WeRead Powered by ReaderPub
L'Arlésienne cover

L'Arlésienne

Chapter 28: SCÈNE V.
Open in WeRead

About This Book

A three-act stage drama set in a rural community focuses on a young man consumed by an idealized, offstage woman whose absence shapes every conversation and decision. Family and neighbors try to steer his passionate attachment, weighing practical concerns, local gossip, and the presumed character of the absent figure. Jealousy, misunderstandings, and social pressure gradually intensify, and the offstage presence operates as a catalyst for mounting psychological strain and escalating conflict that lead to a calamitous, emotionally devastating conclusion.

TROISIÈME TABLEAU.

LA CUISINE DE CASTELET.

A droite, dans l’encoignure, haute cheminée à grand manteau. — A gauche, longue table et banc de chêne, bahuts, portes intérieures. — C’est le petit jour.


SCÈNE PREMIÈRE.

LE PATRON MARC, L’ÉQUIPAGE.

Le patron Marc, sur une chaise, sue à grosses gouttes pour entrer dans ses grandes bottes de marais. — L’équipage tout harnaché est adossé contre la table et dort debout.

MARC.

Vois-tu, matelot, en Camargue, il n’y a de bon que l’affût du matin. (Tirant sur sa botte.) Hé! allez donc!... Le jour, il faut courir dans la vase, lever les jambes comme un cheval borgne. Pour tuer quoi? pas même une sarcelle... ho! hisse! me voilà botté... A l’aube, au contraire, les oies, les flamants, les charlottines, tout ça vous défile en bataillons sur la tête, on n’a qu’à tirer dans le tas. Pan! pan!... Ça vaut la peine, hein?... Qu’est ce que tu dis? Hé! là-bas. Hé! Est-ce que tu dors, matelot?

L’ÉQUIPAGE, rêvant.

Manqué!...

MARC.

Comment! manqué, mais je n’ai pas tiré. (Le secouant.) Éveille-toi donc, animal.

L’ÉQUIPAGE.

Oui, pat...

MARC.

Hein?...

L’ÉQUIPAGE, précipitamment.

Oui, capitaine...

MARC.

A la bonne heure! Allons, arrive. (Il ouvre la porte du fond.) Voici une petite bise blanche qui te rafraîchira le museau... Oh! oh! les butors soufflent dans le marais. C’est bon signe. (Au moment où il met le pied dehors, on entend une fenêtre qui s’ouvre.)

ROSE, en dehors, appelant.

Marc...

MARC.

Ohé!

ROSE.

Ne t’en va pas... j’ai besoin de te parler...

MARC.

Mais c’est que l’affût...

ROSE.

Je vais réveiller le père... Nous allons descendre; attends-nous... (La fenêtre se referme.)

MARC, rentrant furieux.

Allons!... voilà notre affût manqué... Trrr... Qu’est-ce qu’elle a donc de si pressé à me dire? Je suis sûr que c’est encore pour me parler de cette Arlésienne. (Il se promène de long en large.) Ma foi! si cela continue, la maison ne sera plus tenable. Le garçon ne desserre plus les dents, le grand-père a les yeux rouges, la mère me fait une mine... comme si c’était ma faute!... (S’arrêtant devant l’équipage.) Est-ce que c’est ma faute, voyons?...

L’ÉQUIPAGE.

Oui, capitaine...

MARC.

Comment! oui... Fais donc attention à ce que tu dis... Est-ce que je pouvais aller voir sous les sabots de cette margoton, pour savoir si elle avait perdu un fer ou deux en route?... Et puis enfin, quoi!... En voilà des histoires pour une amourette! Si tous les hommes étaient comme moi... Feu de Dieu!... Je serais curieux de la voir la femelle qui me mettra le grappin dessus... (Bourrant l’équipage.) Et toi aussi, matelot, je suis sûr que tu serais curieux de la voir... (Il rit, l’équipage rit et ils se regardent.)

SCÈNE II.

LES MÊMES, VIVETTE, avec des paquets.

