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L'avision de Christine

Chapter 68: Conclut christine sa complainte a philosophie.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

Conclut christine sa complainte a philosophie.

Or t’ay je dit tres reverend maistresse les motifs et causes de mes ennuys passez/ et non pas tous/ car dieux scet que en grant quantité de autres maulx & ennuys ay passé le temps que anuyeuses et longues seroient a dire/ et la perseverence de yceulx qui dure encore/ ne de la fin je ne voy signe.

¶ Du temps present comment il m’est te dis que non obstant supplicacions & requestes que par force de divers survenus affaires & partes en la maniere dessus dicte par les floz infortunez souvent courans sur moy que j’ay aux princes françois qui ancor vivent baillees/ mainte foiz requerant leur secours/ non pas les adjurant par mes merites/ mais suppliant par l’ancienne amour qui tira mon dit pere par de ça leur serviteur et par ses bien fais a moy delaissiee et hors de son lieu a son petit maisnage voulsissent secourir/ mais que je ne mente ne soie ingrate/ le secours de aucun d’eulx comme il m’ait assez esté tardif presenté par assignacion non de grans choses/ ancore la longueur de la paye/ & ennuyeuse poursuite de leurs tresoriers auques estaint la value de la grace et merite du bien fait/ O chere dame que cuides tu quel peine/ c’est a femme de ma faculté abstrate assez/ et pou chalant des aluchemens de couvoitise convenir contre ma naturel condicion non moult curable ne ardant sur les desirs de peccune/ mais par neccessité contrainte de grans charges poursuivre a grant train ces gens de finance pourmenee de jour en jour de leurs belles parolles/ Et ainsi va au jour de huy a l’estat de mon vesve colliege/ dame honoree a qui riens n’est occult Et tu meismes qui scez que petit me chault des amas & assemblees de tresors ne de croiscence d’estat fors soustenir cellui venu de mes devanciers comme folle ancore de en curer/ recognoissant que tout est vent chose mondaine/ ne que mes pensees ne sont es desirs de superflus paremens ne delicatifs vivres me soies tesmoing que seulement l’amour & charge agreable que je ay de ma bonne mere en viellece sur les bras de sa seule fille qui n’est oublieuse des grans materneulx benefices d’elle receus/ voluntaire du meriter comme droit est me rent perplexe et adoulee quant fortune ne seuffre a ma voulenté sortir son bon effaict & que femme de si parfaict honnour et si noble vie et bel estat comme est et a tous jours esté/ celle ne soit tenue et ordenee selon son droit/ avec les autres charges de povres parentes a marier & autres amis & ne voie de nulle part fortune propice pour mon secours.

¶ Encore au propos des pointures de mes dolentes pensees avec mes autres anuys/ cuides tu que devant la face de fortune ne me repute peu eureuse/ quant si voy ses autres accompaignez de leurs lignages freres et parens d’estat & aisiez/ eulx resjouyr ensemble/ et je pense que je suis hors des miens en estrange lieu/ & mesmement .ii. freres germains que j’ay sages preudes hommes & de belle vie/ que il a couvenu que par ce que de ça n’estoient pourveus que ilz soient alez vivre ou pays de la sus les heritages venus du pere/ et moy qui suis tendre & a mes amis naturelle/ me plains a dieu quant je voy la mere sans ses fieulx que elle desire/ & moy sanz mes freres/ Et ainsi peus tu veoir chere maistrece que tout au contraire de mes desirs m’a fortune servie qui ancores persevere en ses malefices.

¶ Et que de ces choses dis voir dieu qui proprement est toy & toy qui proprement est lui le savez. Si reviens a ce que devant est dit que comme fortune m’a contraire ades continue par tieulx molestes qui ne sont a cuer femenin & foible pas petites plus me grieve l’empeschement que a l’estude par ses occupacions me fait qui mainte foiz troublent si ma fantasie que ne peut vaquer l’entendement au bien qui lui delite/ tant est ofusqué par ses dures pointures/ que ne fait le fait du mal que j’en seuffre.