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L'avision de Christine

Chapter 10: Dit la dame couronnee de ses gestes.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Dit la dame couronnee de ses gestes.

Le renom de ma franchise ja espandus en toutes places/ les gouverneurs de noble attrace avec leurs enfans me prirent en bail Si fu entregitee entre leurs mains par lonc temps sanz estrange generacion. O dieux glorieux se je te comptoie toutes les aventures courues es annees puis la naiscence de mon nom jusques a ore/ l’espace de ta vie a l’escouter me pourroit souffire Et pour ce en brief te dis que les tuteurs de mon bail assez s’esforcierent d’acroistre la haultece de mon heritage/ mais comme ignorance ancore les tenist tenebreux ne savoient attraire eaue doulce pour pardurable arrosement presenter a mes racinetes et plantes/ par quoy maint seps de vigne & autres tiges toutes sechees & sanz fruit couvint esrachier & ou feu giter/ Et ainsi dura ceste pestillence tant que le .iii.e filz vint le quel par vertu de sage conseil attray lumiere telement que les tenebres de celle mortel secherresse furent chaciees par la quelle voye ot cognoissance de doiz et source de eaue vive a grant habondance si que lui meismes ja tout perdus & sechez en fu arrosez et vivifiez Et tant pourchaça par sages maistres que l’abondance du fleuve vivant rendy ruisseaulx sources & fontaines en si grant quantité que toutes mes plantes en furent arrosees et viviffiees/ O noble cultiveur fu ycellui car moult il augmenta et parcreut la perpetuité de mon heritage/ en telle maniere qu’il fu le premier registre de ma salvable gloire/ es mains de cestui pris grant croiscence et plaisant beauté/ et tant qu’il me dura fus bien deffendue & si gardee et soustenue que chose quelconques ne m’avint senestre.