VIVETTE.

Déjà levé, capitaine...

MARC.

Hé! c’est notre amie Vivette... Où allons-nous donc de si bonne heure, misè Vivette, avec ces gros paquets?

VIVETTE.

Je vais porter mon bagage au pontonnier du Rhône... Je pars par le bateau de six heures.

MARC.

Vous partez?

VIVETTE.

Mais oui, capitaine, il faut bien.

MARC.

Comme elle dit cela gaiement : il faut bien! Et vos amis de Castelet, cela ne vous fait donc pas gros cœur de vous en aller d’eux?

VIVETTE.

Ah! que si fait; mais il y a là-bas à Saint-Louis une brave femme qui s’ennuie d’être seule, et cette idée me donne du courage pour partir... Ah! bonne mère! mais j’y songe. Et le feu qui n’est pas fait... Et la soupe des hommes... Justement ce matin, la chambrière qui est malade... vite, vite...

MARC.

Voulez-vous que je vous aide?...

VIVETTE.

Volontiers, capitaine. Tenez, là-bas, derrière la porte, deux ou trois fagots de sarment.

MARC, prenant les fagots.

Voilà... voilà... (A l’équipage.) Qu’est-ce que tu as donc toi à me regarder? avec tes gros yeux...

VIVETTE, prenant les sarments.

Merci... Maintenant il n’y a plus qu’à souffler...

MARC.

Je m’en charge.

VIVETTE.

C’est cela! Pendant ce temps je vais jusqu’au bateau, retenir ma place...

MARC, vivement.

Vous allez revenir, au moins?

VIVETTE.

Sans doute! Il faut bien que je dise adieu à ma marraine... (Chargeant son paquet.) Hop!

MARC.

Laissez, laissez. L’équipage va vous porter cela. C’est trop lourd... Hé! matelot... Eh bien!... quoi!... qu’est-ce que tu as? qu’est-ce qui t’étonne? Prends ces paquets, on te dit...

VIVETTE.

A tout à l’heure, capitaine... (Elle sort.)

SCÈNE III.

LE PATRON MARC, seul.

Si celle-ci s’en va, par exemple, nous sommes bien. Il n’y avait que ça de gai et de vivant dans la maison... Et puis si avenante, si honnête avec tout le monde, s’entendant si bien à vous donner vos titres. « Oui, capitaine, non, capitaine! » pas une fois elle n’y aurait manqué... Hé! hé! tout de même ce ne serait pas déplaisant à voir trotter sur le pont de la Belle Arsène un joli petit perdreau de fillette dans ce goût-là!... Hé bien! hé bien! qu’est-ce qui me prend? Est-ce que moi aussi... Décidément il y a un mauvais air qui court par ici. Je crois ma parole que cette Arlésienne nous a flanqué le feu à tous. (Il souffle avec rage.)

SCÈNE IV.

LE PATRON MARC, BALTHAZAR.

BALTHAZAR, appuyé sur la table, le regarde
depuis un montent.

Joli temps pour les bécassines, marinier...

MARC, surpris et gêné.

Ah! c’est toi?... (Il jette le soufflet.)

BALTHAZAR.

Le ciel est tout noir de gibier, là-bas sur Giraud.

MARC, se levant.

Ne m’en parle pas. Je suis furieux. Ils m’ont fait manquer mon affût...

BALTHAZAR.

Et c’est pour te calmer le sang que tu...? (Il fait le geste de souffler le feu.) Pas besoin de mettre des bottes pour cela... (Il rit.)

MARC.

C’est bon! c’est bon! vieux malicieux. (A part.) Il faut toujours qu’il soit dans votre dos ce grand-là! (Voyant le berger s’installer dans la cheminée et allumer sa pipe.) Ah çà! tu es donc convoqué toi aussi?...

BALTHAZAR, assis dans la cheminée.

Convoqué?...

MARC.

Mais oui... Il paraît qu’il y a un grand conseil de famille ce matin. Je ne sais pas ce qui leur est arrivé... Encore quelque histoire... Chut! les voilà...

