Recueil de brefs portraits animaliers pour jeunes lecteurs, chaque notice présente un animal — tigre, girafe, singe, ours, chien, serpent, éléphant, etc. — en mêlant remarques sur l’apparence et le comportement, informations sur le milieu et l’alimentation, et touches humoristiques ou personifiées. Les descriptions alternent observations factuelles et anecdotes accessibles, visant à éveiller la curiosité tout en restant ludiques. La série de fiches, conçue pour être accompagnée d’illustrations, privilégie un ton simple et imagé, facilitant la lecture et l’identification des espèces par un public enfantin.
The Project Gutenberg eBook of L'Arche de Noé
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Title: L'Arche de Noé
Author: André Hellé
Release date: July 3, 2021 [eBook #65751]
Most recently updated: October 18, 2024
Language: French
Credits: Laurent Vogel, Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK L'ARCHE DE NOÉ ***
Rayé de jaune et de noir, portant de longues moustaches,
que personne n’ose tirer, le Tigre, dont l’aspect est celui
d’un gros chat, est le plus
féroce de tous les animaux.
Il vit principalement
dans le sud de l’Asie, dans
les Indes anglaises et en
Indo-Chine, où sa cruauté
le rend redoutable.
Lorsque arrive le soir,
le Tigre quitte son repaire et va chercher sa proie. Tapi
dans les hautes herbes, au bord de l’étang, il bondit sur
le buffle qui vient boire et le dévore. Les Indigènes
l’appellent le "mangeur d’hommes".
Les Rajahs de l’Inde chassent
le Tigre à dos d’éléphant;
la chasse au Tigre est un
sport dangereux, aussi n’est-il
pas un voyageur revenant
de ces lointains pays qui ne
se vante d’en avoir tué au
moins un.
Le Tigre cesse d’être
redoutable lorsqu’il sert de
descente de lit; jamais, pourtant, il n’ouvre une gueule plus
menaçante; c’est peut-être qu’alors il bâille d’ennui.
LA GIRAFE
La Girafe est le plus grand
de tous les animaux: c’est une
bête douce et inoffensive.
La Girafe vit dans les plaines
de l’Afrique et se nourrit des
feuilles des grands arbres; car
elle broute difficilement l’herbe
des prairies.
On se demande même si la
nature a fait vivre les Girafes
dans la région des palmiers; ou si elle a fait pousser les
palmiers dans le pays des Girafes?
Au-dessus de ses longues jambes, de son corps efflanqué,
de son cou qui n’en finit plus, la Girafe porte une petite tête
aux yeux inquiets. Peut-être a-t-elle le vertige?
Elle a aussi deux cornes peu dangereuses avec lesquelles
elle ne pourrait faire de mal à personne: aussi se sauve-t-elle
bien vite à l’approche du moindre danger.
Et pas un chasseur n’oserait raconter
qu’il a pris une Girafe à la course.
LE SINGE
Dans les forêts équatoriales, les Singes s’ébattent gaiement.
Ils vivent dans les arbres et s’agitent perpétuellement. Ils
caquettent, ils piaillent, poussent des cris aigus. Ils animent
de leur gymnastique la forêt toute entière, courant sur les
branches pour se poursuivre, s’y accrochant de leurs pieds ou
de leurs mains, s’y balançant au bout de leur queue; ou
bien ils grimpent à une liane pour aller cueillir un fruit
qu’ils mangent après l’avoir épluché avec de petites mines
dégoûtées.
Les Singes ont des aspects divers; certains ont la tête
tatouée de bleu et de rouge; les uns ont des poils ras; les
autres sont recouverts d’épaisses fourrures.
Ce sont les animaux qui ressemblent le plus à l’homme
dont ils imitent les gestes dans la perfection.
Leur agilité et leur adresse les mettent à l’abri des attaques
des carnassiers. Un bond, une pirouette: le clown de la forêt
est bien loin de ses ennemis.
Et il leur fait alors une grimace.
L’OURS
L’Ours est un gros animal à l’allure lourde et bonasse à
laquelle il ne faut pas trop se fier. Il vit dans tous les pays
du globe, excepté en Afrique.
L’Ours est vêtu d’une épaisse fourrure brune, fauve ou
blanche: les Ours blancs habitent les régions glacées du
Pôle.
Malgré son aspect maladroit, l’Ours est d’une agilité
remarquable; il est intelligent, rusé et prudent.
