La défense utilise un mur.—Tireurs abrités.
71. Quelle conduite doit tenir le fantassin aux prises avec de la cavalerie?
L'infanterie ne doit pas se laisser surprendre par la cavalerie; alors le fantassin avec sa baïonnette n'a rien à craindre d'elle, mais il faut se poster immobile, lui faire face et agir d'abord par ses feux.
72. Quelle est la conduite de l'infanterie exposée aux feux de l'artillerie?
L'infanterie sous le feu de l'artillerie cherche à progresser en avant en utilisant tous les couverts du terrain; elle se déplace rapidement et prend des formations minces et espacées à fronts étroits.
Lorsqu'elle se trouve sous le feu d'une rafale, les hommes se couchent en se resserrant l'un contre l'autre la tête baissée, le dos du sac en haut (en carapace), puis ils repartent aussitôt après la rafale. L'infanterie, pour progresser, doit profiter du moment où elle est appuyée par l'artillerie amie.
Pour attaquer une batterie, une partie des tireurs combat l'infanterie soutien de l'artillerie, l'autre partie tire sur les servants, sur les chevaux, puis se lance à l'assaut.
VIII—La liaison dans les opérations militaires.
La liaison assure la convergence de tous les efforts vers le but à atteindre, en établissant un échange constant de communications entre le commandement et ses subordonnés, et entre les chefs d'unités voisines.
Nature des signaux.
Les signaux constituent un moyen de correspondance à vue, dont on se sert quand les circonstances ne permettent pas d'employer d'autres procédés de communication.
Pendant le jour, les signaux sont exécutés à bras; la nuit, avec le feu d'une lanterne.
Ils servent à transmettre les signes de l'alphabet Morse (traits ou points).
A) Signaux alphabétiques Morse
(Doivent être connus des gradés et des soldats agents de liaison et de transmission)
Le système de correspondance employé est l'alphabet Morse.
De jour: le point, par l'apparition[30] d'un seul bras ou d'un seul objet; le trait, par l'apparition[30] de deux bras ou de deux objets.
De nuit: le point par une émission lumineuse (demi-seconde); le trait, par une émission lumineuse longue (deux secondes).
Intervalles entre chacun des signaux d'une même lettre: environ une demi-seconde.
Intervalle entre deux lettres d'un mot, entre deux chiffres, avant ou après un signe de ponctuation: environ quatre secondes.
| ALPHABET | ||
| A – —— | I – – | S – – – |
| B —— – – – | J – —— —— —— | T —— |
| C —— – —— – | K —— – —— | U – – —— |
| CH —— —— —— —— | L – —— – – | V – – – —— |
| D —— – – | M —— —— | W – —— —— |
| E – | N —— – | X —— – – —— |
| F – – —— – | P – —— —— – | Y —— – —— —— |
| G —— —— – | Q —— —— – —— | Z —— —— – – |
| H – – – – | R – —— – | |
| CHIFFRES | ||
| 1 – —— —— —— —— | 5 – – – – – | 8 —— —— —— – – |
| 2 – – —— —— —— | 6 —— – – – – | 9 —— —— —— —— – |
| 3 – – – —— —— | 7 —— —— – – – | 0 —— —— —— —— —— |
| 4 – – – – —— | ||
| PONCTUATION | ||
| POINT – – – – – – | VIRGULE – —— – —— – —— – —— | |
B) Signaux de service
Station ouverte: de jour (faire apparaître le bras ou un objet maintenu immobile); de nuit (feu fixe).
Appels: série de traits et de points alternés. Continuer jusqu'à ce que le correspondant réponde: «Invitation à transmettre».
Invitation à transmettre: B R (—— – – – – —— –)
Erreur: Faire une série de points (7 au moins).
Attente: A S (– —— – – –)
Fin d'un mot[31]: Donner le point.
Fin de transmission: A R (– —— – —— –) Changer la face du fanion: Employer le fanion: Élever un fanion et tourner plusieurs fois la main en changeant la face du fanion.
Couper la transmission: Trait prolongé.
Mauvais feu en vue: Couper la transmission, puis faire une série de points qui indiquent au correspondant de régler la direction de son feu, de vérifier si la lanterne est en bon état, si sa lampe brûle régulièrement. À mesure que la communication se rétablit, envoyer des séries de points de plus en plus précipités si le feu devient mauvais, de plus en plus lents dans le cas contraire jusqu'au moment où la communication peut reprendre. Envoyer alors le signal «Invitation à transmettre».
C) Signaux conventionnels
(Connus du plus grand nombre d'hommes possible)
| Munitions | lettre | M – – | répétée plusieurs fois. |
| Ennemi | — | E – | — |
| Infanterie | — | I – – | — |
| Cavalerie | — | C – – – – | — |
| Allonger tir artillerie | — | T – | — |
IX—Travaux de campagne et outils.
