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L'avision de Christine

Chapter 21: Encore de ce mesmes & complainte de la dame.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Encore de ce mesmes & complainte de la dame.

O chiere amie et de la desloyale de dieu haye la parfaicte ennemie du faulx office la quelle bouche et estoupe la lumiere de verité sicomme autour de la chartre tu as veu/ Et que dirons nous car de son malefice helas je me dueil/ ne vois tu comment or y prens garde de s’alaine corrupte tout est noirci/ Je enrage d’ire quant je lui voy giter les loz de mes partages non pas par sort/ mais par malice assise a traire finances de diverses buches pour fournir le feu qui ne peut estanchier en mes palais la plus hault assise establir ses ordres plains de desraison et nul grosser n’en ose/ quant je voy la hideuse voillee de malice paistre les mauvais et ceulx de sa sorte et destruire les simples & qu’en puis je dire fors cryer a dieu car les souverains de mes ordonnances sont ses aliez. O dieux quel playe a moy adoulee avec mes autres griefs. Je suis comme la vesve de bon per delaissiee a qui chacun cuert sure et nul n’en a pitié/ et que sont devenus les champions de droit ne s’en sont ilz fuis/ & s’aucun en y a la faulce desloyale ne leur laisse sortir leur droiturier effait/ voyez voyez tous mes loyaulx amis comment suis gouvernee par ce que j’ay perdu la joye de mon chief/ Et ce fait ceste faulse qui n’y regarde droit pour ce que demouree comme brebis sanz pastre suis sans joye d’ami Bien doy estre perplesse quant je voy ma lignee d’icelle avironnee qui leur donne conseil de ses desloyaulx voyes/ est il chose plus laide que ce qu’elle maintient comment si fol est homme qu’il n’avise sa fin. O avuglee guespe ta pointure perverse mainte gent persecute/ Tu es soubtille en oeuvre malice te gouverne & barat tient le glaive de ceulx de ta justice/ Or n’est il homme si sage qui en tous cas t’avise car tu te transfigures en trop estranges fourmes si vas traçant par ville par palais & par sales & par toutes mes places riens sanz toy ne demeure/ & chacun envenimes de ta pouldre couverte. O dieux jusques a quant durera ceste guerre/ mais je me reconforte sire par la figure qui m’en est prophecie de xanson le tres fort.

¶ Ainsi souspirant par semblant de grant douleur dist ceste complainte la tres honoree princesse/ & quant ces choses ot dites comme femme lassee et de dueil surmontee couverte de larmes si que parler plus ne pot se taisoit quoye et moy qui ses maintiens regardoie comme compaigne de son plour par pitié de sa reverence/ et qui de bon cueur y remediasse s’a moy en fust lui dis ainsi.