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L'avision de Christine

Chapter 8: La complainte de la dame couronnee a christine.
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About This Book

A dream-vision recounts the narrator's spirit leaving the body and witnessing an enormous anthropomorphic image tended by a crowned feminine shadow who shapes little molded figures, bakes them in the creature's mouth, and feeds them to sustain its insatiable appetite. The narrator is herself formed, swallowed, and nourished, then travels through the image's inner lands—mountains, forests, and rivers—to reach the court of a renowned princess whose fame draws supplicants. The work unfolds in three parts, moving from marvels of the visible world to an interrogation of popular opinion and finally to philosophical consolation about fame, virtue, and moral order.

La complainte de la dame couronnee a christine.

Adont parlant en tel maniere/ dist ainsi Chiere amie amaresse du cultivement de mon bien comme il soit de neccessité en nature que tout cuer amant desserve estre amez/ droit est que Ton bon desir te soit valable/ Et comme il fust affectueux de m’acointance les bons vouloirs de lui soient ottroyez amie a qui dieu et nature ont concedé oultre le commun ordre des femmes le don d’amour d’estude/ appreste parchemin ancre et plume et escrips les paroles issant de ma poitrine Car a toy me vueil je du tout magnifester/ Et me plaist que a tes sages bien vueillans faces d’or en avant present des memoires escriptes de ma digneté. C’est chose nottoire qu’a cil qui bien se veult declarier appartient qu’il speciffie son premier principe/ Si commenceray a l’introyte de mes gestes te narrant ma premiere venue.

¶ Ou temps du Second aage lors que la lignee neptunus regnoit en marche chevalereuse es habitacions aysiees quant pour cause de la fille electee transportee par le pastour mescongnu vindrent les hoirs des fremis chavauchans chevaulx de bois a tout force d’armes furent par l’escu de barat a la fin vainqueurs. Dont d’ycelle terre fu enrachié l’abre d’or que les dieux anciens selon les chançons des poetes avoient reservé pour leur gloire du quel la haultece de l’ombre s’espandoit jusques sus les contrees lontaines/ Si fus lors par estrange fortune favourable a ycelle fremiere desireuse de vengence ars destruis et mis en cendre/ mais non obstant le furieux desir maling d’yceulx fremis furent aucuns cultiveurs desireux de noble semence veant la persecucion de la noble plante qui par soubtil art emblerent et de leurs mains ravirent en assez quantité des vergetes et des gitons cueillis sur le hault sommeton d’ycellui seignouri noble arbre/ Et comme le dieu pelagus fust consentant d’ycel larrecin leur donna voye et passage par sa terre/ Si se transporterent espandans en diverses contrees es quelles par grant digneté les planterent en maint vergiers et firent greffes de nouvelles antes que fort ilz cloyrent d’espineuses hayes pour obvier aux loisirs des rappineurs. Et ainsi maugré les influences fortunees fu renouvellee en plusieurs lieux la haute plante dont puis une vergete tant crut es marches d’europpe en la terre latine que la haultece d’elle obumbra tout le monde et presseda sanz comparoison sa premiere racine.