SCÈNE V.

LES MÊMES, ROSE, FRANCET MAMAÏ.

ROSE.

Entrez, père...

MARC.

Qu’est-ce qu’il y a donc?

ROSE.

Ferme la porte.

MARC.

Oh! oh! il paraît que c’est sérieux.

ROSE.

Très-sérieux... (Voyant Balthazar.) Tu es là, toi?

BALTHAZAR.

Est-ce que je suis de trop, maîtresse?...

ROSE.

Au fait, non, tu peux rester. Ce que j’ai à leur dire, tu le sais aussi bien que nous... C’est une chose terrible, à laquelle nous pensons tous en nous-mêmes et dont personne n’ose parler. Seulement, à cette heure, le temps presse, et il faut que nous nous en expliquions une bonne fois...

MARC.

Je parie que c’est encore ton garçon dont il s’agit.

ROSE.

Oui, Marc, tu as deviné... Il s’agit de mon enfant qui est en train de mourir. Ça vaut la peine qu’on en parle...

FRANCET MAMAÏ.

Qu’est-ce que tu dis là?...

ROSE.

Je dis que notre enfant est en train de mourir, grand-père, et je viens vous demander si tout bonnement nous allons le regarder passer comme cela sans rien faire?

MARC.

Mais enfin qu’est-ce qu’il a?...

ROSE.

Il a que c’était au-dessus de ses forces de renoncer à son Arlésienne. Il a que cette lutte l’épuise... que cet amour le tue.

MARC.

Tout ça ne nous dit pas de quoi il meurt. On meurt d’une pleurésie, d’un palan qui vous tombe sur la tête, emporté par un coup de mer; mais que diable!... un garçon de vingt ans, solidement amarré sur ses ancres, ne va pas se laisser glisser pour une contrariété d’amour...

ROSE.

Tu crois, Marc?...

MARC, riant.

Ah! ah! il faut venir en Camargue pour rencontrer encore ces superstitions-là. (Légèrement.) Écoutez ceci, sœurette; c’est la romance à la mode cet hiver à l’Alcazar arlésien... (Avec prétention.)

Heureusement qu’on ne meurt pas d’amour
Heureusement (bis) qu’on ne meurt pas d’amour.

(Un silence de mort.)

BALTHAZAR, dans la cheminée.

Ça chante bien, les tonneaux vides!

MARC.

Hein?...

ROSE.

Ta chanson est une menteuse, Marc. Il y a des beaux vingt ans qui meurent d’amour, et même le plus souvent, comme ils trouvent cette mort trop lente, ceux qui sont atteints de cet étrange mal se débarrassent de l’existence, pour en avoir plus tôt fini...

FRANCET MAMAÏ.

Est-ce possible, Rose?... Tu crois que l’enfant...

ROSE.

Il a la mort dans les yeux, je vous dis. Regardez-le bien, vous verrez. Moi, voilà huit jours que je le surveille, j’ai fait mon lit dans sa chambre, et la nuit je me lève pour écouter... Croyez-vous que c’est vivre, cela, pour une mère? Tout le temps, je tremble, j’ai peur de tout pour lui. Les fusils, le puits, le grenier... D’abord je vous préviens, je vais la faire mûrer, cette fenêtre du grenier... On voit les fenêtres d’Arles de là-haut, et tous les soirs l’enfant monte les regarder... Ça m’effraye... Et le Rhône... Oh! ce Rhône! j’en rêve, et lui aussi il en rêve. (Bas.) Hier, il est resté plus d’une heure devant la maison du pontonnier, à regarder l’eau avec des yeux fous... Il n’a plus que cette idée dans la tête, j’en suis sûre... s’il ne l’a pas fait encore, c’est que je suis là, toujours là derrière lui à le garder, à le défendre, mais maintenant je suis à bout de forces, et je sens qu’il va m’échapper.

FRANCET MAMAÏ.

Rose! Rose!...

ROSE.

