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L'enfant qui prit peur

Chapter 31: XXIX
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About This Book

A narrator reconstructs the life of a sensitive child whose minor illness confines him and whose private anguish goes unnoticed, prompting the narrator’s lasting remorse. The account follows the child’s small daily pleasures, vivid imaginings of the garden and playmates, and the comforting details he latches onto while bedridden. Gradually a mounting anxiety, stirred by distant voices and sensations, overtakes him; the story traces how that rising fear, misunderstood by those around him, drives the child toward a tragic outcome and reflects on childhood vulnerability and unnoticed suffering.

XXIX

« Mais non, ma chère, c’est absurde : le soleil était presque couché.

— Pourtant, Julien, regardez comme l’enfant est rouge, voyez comme il a le front brûlant !

— Il faudrait lui mettre des compresses froides. Pourvu que ce ne soit pas une fièvre typhoïde !

— Oh ! mon ami ! quelle idée horrible !

— Madame a sonné ?

— Y a-t-il de la glace à la maison, Julie ?

— Je crois, Madame, je vais en chercher. Oh ! monsieur Jacquot est souffrant ? Madame ! quel malheur !

— Ce n’est rien, Julie… un coup de soleil, je crois. Allez me chercher de la glace.

— Tout le monde l’aime, ce petit. Voyez, chère amie, il est tout à fait tranquille, maintenant. Il respire mieux.

— Dieu soit loué !

— Cela m’étonne que Périer n’arrive pas.

— Écoutez, Julien ; j’entends quelqu’un dans l’escalier ; ce doit être lui.

— En effet.

— Ah ! mon ami ! vous voilà ! L’enfant paraît très malade ! Un coup de soleil ! c’est affreux !

— Un coup de soleil ? Une petite insolation…

— Je l’ai trouvé dans sa salle d’étude, évanoui, à demi couché sur la table. Il avait appelé.

— Voyons. Oui, il a un peu de fièvre, le pauvre gosse ! Dites-moi, Laurenty, faisait-il très chaud dans sa salle d’étude ?

— Oui, assez, mais la fenêtre était ouverte.

— Nous avons demandé de la glace.

— Excellente idée.

— Que fait donc cette fille ? J’y vais moi-même !

— Hélène croit à un coup de soleil. Pendant qu’elle n’est plus là, dites-moi, Périer ! ce n’est rien de grave ? L’idée d’une typhoïde me hante. Dites-moi la vérité, mon ami !

— Rassurez-vous. Il me semble que c’est tout simplement la fin d’une assez forte crise de nerfs.

Savez-vous si Jacquot avait du chagrin, aujourd’hui ? Les enfants souffrent si vivement parfois et de façon si obscure ! Tenez ! le voilà qui ouvre les yeux. Comment ça va, Jacquot ?

— J’ai bien mal à la tête, parrain !

— Ça va passer, mon petit.

— C’est toi, Papa ! oh ! que j’ai mal à la tête ! Où est Maman ?

— Elle va venir, mon garçon.

— Venez par ici, Laurenty. Vous ne savez rien ? Aucun petit ennui ? L’a-t-on grondé ? L’a-t-on puni ?

— Pas que je sache, mais… Il me parle si peu ! il est si réservé, même avec nous ! Une crise de nerfs ? Quand Hélène et moi l’avons couché ici, l’enfant portait sur sa figure les traces d’une émotion violente. On aurait dit… comment vous expliquer ? on aurait dit qu’il avait eu peur !

— C’est très possible. »