73. Qu'est-ce que la fortification du champ de bataille?
La fortification n'est qu'un moyen, ordonné par le chef, pour garantir momentanément sa troupe des coups de l'ennemi. Le but est toujours de rejoindre au plus tôt l'adversaire pour le chasser de la position qu'il occupe.
Les travaux, les abatis et les organisations défensives sont faits avec les outils ci-après[32]:
1o Outils portatifs d'une compagnie (pelle-pioche Seurre), au nombre de 185:
| Pelles-bêches (5 par escouade) | 80 | 185 | |
| Pelles-pioches Seurre (5 par escouade) | 80 | ||
| Haches à main (2 par section) | 8 | ||
| Serpes | (1 outil par escouade) | 12 | |
| Cisailles | 4 | ||
| Scie articulée | 1 | ||
Outils portatifs pour compagnie de chasseurs alpins:
- 4 haches portatives;
- 4 pics à tête portatifs;
- 8 serpes;
- 4 scies articulées;
- 4 bêches portatives;
- 4 pioches portatives.
et en supplément:
- 76 bêches portatives;
- 80 pelles-pioches;
- 8 haches portatives;
- 4 serpes;
- 4 cisailles.
Poids des outils emmanchés, avec étui:
| Pelle-bêche | 0 | kg | 830 |
| Pelle-pioche | 1 | 015 | |
| Hache à main | 1 | 570 | |
| Serpe | 1 | » | |
| Cisailles | 0 | 850 | |
| Scie articulée | 0 | 600 |
2o Chaque régiment d'infanterie est doté de deux voitures légères d'outils (1 par bataillon de chasseurs à pied) contenant chacune:
| 195 | outils de terrassiers | 130 | pelles rondes emmanchées; |
| 65 | pioches emmanchées (modèle du génie). | ||
| 19 | outils de destruction | 15 | haches ordinaires emmanchées; |
| 2 | scies passe-partout montées; | ||
| 2 | pinces. | ||
| 1 | caisse d'outils d'ouvriers d'art chargée; | ||
| 30 | manches de pelle (de rechange); | ||
| 20 | manches de pioche-pic ou hache (de rechange). | ||
Les bataillons alpins reçoivent une dotation spéciale en outils portatifs et en outils de grand modèle; ces derniers sont chargés sur des mulets de bât.
Dans un régiment d'infanterie, l'une des voitures d'outils porte 108 pétards modèle 1886, l'autre 46 détonateurs.
74. Le soldat peut-il agir de sa propre initiative pour se couvrir?
Oui, le soldat doit faire preuve d'initiative individuelle, lorsque l'ordre est donné de se couvrir sur place. Les quelques figures suivantes (qu'il faut étudier) serviront de guides et suffiront à montrer au soldat ce qu'il peut faire avec son outil soit seul, soit à deux avec son camarade de combat.
Il ne faut jamais hésiter, soit à renoncer à la protection que procure la fortification, soit à l'abandon des installations déjà créées pour en recommencer de nouvelles ailleurs lorsque les conditions du combat l'exigent.
Construction et utilisation d'une tranchée par deux camarades de combat
75. Exemples d'aménagements individuels établis derrière des arbres, arbustes ou branchages
1o Tronc, fagot ou branchages ne dépassant pas 30 centimètres au-dessus du sol.
| Utilisation du couvert sans aménagement | ||
| Amélioration progressive du couvert: | 1re période | |
| 2e période | ||
2o Tronc, fagot ou branchages dépassant 30 centimètres au-dessus du sol.
1re période. Organiser un masque de terre à droite et contre le couvert
| Amélioration progressive du couvert: | ||
| 2e période | ||
| 3e période | ||
76. Exemples d'aménagements individuels derrière des pierres
1o Amas de pierres ne dépassant pas 30 centimètres au-dessus du sol.
| 1re période | |
| 2e période |
2o Pierres isolées, bornes ou tas de pierres ayant plus de 30 centimètres de hauteur.
| Aménagement pour tirer à droite du couvert. (Passer par l'aménagement progressif) |
||
| Aménagement pour tirer par-dessus le couvert | 1re période | |
| 2e période | ||
Observation générale à toute manœuvre.
Dans toute manœuvre et dans toute opération, un des premiers devoirs des gradés et de tout soldat isolé ou à une aile est de rester en communication constante avec le chef en arrière, puis de se mettre en relation, par un contact réel, avec les fractions placées à droite et à gauche.
Les soldats doivent toujours songer à mettre en pratique ces prescriptions lorsqu'il y a lieu, et être rompus à la communication et à la transmission des ordres.
Malgré leur dispersion, les hommes et les troupes, coopérant à une même manœuvre, doivent faire un tout absolument articulé. Les transmissions et les contacts doivent se faire avec rapidité et exactement.
