nâs aθnatân; bâleγ la ïoktafi, ωa ȶâleb la ïađjed.

Les hommes se partagent en deux classes: l’avide qui ne se rassasie pas, et le quêteur qui ne trouve pas.

22 el ʆabr meftâħ el faraħ: ωa el ảđjalat meftâħ el nadâmàt.

La patience est la clef de la joie, et la précipitation celle du repentir.

23 lais l’molωk âχ; ωa la l’ħasωd râħàt; ωa la l’kaȥωb morωàt.

Point d’amis pour les rois; point de repos pour les envieux; point d’estime pour les menteurs.

24 el mỏtadel b’γair ȥanb, iωđjeb el ȥanb ảlä nafs-ho.

Celui qui s’excuse sans être en faute, s’en acquiert une.

25 afham el nâs, man ïanʓor el ảωâqeb.

Le plus savant est celui qui voit la fin de chaque chose.

26 talâtat la ïỏrafωn ella fi talâtàt maωâdĕ; el ῳađjâả ella ĕnd el ħarb; el ħakim ella ĕnd el γađab: el ʆadîq ella ĕnd el ħâđjat elai-h.

Trois choses ne se connaissent qu’en trois occasions: le courage à la guerre, la sagesse au moment de la colère, l’amitié dans l’adversité.

27 eȥa takallamt kelmat, malakat-ka. (en littéral) malakat-ka ωa eȥa lam tatkallam b’ha, malakt-ha.

Le mot qui t’échappe est ton maître; celui que tu retiens est ton esclave.

28 aʆảb âlä, el ensân mảrefàt nafs ho.

Le plus pénible à l’homme, c’est de se connaître.

29 el ῳỏωb ảlä din molωk-hom.

La religion du prince fait celle du peuple.

30 ħobb el donia ωa el mâl, râs koll raȥîlàt.

Amour du monde et des richesses, principe de toute bassesse.

31 χair el monâdamàt, qellàt el χelâf.

Le meilleur du repentir est l’exiguïté de la faute.

32 b’settàt χeʆâl ïỏraf el aħmaq; b’el γađab men γair ῳai; ωa el kalâm fi γair nàfe; ωa el teqàt fi koll aħad; ωa badl ho b’γair sabab el badl; ωa sωâl-ho ản mâ la ïỏni-h; ωa b’an’ho la ïamîz sadîq-ho men ảdω-ho.

Le sot se reconnaît à six attributs: il se fâche sans motif; il parle sans utilité; il se fie sans connaître; il change sans raison; il interroge sur ce qui lui est étranger; et il ne sait pas distinguer son ami de son ennemi.

33 ïahlak el nâs fi ħâlatain; fođωl el mâl, ωa fođωl el kalâm.

Deux choses perdent les hommes: abondance de richesses et abondance de paroles.

34 el ωarả, đjađjaràton; aʆl-ha el qanâảt, ωa tamaràt-ha el râhàt.

La tempérance est un arbre qui a pour racine le contentement de peu, et pour fruit le calme et la paix.

35 ketràt el qorb elä el nâs, tađjleb el sω.

Trop fréquenter le monde amène repentir (mot à mot malheur).

36 zor γennân, t’azed ħobbân.

Visite rare accroît l’amitié (mot à mot visite rarement; tu accroîtras l’amitié).

37 solȶân bela ảdle, ka nahr bela mâ.

Prince sans justice, fleuve sans eau.

38 ảâlem bela ảmal, ka saħâb bela maȶar.

Savant sans œuvres, nuage sans pluie.

39 γani bela saχâωàt, ka ῳađjar bela tamaràt.

Riche sans bienfaits, arbre sans fruit.

40 faqir bela ʆabr, ka qandîl bela zait.

Pauvre sans patience, lampe sans huile.

41abâb bela tῶbàt, ka bait bela saqf.

Jeune homme sans repentirs, maison sans toit.

42 amrât bela ħaïâ, kaȶảâm bela meleħ.

Femme sans pudeur, mets sans saveur (mot à mot sans sel).

43 ïῶm ωâħed l’el ảâlem, aχair men ħaat l’el đjâhel.

Une seule journée d’un sage vaut mieux que toute la vie d’un sot.