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L'avision de Christine

Chapter 43: Ancore des oppinions des philosophes.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Ancore des oppinions des philosophes.

Mais certes ycy met il l’autre raison par la quelle au rebours il appert que la terre soit tres proprement principe/ car comme ce soit chose evident que ce qui est derrenier en generacion est premier en nature/ pource que nature a la fin de generacion tent a ce qui est premier en son entencion/ mais tant que une chose est plus deprise plus espesse et aussi plus composte/ Tant est elle plus derreniere en generacion/ pour ce que en voye de generacion on precede de plus simples choses aux composees sicomme des elemens on va aux miscions/ et les mixtions aux humeurs et des humeurs aux membres/ tant que finablement on vient a homme qui est le plus compost Semblablement doncques comme ce qui est le plus espeus appert estre en generacion derrenier/ et par consequant principe de nature/ il appert que ceste conclusion soit contraire a celle de devant/ Car ainsi la terre qui est plus espesse et plus disperse sera premiere d’eaue et l’eaue que l’air/ et l’air que le feu/ Si est pour ce a savoir que il y a difference entre querir ce qui est premier & a parler simplement/ Car s’on enquiert de premier simplement n’est pas doubte que premier est parfaict/ de imparfaict et faict que n’est poissance/ Car nulle chose n’est ramenee d’imparfaict a parfaict/ ou de poissance en fait/ se non par aucun ens parfaict/ c’est a dire par aucune chose estant de fait parfaicte Et c’est cy a savoir que je appelle poissance en tant que je la distingue contre fait/ La poissance de quelconques effait le quel n’est c’est a dire de quelconque chose produisible et menable en aucune nature soit bonne ou mauvaise/ ycelle nature non estre ore/ mais povoir estre/ Et pource la nomme l’en poissance de povoir estre ou non/ mais quant elle est/ elle est nommee fait a difference de povoir estre/ Et parce il appert que fait est le plus noble/ Dont pource se nous parlons de la perfeccion de dieu/ dieu si est tres parfaict/ et donques tres premier/ Car en son essence nulle possibilité ne fu ainçois que fait/ mais ces particulieres choses qui precedent en leur estre de poissance en effait/ la poissance en ycelles quant temps si precede le fait et ainsi l’imparfaict le parfait combien toutefois que a nature le fait soit le premier c’est asavoir quant en son entencion et maniere d’elles savoir produire/ Tout ainsi que il appert d’un messagier qui va en aucun lieu Combien que le lieu ou il va quant au labour et a son entencion il atteigne de y venir/ Toutefoiz estoit il le premier quant a son entencion/ car autrement ne se fust il pas meu/ Et sicomme au lieu quant il ataint on pourroit dire qu’il y estoit deffaict. aussi ainçois qu’il atteignist s’entencion povoit estre appellé poissance/ Et ainsi il appert que fait se non en temps/ toute foiz quant a nature ou a entencion est premier que poissance/ il est du tout manifeste que ainsi le premier principe de toutes choses il fault estre tres simple pour ce que toutes choses sont composees des simples & non e converso donques il estoit neccessaire aux anciens naturiens que l’un et l’autre ilz attribuassent au principe premier/ c’est a savoir au principe du monde qu’ilz attribuassent avec souveraine simplicité souveraine perfeccion Mais comme ces .ii. ne puissent estre atribuez a aucun principe corporel Car es generacions & es corrupcions les tres simples choses sont les plus imparfaictes pour ce leur sembloit estoient ilz contraires mettre division es principes.