Il est recherché à cause de sa fourrure, mais sa chasse
est difficile: l’Ours s’avance sur le chasseur, le prend à
bras-le-corps et l’étouffe en le serrant contre lui.
Pourtant les tout petits aiment bien Martin parce qu’il
grimpe à l’arbre pour les amuser.
LE DINDON
Le Seigneur Dindon se promène dans la basse-cour. Il
enfle orgueilleusement son jabot noir et secoue d’un air glorieux
sa crête rouge. Tout à coup, il s’arrête, il tend le cou, fait
entendre un gloussement ridicule. Puis il repart superbement.
Aussitôt le soleil couché, il se
perche sur un arbre et s’endort,
semblable à un gros ballon noir
accroché dans les branches.
Pourquoi le Dindon est-il si
fier?
Est-ce parce que, jadis, au temps des
contes de fées, les fils de rois épousaient
souvent des gardeuses de Dindons?
Ou bien est-ce parce qu’il doit devenir plus tard un
excellent rôti que nous serons joyeux de voir apparaître sur
nos tables?
LE MARABOUT
Le Marabout est un oiseau de la famille des cigognes
qui vit en Afrique et dans le sud de
l’Asie.
Il a quatre cheveux sur la tête et
un énorme bec pointu; ses grandes
ailes descendent de chaque côté de son
corps et le font ressembler à un vieux
monsieur en habit râpé.
Perché sur ses longues pattes, au
bord des étangs, la tête dans les
épaules, il guette les poissons qui
passent.
Son attitude renfrognée, son air
triste et résigné lui ont fait donner
le surnom de "philosophe".
Mais que sa philosophie doit être
amère!!!
Autour de lui, les oiseaux volent;
d’autres animaux marchent, courent
ou se battent; lui seul reste éternellement
immobile en attendant le
soir.
La nuit venue, le Marabout
ferme l’œil et s’endort: il
se réveille le
lendemain et
ouvre l’œil.
. . . . . . . . . . . . . . . . .
La vie reprend son cours.
LE CHIEN
maître lorsqu’il s’en est éloigné. Ses aboiements
joyeux accueillent ce dernier lorsqu’il
rentre au logis; mais ses aboiements furieux
écartent l’intrus qui cherche à pénétrer dans la maison.
Le Chien du Mont Saint-Bernard recueille
les voyageurs égarés dans la montagne; le
Basset, tout en longueur, est un excellent chien
de chasse; le Bouledogue, en dépit de sa
tête hargneuse, est souvent un animal très doux; le Caniche,
avec son air de faux lion, est le pitre des
chiens; le Lévrier peut attraper les lièvres à
la course.
Autrefois, le Chien du régiment défilait
dans les revues et s’en allait à la guerre: il gardait le camp
et n’était jamais puni de salle de police: aujourd’hui, le
Chien policier poursuit les malfaiteurs, leur plante ses crocs
dans les jambes et les maintient jusqu’à l’arrivée des agents
ou des gendarmes dont il est le courageux auxiliaire.
LE SERPENT
Le Serpent est un reptile qui vit dans les pays
chauds et tempérés. Dans nos régions, les tas
de fagots et les trous des
vieux murs lui servent de
maisons d’hiver. Les terrains
sablonneux et les frais
gazons du bord de l’eau
sont ses maisons d’été.
La plupart des Serpents possèdent des dents
à venin qui les rendent très dangereux. Ils rampent
sur le sol et grimpent dans les arbres. Les grands
Serpents arrivent à avaler de très gros animaux
après les avoir broyés en s’enroulant autour
d’eux.
Il y a des Serpents de toutes les tailles et de toutes les
couleurs.
Les écailles qui les recouvrent
forment des dessins variés. Celui-ci
a l’air de porter des lunettes;
celui-là tinte comme une sonnette;
mais il ne serait pas prudent
de l’employer à cet usage.
L’ÉLÉPHANT
L’Éléphant est le plus gros de tous les animaux. Il possède,
en guise de nez, une trompe, qui lui sert aussi de main, et
il est armé de deux défenses d’ivoire
placées de chaque côté de
sa bouche.
Il y a des Éléphants
en Afrique
et en Asie: à l’état
sauvage, ils vivent
en troupeaux, mangeant des herbes, se baignant souvent
et se douchant à l’aide de leur trompe.
Les Éléphants domestiques portent
des fardeaux, de l’artillerie et traînent
des chariots. Ils se dressent facilement,
grâce à leur intelligence et
à leur docilité.
