WeRead Powered by ReaderPub
L'avision de Christine cover

L'avision de Christine

Chapter 45: De l’ombre la poissance que elle a.
Open in WeRead

About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

De l’ombre la poissance que elle a.

Or t’ay je assez prouvé par ce que devant est dit comment je suis cause premiere des oeuvres humaines & que se precedent ne fusse aucune oeuvre n’aroit effect es humains/ pource te vueil reprendre en aucune partie de tes dis/ en ton livre intitulé de la mutacion de fortune le quel compilas par grant labour & estude/ Car combien que par moy t’en venist l’invencion trop faillis sauve ta grace/ Lors que tu tant octorisas la poissance de dame fortune que tu la dis estre toute ordenaresse des fais qui cueurent entre les hommes/ Et ma poissance souveraine sur toutes influences refleccibles es oeuvres communes qui precelle toutes autres/ tu oublias/ Si ne te soit honte offrir l’amende a moy suppellative de toy en ceste partie injuriee te rendant repentie coulpable comme mal avertie me recongnoissant suppellative sur toutes poissances relatives ça bas de dieu ordenees/ Et que ceste chose te soit magnifeste vueil que me desnoues cest argument/ Je te demande le quel est plus noble ou l’acteur qui est principe de la chose premierement mise en fourme/ ou l’euvre qui despent et vient de la poissance de l’acteur premier princippe/ Et moy a elle/ certes dame je tiens que comme dieu soit principe de toutes choses/ Et aussi comme dit aristote l’entendement est le souverain des biens/ Car a lui tous les autres obeissent le premier principe des choses je confesse le plus parfaict en accion de oeuvre comme ci devant est assez prouvé/ Et elle a moy/ bien respondis/ or t’ay vaincue par ton meismes jugement/ Car non obstant qu’entendement soit devant moy quant en concept Toute foiz suis je premiere cause de toutes choses bonnes ou mauvaises faictes ou pourchacees par pensees ou oeuvres humaines/ Et donques comme devant est dit s’il est ainsi/ ce que si/ que principe soie des speculacions et toutes choses ouvrables/ comme il appert Je conclus vraye ma preposicion que je precelle les choses ouvrees/ Et que fortune a qui tant de poissance atribuez/ n’est fors ma chamberiere mercenere comme conduisarresse des oeuvres ja par moy disposees a mettre a effaict.

¶ Mais affin que il ne semble que par mouvement de envie lui vueille soubtraire la fame de son auctorité/ te cognois estre vray qu’en disposicion de oeuvre/ fortune a poissance de conduire les fais particuliers bien ou mal selon le soufflement de son influence/ mais te souviegne que differens sont noz mouvemens/ car de rechief te dis que je euvre en esperit et fortune ne peut ouvrer fors es choses ja par moy deliberees aptes a recevoir ses influences es choses dehors et foraines mais es repostailles de la pensee es quelles je sui muciee n’a nulle poissance/ doncques tu peus cognoistre que elle est serville et villaine vers mon auctorité comme elle soit au monde sicomme superflue comme le las de l’adversaire/ Et je soie celle sans qui nulle chose n’est faite et sans qui nul fruit d’oeuvre ne pourroit l’omme conduire a perpetuelle gloire.