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L'ami

Chapter 41: ET JÉSUS REGARDA PIERRE
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About This Book

Recueil de méditations et de causeries spirituelles où l'auteur met en scène une présence fraternelle qui console, guide et éclaire face à la douleur et aux épreuves. À travers préfaces, réflexions et dialogues intérieurs, l'ouvrage propose des conseils pratiques et des pensées morales sur la souffrance, la foi, la solidarité et la recherche du sens, alternant exhortation, confidences et observations sur la vie quotidienne. Destiné aux lecteurs en quête de réconfort moral, il insiste sur la valeur de la communion des peines, la simplicité d'une foi vécue et l'importance de l'entraide pour traverser les crises personnelles.

ET JÉSUS REGARDA PIERRE

Ce regard ! chargé d’ombre, au spectacle des douleurs, des souillures, des méchancetés, de tous les fardeaux que porte la pauvre humanité, de tous les liens écrasants ou honteux qu’elle traîne ! Nos âmes enténébrées lui apparaissaient comme les grands yeux vides et creux de l’aveugle, ces pauvres cavernes pleines d’une obscurité morne, semblant porter le deuil du jour perdu. Et les disciples, par moments, y voyaient se dessiner quelque mystérieux Calvaire devant lequel leurs cœurs s’emplissaient d’épouvante !

Mais il était aussi, ce regard, comme un jour ouvert sur le monde supérieur dont le souvenir l’imprégnait. Il rayonnait de la certitude paisible que procure au cœur la présence divine. Et son calme disait : « Soyez tranquilles, j’ai vaincu le monde ! »

Transparences du royaume de Justice, clartés d’aube éclairant un avenir transformé, paix, tendresse, pitié, pardon, dans ce regard vivait tout cela… Aucun chant inspiré, aucun verbe enflammé des prophètes, aucune forme de beauté créée par les arts pour représenter la splendeur de l’invisible, n’a jamais apporté aux hommes la clarté qui était dans ce regard. Nous vivons de sa lumière. Et lorsque en nous son éclat faiblit, l’ombre grandit, la joie disparaît, les crépuscules effrayants envahissent nos sentiers, et le froid de la mort nous enveloppe, de l’autre mort, de celle qui ne connaît pas d’espérance.

Que ce regard te trouve, qui que tu sois ; tombé, te relève ; blessé, te guérisse ; égaré, te ramène ! Sens-le fixé sur toi, lorsque le tien se fermera ! Et mourir sera, pour toi, t’endormir sous le regard de Celui qui a dit : « Je suis la résurrection et la vie. »