L’Éléphant est souvent l’animal
préféré des petits enfants, et c’est
dans ses défenses qu’on taille le hochet qui est
leur premier jouet.
LA TORTUE
La Tortue appartient à la famille des reptiles. On fait
avec sa chair d’excellent bouillon; sa carapace produit
l’écaille.
La lenteur de sa marche est proverbiale: mais la Tortue,
cheminant avec patience, arrive souvent la première au but.
Lorsqu’un danger la menace,
la Tortue disparaît sous sa carapace:
elle ne craint rien tant que d’être
retournée sur le dos.
Elle se nourrit d’herbes et d’insectes.
Il y a des Tortues très petites et
il y en a de très grosses: les unes
vivent sur terre et les autres dans
l’eau.
Comme l’Escargot, la Tortue
porte sa maison sur son dos et s’en
va devant elle, le nez à sa fenêtre.
Mais alors que la maison de
l’Escargot n’est qu’une humble
demeure de village, la maison de
certaines Tortues représente quelque
palais à quarante étages des villes
d’Amérique. Ne leur demandez
pourtant pas de vous y loger: les
Tortues ne prennent pas de locataires.
LE PORC-ÉPIC
Le Porc-épic est un animal d’assez forte taille dont le
corps porte de longs piquants acérés qui peuvent se coucher
ou se redresser à volonté.
Jadis, dans les réunions d’animaux, le Porc-épic se faisait
remarquer par sa joyeuse humeur: il était le boute-en-train
de ces petites fêtes; galamment, il priait la Lionne de s’asseoir
sur son dos; ou bien il proposait ironiquement au
Singe de lui faire la courte échelle; puis il offrait à la
Grenouille de faire avec lui une partie de saute-mouton.
Mais le Porc-épic est devenu triste: ses affaires, qui allaient
bien du temps qu’il vendait aux écoliers ses piquants pour
en faire des manches de porte-plume, périclitent depuis
qu’on n’écrit plus guère qu’avec des machines.
Aussi pense-t-il bientôt demander au Créateur de remplacer
ses piquants inutilisables par des touches de machine à écrire.
LE CHAMEAU
Avec ses deux bosses et son nez
busqué, le Chameau pourrait être
appelé le Polichinelle des bêtes.
Mais alors que Polichinelle a
toutes sortes de vilains défauts, le
Chameau n’a, au contraire, que des
qualités.
Sa sobriété, sa force et son
endurance le font regarder par
les Arabes comme un cadeau
du ciel.
Les Chameaux s’en vont
en caravane: leurs grandes
silhouettes, chargées de ballots,
se découpent sur le ciel bleu,
la caravane s’enfonce dans le
désert: elle disparaît à l’horizon.
Après de longues journées
de route à travers les sables ardents, elle arrivera enfin
au caravansérail où les Chameaux pourront boire, manger
et se reposer.
L’AUTRUCHE
L’Autruche est le plus
grand des oiseaux.
Mais c’est un oiseau qui
court et qui ne vole pas.
Ses ailes, de petite envergure,
peuvent tout au plus
lui servir à se maintenir en
équilibre lorsque son allure
atteint quelque vitesse.
Les Autruches vivent par
bandes dans les pays du
sud de l’Afrique: elles sont
recherchées par les chasseurs
qui font le commerce de leurs
plumes.
Deux longues pattes portent
son corps empanaché,
tandis qu’une petite tête
chauve aux yeux clignotants
termine son long cou.
L’Autruche n’est pas brave: lorsqu’elle craint un danger,
elle croit se dissimuler en cachant sa tête dans le sable.
Ou bien elle se sauve à toutes jambes et arrive ainsi à
dépasser la vitesse d’un cheval au galop.
Les œufs d’Autruche, qui sont très gros, sont aussi très
estimés; c’est probablement pour ces raisons qu’on les imite
en chocolat, surtout au moment de Pâques.
LE LION
Le Lion est le plus puissant des carnassiers:
sa tête énorme est couverte d’une
épaisse crinière mal peignée
qui retombe sur ses épaules.
Son regard est imposant et
son rugissement effroyable
fait trembler ceux qui l’entendent.
Le Lion est appelé le roi des animaux.
Habituellement, lorsqu’un souverain parcourt ses États, la
population entière accourt sur son passage. Au contraire,
lorsque le Lion se promène dans son royaume, tous ses sujets
les animaux se sauvent bien vite, de peur d’être
dévorés.
