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L'avision de Christine cover

L'avision de Christine

Chapter 6: Comment elle se transporta de lieu en autre.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Comment elle se transporta de lieu en autre.

En cellui temps comme renommee a tout ses cors et buisines eust corné et encore cornast en la contree ou j’estoye/ ce que la et par toutes autres contrees avoit ja par moult lonc temps signifié de rechief a haulte voix ne cessast de cryer/ Ce estoit que elle racontoit le pris/ l’onneur/ la haultece noblece et poissante digneté d’une princesse de grant auctorité/ couronnee de precieux dyademe a ceptre royal de grant ancienneté & richece la quelle seoit vers les parties que on dit fryge/ et pareille n’avoit en beauté noblece vaillance et hault renom en tout l’univers monde/ adont par les cris de fama apres ce que messages certains orent de ceste chose certiffiez ceulx qui m’avoient en bail desirans de tel princesse servir/ se partirent de la/ et ainsi avec eulx marchant par sus les entrailles du dit ymage/ traversant estranges contrees alpes haultaines/ landes sauvages/ forés parfondes et bruyans rivieres Tant cheminay par maintes journees que de loins ja m’aparu la lueur de la marche resplendissant en honneurs ou je tendoye/ Et ainsi appercevant de mieulx en mieulx sa haultece com plus en approchoie parfinay ma longue voye jusques en sa maistre cité/ la quelle estoit nommee la seconde athenes/ adont acompli le travail d’icellui chemin reposant les membres travaillez pourpensoie comment et par quel voye peusse ataindre a l’acointance de la dicte princesse/ mais comme trop jeune ancor fusse ne me savoie appliquer ne mes a apprendre le lengage differant de cellui de mes parens/ neant moins selon la simplece de mes sens non ancore du tout parcreus m’informoie adez des coustumes manieres et condicions de la dicte dame/ Et comme ainsi je le continuasse par l’espace de plusieurs ans croiscent ma retentive/ je fus informee de la haulte poissance et seignourie d’ycelle/ de la quelle pour eschever prolixité en brief je tesmoigne pour verité sanz adjoustement de mençonge/ que sa contree m’aparu glorieuse de nom/ fertile de fruys/ abondant en richeces grande et lee en circuit/ edifiee notablement d’espesses villes/ fors citez/ chasteaulx bours fortereces et tres nobles manoirs comme sanz nombre/ poissans seigneurs princes natureulx non crueulx/ benignes en conversacion catholiques en foy/ prudens en gouvernement/ et beaulx en faconde/ fort et poissant chevalerie/ loyaulx subgés obeissant peuple/ En ycelle marche vrayement toutes ses condicions j’apperceu/ et maintes autres bonnes que cause de briefté ne me seuffre plus dire/ mais comme il ne soit aucun bien sans envie/ voir est que je y vy de grans gastives par places venues et procurees par estranges envieux/ par quoy m’aparoit en celle contree avoir esté et estre par fois de grans et fieres persecucions.