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L'ami

Chapter 128: UNE CHOSE EST NÉCESSAIRE
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About This Book

Recueil de méditations et de causeries spirituelles où l'auteur met en scène une présence fraternelle qui console, guide et éclaire face à la douleur et aux épreuves. À travers préfaces, réflexions et dialogues intérieurs, l'ouvrage propose des conseils pratiques et des pensées morales sur la souffrance, la foi, la solidarité et la recherche du sens, alternant exhortation, confidences et observations sur la vie quotidienne. Destiné aux lecteurs en quête de réconfort moral, il insiste sur la valeur de la communion des peines, la simplicité d'une foi vécue et l'importance de l'entraide pour traverser les crises personnelles.

UNE CHOSE EST NÉCESSAIRE

L’Ami. — Mais, en tout cela, il n’y a d’essentiel que la vie et la puissance. Les mots pour en parler, les formules pour enfermer ces expériences, sont riches et variées. Leur office est de traduire, faiblement et de loin, l’intraduisible, d’exprimer, en bégayant, l’ineffable. Leur attitude vraie est l’entière humilité, je dirais presque l’effacement. Elles ne sont jamais plus efficaces que lorsqu’elles demeurent à tout moment prêtes à se retirer devant la grandeur de ce qu’elles essaient de faire pressentir.

Si la parole, la doctrine, la croyance se substituent à la foi vivante, elles sont usurpatrices.

Regardez vivre et enseigner le Christ. Jamais il n’a endoctriné personne : il embrasait les cœurs par son contact. Son Évangile n’est pas un corps de doctrines qu’il impose et dont il confie la garde à des scribes jaloux d’exactitude littérale. C’est une force de tendresse, de lumière, de courage, de joie, de paix. C’est de la vie infinie et divine, palpitant dans la poitrine d’un homme, vibrant dans sa voix, brillant dans son regard. L’âme, déconcertée par les étrangetés et les contradictions du monde, se sent envahie comme par un souffle de la patrie. Les yeux s’ouvrent, le cœur se dilate, l’espérance renaît. Les vieilles souillures et les vieilles méchancetés cèdent sous cette influence, comme la glace fond au rayon de juin. L’auditeur même d’un seul jour, sentant passer dans l’air une vertu libératrice, se dit : « Dieu a visité son peuple. Ceux qui étaient assis dans l’ombre de la mort ont vu une grande lumière. »