L’homme en fait généralement autant et n’ose braver le
Lion que lorsque de solides barreaux de fer le séparent de lui.
LA VACHE
La Vache est, avec la poule, un des animaux les plus
connus des petits enfants qui se nourrissent des œufs de
l’une et boivent le lait de l’autre.
Les Vaches ont la tête surmontée de deux grandes
cornes dont elles se servent rarement. Elles broutent avec
placidité l’herbe des pâturages, ouvrant deux
grands yeux qui semblent ne rien voir et
meuglant de temps en temps pour appeler leurs
Veaux. Ou bien elles se
laissent traire docilement
leur lait dont on fera aussi du beurre
et du fromage.
Un beau jour, les Vaches partent en
chemin de fer pour la ville voisine: leur
viande est vendue à la boucherie, leur cuir
sert à faire des souliers et leurs cornes se
transforment en manches de couteaux, peignes et autres
objets.
LE PERROQUET
Les Perroquets sont
les plus drôles des
oiseaux: ils sont vêtus
de couleurs riches,
éclatantes et variées,
dont l’ensemble forme
un amusant bariolage.
S’aidant du bec et
des pattes, ils grimpent
dans les arbres, passent
d’une branche à l’autre,
jacassant, pérorant, se
querellant, troublant
d’un caquetage assourdissant
le calme de la
grande forêt tropicale.
Les Perroquets peuvent
apprendre à parler,
mais Jacquot ne comprend
pas ce qu’il dit:
aussi nous paraît-il le plus heureux des oiseaux:
il a toujours bien déjeuné; il a toujours du bon tabac.
Parfois, pourtant, le pauvre Jacquot est bien triste.
Il est jaloux du phonographe qui, mieux encore qu’un
Perroquet, peut raconter sans arrêt de longues histoires et
nasiller d’interminables chansons.
LE LAPIN
Il y a les Lapins sauvages et les Lapins domestiques.
Les Lapins domestiques, appelés aussi Lapins de choux,
vivent le plus souvent dans d’inconfortables et étroites
cages grillagées, passant leur temps à grignoter des feuilles
de choux, des carottes et des herbes diverses.
Les Lapins sauvages ou Lapins de garenne restent tout
le jour dans leurs terriers et s’en vont, la nuit venue, dans
les champs voisins pour y manger les jeunes récoltes.
Ils broutent aussi des plantes odoriférantes: ils sautent,
courent, font de joyeuses cabrioles, prenant soin d’éviter le
collet du braconnier ou les crocs du chien maraudeur.
Mais lorsque arrive la saison de la chasse, les Lapins ont
fini de rire et de gambader: des hommes armés envahissent
les bois et massacrent les pauvres bêtes, qui s’en vont dans
une casserole achever en civet leur courte existence.
Les Lapins doivent rêver d’un monde idéal dans lequel,
chasseurs à leur tour, ils tueraient à coups de fusil les
hommes pour les cuire ensuite et les assaisonner en
marinade ou en gibelotte.
LA GRENOUILLE
La Grenouille vit dans tous les pays du globe. Elle
passe la mauvaise saison au fond de la vase ou derrière
des pierres. Elle revient au printemps coasser dans les
mares et dans les étangs.
Accroupie sur une feuille de nénuphar ou cachée dans
les roseaux, la Grenouille guette les insectes dont elle se
nourrit. Elle a l’air d’un monsieur très gras qui aurait un
gilet blanc sur son ventre débordant et d’énormes besicles
sur ses gros yeux ronds. Mais qu’un pas se fasse entendre;
l’eau clapote brusquement: la Grenouille a disparu.
La Grenouille avance en bondissant sur ses pattes de
derrière qui se détendent comme des ressorts. Ces mêmes
pattes, cuites de diverses manières, sont un mets délicat
très recherché des amateurs. Mise dans un bocal, la Grenouille
est aussi utilisée comme baromètre.
Pour pêcher la Grenouille, on lui jette un morceau de
chiffon rouge dans lequel elle mord voracement; mais,
par contre, au jeu de tonneau, elle n’ouvre jamais une
bouche assez grande pour attraper les palets qui lui sont
jetés: c’est une maladroite.
L’OISEAU DES ÎLES
Les premiers navigateurs
rapportèrent à bord de leurs
caravelles de petits oiseaux aux
couleurs étincelantes qu’ils
avaient capturés en Afrique, en
Amérique ou en Océanie. Mais
comme, en ce temps-là, ces pays
n’avaient pas encore de nom, on
disait que ces marins revenaient des
îles. Et ces mots évoquaient quelque
pays lointain, mystérieux, plein d’ombre
et de soleil, où vivaient des hommes
étranges et des animaux fantastiques.
