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L'avision de Christine

Chapter 51: Ce que l’ombre disoit des gens d’armes.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Ce que l’ombre disoit des gens d’armes.

Et ceulx qui donnent gage pour a oultrance en champ de bataille combatre sus aucune querelle soit droit ou tort/ je te promet en ce cas sont par moi deceus/ car vers dieu mesprennent & pechent grandement/ et te diray comment/ combatre en champ est contre droit divin qui est de dieu et de sainte escripture contre le droit des gens Le civil/ le decret/ et contre droit canon et cellui qui l’acepte/ pareillement peche La cause est que a dieu miracle ne chose contre nature on ne doit demander/ comme telle chose faire soit une maniere de tempter dieu esperant il aydera au droit/ Si ne doit/ Si ne doit estre quise de la voulenté de dieu experience/ Et que ceste espreuve soit faulse/ on a veu maintefoiz que cellui qui droit avoit estoit vaincus/ sicomme une decretale raconte de .ii. freres qui furent restez d’un crime & comme ilz fussent de celle cause vaincus en champ tout ne fussent ilz mie coulpables & apres la verité fu sceue par la confession meismes de ceulx qui le delit commis avoyent/ et pareillement de plusieurs a esté prouvé la loy deffendi que teles preuves non droitturieres plus ne fussent en usage/ Item juges sont establis pour cognoistre des causes et faire droit/ Et est loy ordenee que nul de sa propre cause ne soit juge/ Et cellui le veult estre qui prouver veult son fait par soy meismes et par sa victoire qui est soubz la distribucion de fortune/ et a l’aventure Item le droit canon commande que au pape l’en obeisse/ le quel soubz peine d’escommenie deffent comme chose reprouvee contre droit de justice/ que tele espreuve ne soit faicte Et tu me diras donques comment seront punis les mau faicteurs secrés Je te respons que dieu pour lui s’est reservee la punicion/ et dit un decret que se en ce monde tous maulx pugnis estoient/ le jugement de dieu dont point de lieu n’aroit/ et cellui presomptueusement le se veult attribuer qui la victoire de la vengence s’en veult donner.

¶ Et comment est uns homs si folz qui plain de vices et de pechiez se sent/ poson que il ait bonne querelle en aucun cas/ que il cuide que a lui pecheur dieu face miracle de la chose muciee que il quiert/ mais se il estoit sage paour devroit avoir de la pugnicion de dieu en sa juste cause/ Comme souvent aviengne & soit avenu que dieu a dissimulee vengence du pecheur ou cas ou desservi l’avoit/ et puis le pugni en chose dont estoit ignocent.