Écoutez-moi, Francet. Ne faites pas comme Marc. Ne levez pas les épaules à ce que je vous dis... Je le connais mieux que vous, cet enfant, et je sais ce dont il est capable... C’est tout le sang de sa mère, et moi... si on ne m’avait pas donné l’homme que je voulais, je sais bien ce que j’aurais fait.

FRANCET MAMAÏ.

Mais enfin, voyons... nous ne pouvons pourtant pas le marier... avec cette...

ROSE.

Pourquoi pas?

FRANCET MAMAÏ.

Y pensez-vous, ma fille?...

LE PATRON MARC.

Feu de Dieu!...

FRANCET MAMAÏ.

Je ne suis qu’un paysan, Rose, mais je tiens à l’honneur de mon nom et de ma maison, comme si j’étais seigneur de Caderousse ou de Barbantane... Cette Arlésienne, chez moi!... fi donc!...

ROSE.

Vraiment, je vous admire tous les deux à me parler de votre honneur. Eh ben! et moi? qu’est-ce que j’aurais à dire alors? (S’avançant vers Francet.) Voilà vingt ans que je suis votre fille, maître Francet, est-ce que vous avez jamais entendu une mauvaise parole sur mon compte?... Pourrait-on trouver quelque part une femme plus honnête, plus fidèle à son devoir?... Il faut bien que je le dise, puisque personne de vous n’y pense... Est-ce que mon homme en mourant n’a pas témoigné devant tous de ma sagesse et de ma loyauté?...Et si, moi, moi je consens à introduire cette drôlesse dans ma maison, à lui donner mon enfant, ce morceau de moi-même, à dire : « Ma fille, » ah çà, croyez-vous par hasard que ça me sera moins dur qu’à vous autres?... Et pourtant je suis prête à le faire, puisqu’il n’y a que ce moyen de le sauver...

FRANCET MAMAÏ.

Aie pitié de moi, ma fille, tu me brises...

ROSE.

O mon père, je vous en conjure, pensez à votre Fréderi... Vous avez déjà perdu votre fils... Celui-là, c’est votre petit-fils, c’est votre enfant deux fois, est-ce que vous voudriez le perdre encore?...

FRANCET MAMAÏ.

Mais j’en mourrai, moi, de ce mariage...

ROSE.

Eh! nous en mourrons tous... qu’est-ce que ça fait?... pourvu que l’enfant vive.

FRANCET MAMAÏ.

Qui m’aurait dit cela, mon Dieu! que je verrais une chose pareille!...

BALTHAZAR, se levant tout à coup.

J’en connais un qui ne la verra pas, par exemple... Comment! ici, dans Castelet, une catau qui a roulé avec tous les maquignons de la Camargue... Eh bien! ce sera du propre... (Jetant son manteau, sa trique.) Voilà ma cape et mon bâton, maître Francet. Faites mon compte, que je m’en aille...

FRANCET MAMAÏ, l’implorant.

Balthazar, c’est pour l’enfant... Pense! je n’ai plus que celui-là.

ROSE.

Eh! laissez-le donc partir... Il a pris trop de place à notre feu, ce serviteur-là.

BALTHAZAR.

Ah! l’on a bien raison de dire que mille brebis sans un berger ne sont pas un bon troupeau. Ce qui manque depuis longtemps à cette maison, c’est un homme pour la conduire. Il y a des femmes, des enfants, des vieillards; il manque le maître.

ROSE.

Réponds-moi franchement, berger... Crois-tu que l’enfant serait capable de se tuer si nous ne lui donnions pas cette fille?

BALTHAZAR, grave.

Je le crois...

ROSE.

Et tu aimerais mieux le voir mourir?...

BALTHAZAR.

Cent fois!...

ROSE.

Va-t’en, misérable, va-t’en, sorcier de malheur... (Elle s’élance sur lui.)

FRANCET MAMAÏ, s’interposant.

Laissez, laissez Rose... Balthazar est d’un temps plus dur que le vôtre, où l’on mettait l’honneur par-dessus tout. Moi aussi, je date de ce temps-là, mais je n’en suis plus digne. Je vais faire ton compte, tu peux t’en aller, berger...