Les Oiseaux des îles
habitent dans les pays
chauds, au milieu des
fleurs éclatantes dont ils ont les vives couleurs.
Ils sont habillés de
rubis et de topaze, de
saphir et d’émeraude, et
portent de longues queues et de
superbes aigrettes.
Pauvres petits Oiseaux des îles!!! C’est
pour leur malheur qu’ils sont si jolis: car de
belles dames les attendent pour en orner leurs
chapeaux dès que la mode l’exigera.
L’OIE
Une voix avait dit: «Cet enfant est bête comme une
oie.» Aussitôt, de longs cous blancs frémirent, des becs
jaunes s'agitèrent et du troupeau des Oies, qui picoraient
dans la cour de la ferme, s’élevèrent alors de vives protestations.
Les Oies ne sont pas aussi bêtes qu’on le raconte.
Quand elles s’en vont en se dandinant, leur gros ventre
en avant, l’air grave et prétentieux, elles savent bien choisir
les prairies les plus grasses et les jardins les plus ombreux.
Elles savent distinguer les pousses tendres et les raisins
mûrs.
Et puis n’ont-elles pas jadis sauvé le Capitole!
Les Oies sont estimées pour les succulents rôtis et les
délicieux pâtés de foies gras qu’elles nous donnent.
C’est avec leurs plumes qu’on fait les édredons.
Il existe aussi des histoires appelées "Contes de ma
Mère l’Oye". Ces récits naïfs et malicieux charment depuis
deux siècles tous les petits enfants de France.
LE LOUP
Promenons-nous dans les bois,
Pendant qu’le Loup n’y est pas.
Loup y es-tu?
M’entends-tu?
Et les petits enfants se sauvent à toutes jambes. Ne
connaissent-ils pas l’histoire du pauvre Chaperon rouge, la
petite fille qui fut dévorée par un vieux et rusé Loup
déguisé en bonne grand’mère?
Le Loup est de la taille d’un gros chien. Son pelage,
ocré, se rapproche du roux en été et devient blanchâtre en
hiver: il vit dans les forêts, mange le gibier, s’attaque aux
troupeaux et même, quand il est affamé, à l’homme.
Petits enfants, prenez garde au Loup!
Loup y es-tu?
M’entends-tu?
L’ÂNE
L’Âne est un animal patient et laborieux utilisé aux
mêmes usages que le cheval.
Il a une grosse tête qu’ébouriffe
une couronne de poils frisés
et qui est surmontée de deux
grandes oreilles; ses pattes fines
sont terminées par un petit
sabot. Il brait bruyamment pour demander à boire ou à
manger.
L’Âne est l’animal dont
la marche est la plus sûre;
il peut côtoyer les précipices
les plus dangereux sans
risquer de tomber: il est
sobre, robuste et fort, mais
entêté.
L’Âne a néanmoins une détestable
réputation: les petits paresseux, qui ont mal
travaillé, sont coiffés d’un "bonnet d’âne".
Certaines questions, que les ignorants ne savent
résoudre, s’appellent "Pont aux ânes". Il ne faut pas
confondre le "pont aux ânes" avec le pont en dos
d’âne, appelé ainsi à cause de sa construction.
LE CHAT
Si les Chats savaient écrire, ils pourraient, parodiant le
texte de M. de Buffon, s’exprimer ainsi en parlant de l’homme:
«La plus noble conquête que le chat ait jamais pu
faire est celle du citadin, de l’homme des villes qui
garde pour lui seul les fatigues du travail pour réserver
à son maître le chat les douceurs du repos. Le citadin
protège le chat, pourvoit à son logement, à sa nourriture;
docile autant que doux, il abandonne à son tyran les
meilleurs fauteuils, les plus moelleux coussins, les morceaux
les plus succulents; et, non seulement il fléchit sous la
griffe de celui qui le gouverne, mais il semble consulter
ses désirs, et, obéissant aux impressions qu’il en reçoit,
il se précipite, se modère ou s’arrête.»
Car, pour complaire au despote qu’il s’est choisi, l’homme
court, se met à quatre pattes, dévide du fil, joue à cache-cache,
rampe sous les meubles, tient de ridicules discours;
ou bien, assis, immobile, il se tait et évite avec soin de
faire le moindre mouvement qui pourrait troubler le sommeil
du Chat qui dort sur ses genoux.
