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L'île au trésor

Chapter 2: UN MOT DE PRÉFACE
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About This Book

A young narrator recounts how a chance encounter with a weathered mariner leads to the discovery of a treasure map and an expedition to a remote island. The voyage brings outward promise and hidden danger as some among the hired crew reveal treacherous intentions, forcing small groups to confront violence, flight, and desperate fighting. The search for buried riches yields victory tinged with loss, and the narrator reflects on hard-won lessons. The account combines brisk adventure and vivid seascapes with coming-of-age observation, examining courage, betrayal, loyalty, greed, and moral ambiguity.

UN MOT DE PRÉFACE


Un très vif succès a déjà accueilli comme livre charmant l’Ile au Trésor, en Angleterre et dans le feuilleton du Temps. Ce succès n’est pas venu exclusivement des jeunes lecteurs à qui l’ouvrage semblait d’abord destiné. Grandes sœurs et grands frères, maîtres et parents l’ont dévoré avec un égal appétit. Cela n’a rien qui puisse étonner, en présence de l’intérêt saisissant du sujet et de l’accent si personnel du style.

A ce propos, une anecdote:

Un soir du printemps dernier, le chef du cabinet britannique, M. Gladstone, rentrait chez lui vers minuit, après une laborieuse séance parlementaire consacrée à la discussion du budget. Il se disposait à aller prendre un repos bien gagné, quand le hasard lui fit ouvrir l’Ile au Trésor, qu’un de ses petits-fils avait laissé sur la table du salon.

L’illustre homme d’État ne saurait passer pour un esprit naïf ou illettré, accessible aux impressions vulgaires. Tout le monde connaît son érudition profonde et les beaux travaux qui II l’auraient placé au premier rang des hellénistes, si l’éloquence ne l’avait mis au premier rang des politiques.

Eh bien! dès les premières pages, le charme subtil de l’Ile au Trésor agit si vivement sur cette haute intelligence que M. Gladstone en oublia tout le reste.

On vint lui dire que son lit était prêt; il renvoya le valet de chambre et poursuivit sa lecture. Son feu tomba; il n’y prit pas garde. Enfin, vers cinq heures du matin, ayant achevé le livre, il leva les yeux et s’aperçut que le jour venait. Alors seulement il alla se coucher, riant tout seul de la façon dont il avait fait nuit blanche.

Jamais romancier eut-il un succès plus flatteur?

Nous ne nuirons certes pas aux mérites de lIle au Trésor en disant que c’est sur la recommandation de l’éminent critique, M. Édouard Scherer, que nous l’avons lu et que nous avons acquis, à l’exclusion de tous autres, le droit de le traduire en langue française.

J. Hetzel et Cie.