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L'avision de Christine

Chapter 50: Des nobles que l’ombre dit que elle deçoit.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Des nobles que l’ombre dit que elle deçoit.

Des nobles qui suivent les armes sont ilz point que tu cuides par moy deceus/ certes si sont souvente foiz plusieurs y a Car je les fais abuser du fait des armes par ce que ilz n’en scevent ou ne veulent savoir les propres termes lesquieulx sont tieulx. Il ne loit point a nul s’armer pour aler en bataille ne se combatre fors pour certaines causes C’est a savoir pour la loy de dieu contre les mescreans ou herites contraires a la foy/ Item pour deffendre l’eglise/ son prince/ son pays/ sa terre/ le bien publique/ le droit des ignocens/ & ses propres choses/ & autrement n’est loy qui le permette ne n’est bataille juste & sans dampnacion. Or y prens garde se de tous ceulx qui s’arment sont droiturierement ses poins gardez/ et se nulz y vont sus mauvaises querelles.

¶ Bataille que tu le saches justement faite est premise de droit divin & du droit des gens qui n’est autre chose meismes ce dit la loy/ que entencion de remettre a droit par force d’armes chose par autruy deraisonnablement contendue/ Si ne regarde de sa nature ne mes retourner droit a droit & faire convertir guerre a paix/ ne les maulx que fais y sont/ de la nature de bataille ne sont mie ains par mauvais usage acoustumé en guerre sont fais/ & que batailles en justes causes soient de dieu premises appert en plusieurs lieux de l’escripture/ sicomme il ordena a un homme nommé jhesus comment sa bataille establiroit/ et que une embuche feist pour surprendre ses ennemis/ Et de ce dient voz docteurs que dieux est vainqueur et ordeneur des batailles comme par plusieurs fois est apparu.

¶ Mais ceulx a qui je fais faire armes perilleuses & sanz raison/ et leur donne a croire que grant honneur leur sera pour l’amour de leurs dames sans visiere ou un bras nu/ ou descouvert d’aucun de leur harnois/ ou en aucun autre peril emprendre fait contre un autre a qui n’ont nul contens je les deçois/ et pareillement ceulx qui tieulx armes leur aceptent/ et a eulx se coupplent.