LE CHEVAL
Bête de somme, bête de trait, bête de selle ou bête de
luxe, le Cheval a la vie la plus dure qui soit: il tire, il
porte, il court, il est entravé, il est battu, ses flancs saignent
sous les coups d’éperon; et puis, un jour, il tombe sur
un champ de bataille ou meurt lamentablement au coin
d’une rue ou au bord d’un fossé.
Dieu des Chevaux, il faut que pour ceux-là il soit un
paradis, un paradis de gazon vert et tendre dans lequel,
loin des mors, des harnais, des fouets et des cravaches,
les Chevaux pourront s’ébattre et se reposer.
Mais les âmes des Chevaux méchants ne connaîtront
jamais le repos ni le calme. Attachées pour l’éternité au
volant d’un moteur, ces âmes damnées, devenues chevaux-vapeur,
tireront des voitures, porteront des fardeaux, parcourront
à toute vitesse les routes de la terre et du ciel
avec les automobilistes et les aviateurs.
Dieu des Chevaux! Votre justice est terrible.
LE MOUTON
Le Mouton est un animal doux et borné. Il est vêtu
d’une épaisse toison de laine. Cette laine
est tondue tous les ans et sert à faire les
vêtements dont nous sommes couverts.
Les Moutons vivent en troupeau; leur maison s’appelle la
bergerie. Comme ils sont incapables de se guider et de se
défendre contre leur ennemi légendaire le Loup, le
troupeau de Moutons, qui s’en va bêlant et broutant sur
les chemins, est conduit par un berger et gardé par des
Chiens.
Les petits Moutons, qui jouent et folâtrent autour de
leurs mères les Brebis, s’appellent des Agneaux.
LA BALEINE
On désigne généralement sous le nom de "Baleines"
tous les genres de Cétacés: Baleinoptères, Rorquals et autres.
Les Cétacés sont des mammifères marins de grande
taille qui vivent dans les mers froides et descendent parfois
vers les côtes des régions tempérées.
Les Baleines ne sont pas des poissons d’appartement,
sinon pour celui de Gargantua, fils géant de Pantagruel. Elles
atteignent de trente à trente-cinq mètres de long et pèsent
jusqu’à cent cinquante mille kilogrammes. Malgré leur large
bouche elles ne peuvent se nourrir que de petits poissons
tellement leur gosier est étroit.
On les chasse au harpon: on les tue, on leur coupe
la tête pour en retirer les fanons, grandes lames cornées
qui garnissent leur bouche; on fait fondre leur corps pour
se procurer leur graisse qui est employée dans l’industrie.
LE ZÈBRE
Le Dieu des animaux créa le Tigre, puis le Zèbre.
Le Tigre était très fier de son pelage rayé.
Lorsqu’il vit le Zèbre qui portait, lui aussi, une robe
rayée, il entra dans une grande rage.
Il se précipita
sur le Zèbre et
le mordit cruellement.
Le pauvre animal
se cabra et
hennit de douleur.
Et le Dieu des
animaux entendit
sa plainte.
Il prit la bête
blessée, la mit de
l’autre côté de la terre et, d’un coup de pouce, creusa
l’océan Indien.
C’est pourquoi, en Afrique, le Zèbre vit en paix loin
de son ennemi le Tigre qui ne peut quitter l’Asie.
L’image du Zèbre orne le plus souvent la dernière
page des alphabets illustrés dans lesquels les petits enfants
apprennent leurs premières lettres.
LE PINGOUIN
Il n’y a pas bien longtemps, des explorateurs partis à
la découverte du Pôle Sud furent pris par les glaces dans
les mers australes.
Le médecin du bord ne manquait pas d’écrire chaque
jours ses tristes impressions.
En voici quelques-unes.
Mardi.
— De la neige, de la glace, des ours blancs,
des phoques.
Vendredi.
— De la glace, des phoques, de la neige, des
ours blancs.
Lundi.
— Des phoques, des ours blancs, de la glace,
de la neige... C’est lamentable...
Mercredi.
— Des ours blancs, de la neige, des phoques,
de la glace... Quelle horreur!!!
Samedi.
— Des Pingouins!!! Quels drôles d’oiseaux...
Jamais je n’ai tant ri... Ce qu’on s’amuse,
au Pôle Sud...