BALTHAZAR.

Non!... pas encore... Voilà l’enfant qui descend... Je suis curieux de voir comment vous allez vous y prendre pour lui dire cela... Fréderi, Fréderi, ton grand-père veut te parler...

SCÈNE VI.

LES MÊMES, FRÉDERI.

FRÉDERI.

Tiens! tout le monde est là!... Qu’est-ce qui se passe donc? Qu’est-ce que vous avez?...

ROSE.

Et toi, malheureux enfant, qu’est-ce que tu as?... Pourquoi es-tu si pâle, si brûlant? Tenez! grand-père, regardez-le, ce n’est plus que l’ombre de lui-même...

FRANCET MAMAÏ.

C’est vrai qu’il est bien changé...

FRÉDERI, sourire pâle.

Bah! Je suis un brin malade. Mais ce n’est rien, un peu de fièvre, ça passera. (A Francet.) Vous vouliez me parler, grand-père?...

FRANCET MAMAÏ.

Oui, mon enfant, je voulais te dire... Je... tu... (Bas à Rose.) Dis-lui, toi, Rose; moi, jamais je ne pourrai.

ROSE.

Écoute, mon enfant, nous savons tous que tu as une grande peine, dont tu ne veux pas nous parler. Tu souffres, tu es malheureux... C’est cette femme, n’est-ce pas?

FRÉDERI.

Prenez garde, ma mère... On avait dit qu’on ne prononcerait jamais ce nom-là ici.

ROSE, avec explosion.

Il le faut pourtant bien puisque tu en meurs... puisque tu en veux mourir... Oh! ne mens pas... Je le sais, tu n’as trouvé que ce moyen pour arracher cette passion de ton cœur; c’est de t’en aller de ce monde avec elle... Eh bien! mon fils, ne meurs pas; comme qu’elle soit, cette Arlésienne maudite, prends-la... Nous te la donnons.

FRÉDERI.

Est-ce possible?... ma mère... mais vous n’y songez pas!... Vous savez bien ce que c’est que cette femme...

ROSE.

Puisque tu l’aimes...

FRÉDERI, très-ému.

Ainsi vraiment, ma mère, vous consentiriez?... Et vous, grand-père, qu’est-ce que vous en dites?... Vous rougissez? vous baissez la tête? Ah! le pauvre vieux, comme cela doit lui coûter... Faut-il que vous m’aimiez tous pourtant pour me faire un sacrifice pareil!... Eh bien! non, mille fois non! Je ne l’accepterai pas... Relevez la tête, mes amis, et regardez-moi sans rougir... La femme à qui je donnerai votre nom en sera digne, je vous jure...

SCÈNE VII.

LES MÊMES, VIVETTE, par le fond.

VIVETTE, s’arrêtant timidement.

Pardon... Je vous dérange!...

FRÉDERI, la retenant.

Non... reste... reste... Qu’en dites-vous, grand-père? Je crois que celle-là vous n’aurez pas de honte à l’appeler votre fille...

TOUS.

Vivette!...

VIVETTE.

Moi?...

FRÉDERI, à Vivette, qu’il soutient.

Tu sais ce que tu m’as dit : Le mal qu’une femme m’a fait, il n’y a qu’une femme qui puisse le guérir. Veux-tu être cette femme, Vivette? Veux-tu que je te donne mon cœur? Il est bien malade, bien ébranlé des secousses qu’il a reçues, mais c’est égal! Je crois que si tu t’en mêles, tu viendras à bout de lui? Veux-tu essayer, dis?... (Le père et la mère restent éperdus, les bras tendus vers Vivette d’un air suppliant.)

VIVETTE, se cachant dans le sein de Rose.

Répondez-lui pour moi, marraine.

BALTHAZAR, sanglotant, prend la tête de Fréderi
dans ses mains.

Ah! cher enfant, Dieu te bénisse pour tout le bien que tu me fais!