77. Exemple d'exécution d'une tranchée par deux camarades de combat
| Légende. | s | Sacs. |
| f | Fusil du camarade de combat prêt à tirer. | |
| A B | Emplacement d'un des camarades de combat. | |
| C D | Idem. | |
| F F' F'' | Fouilles. |
| Conduite du travail | |
| 1re Période.—Le tireur A B, étendu derrière son sac, creuse avec sa bêche à sa droite en F et rejette les terres entre son sac et celui de son camarade C D, qui, couché, est prêt à tirer. | |
| 2e Période.—Le tireur A B se couche dans son excavation F et reste prêt à tirer pendant que son camarade C D creuse à son tour à sa droite en F et prolonge la masque de terre commencé. | |
| 3e Période.—Le tireur A B travaille à nouveau, creuse le sol en F'' entre F et F' et épaissit le masque de terre. Pendant ce temps, le camarade C D est prêt à tirer dans son excavation F', ayant rapproché son sac de son côté. | |
| 4e période et suivantes.—Les deux camarades de combat travaillent et tirent alternativement; ils se redressent peu à peu à mesure que l'abri, donné par le masque de terre et le trou de la fouille, augmente de hauteur. | |
78. Modèles de tranchées faites par un groupe de soldats
Tranchée pour tireur assis
Tranchée pour tireur à genoux.
Observation pour le tirailleur.—Les camarades de combat doivent toujours rester l'un près de l'autre.
Au combat, il faut toujours viser, employer la hausse convenable et ne pas gaspiller ses cartouches.
La poudre sans fumée, qui permet d'atteindre l'ennemi sans se laisser voir, assure au tirailleur qui sait utiliser le terrain des effets de démoralisation très puissants sur son adversaire.
Défenses accessoires.—Elles ont pour but: 1o de barrer certains passages à l'ennemi; 2o de retarder sa marche, pendant qu'il est sous le feu, par des obstacles, tels que réseaux de fil de fer, abatis d'arbres et de branches reliées entre elles, barricades, inondations, rupture de ponts, etc.
Terrain fortifié—Utilisation de la tranchée.
X—Services divers.
Convois.
79. À quoi servent les convois en campagne?
Ils ont pour objet le transport des cartouches, des outils, de l'argent, des subsistances, des effets d'habillement et d'armement, des malades, des prisonniers, etc.
80. Quelles sont les voitures employées à ces transports?
Un régiment d'infanterie de campagne, c'est-à-dire de trois bataillons, a: 14 voitures à vivres et à bagages; 12 voitures à munitions; 13 voitures-cuisines roulantes[33]; 1 voiture-forge; 3 voitures à viande; 3 médicales; 2 voitures légères d'outils; 13 fourgons à vivres.
L'ensemble des voitures d'un corps de troupe d'infanterie se subdivise en train de combat et train régimentaire.
Le train de combat suit immédiatement le corps et comprend les:
Voitures à munitions;
Voitures à vivres et bagages;
Cuisines roulantes[33] (avec voitures à viande);
Voitures médicales;
Caissons à munitions des sections de mitrailleuses (type mixte);
Mulets porteurs de munitions des sections de mitrailleuses (type alpin);
Voitures légères d'outils.
Nota.—Les autres voitures forment le train régimentaire qui marche plus en arrière (13 fourgons à vivres et 1 forge).
81. Quels sont les chargements des voitures à vivres et à bagages et des voitures de munitions?
1o Voiture à vivres et à bagages.—On y place: les vestes ou vareuses contenues dans 16 enveloppes, 1 jour de vivres de réserve pour officiers et troupe, 1 jour d'avoine de réserve et l'avoine du jour, 1 jour d'eau-de-vie, les caisses à bagages (ou ballots) d'officiers et adjudants, 1 cantine à vivres pour officiers, 16 baguettes en laiton, trousses pour tailleurs et cordonniers, boîtes à livrets et comptabilité, musette de pansage et ferrures de réserve, l'arme et le sac du conducteur, les sacs de l'infirmier, du cycliste, téléphoniste.
2o Voitures à munitions.—Elle porte 32 cartouches par homme de la compagnie, plus 16.384 cartouches et 200 musettes à bretelles pour le transport des cartouches sur la ligne de feu.
Service de santé.
82. Comment est assuré le service de santé en campagne et sur le champ de bataille?
Il est assuré d'abord par les médecins des corps, assistés des infirmiers (1 par compagnie) et des brancardiers (4 par compagnie): ils établissent des postes de secours sur le champ de bataille[34]. Viennent ensuite les ambulances, les hôpitaux de campagne et les transports d'évacuation. Les aumôniers des cultes marchent avec les ambulances.
Convention de Genève.
83. Les établissements où sont soignés les militaires, les voitures d'ambulance et le personnel du service de santé sont neutralisés. Le personnel a le brassard blanc à croix rouge, les voitures et établissements un drapeau blanc à croix rouge et le drapeau national.
Services divers.
84. La trésorerie, les postes et les télégraphes fonctionnent aux armées par les soins des agents ordinaires de ces services qui sont mobilisés et organisés en sections.
La direction générale des chemins de fer est sous l'autorité de l'État-major général de l'armée.
CHAPITRE X
TRANSPORT DES TROUPES PAR LES VOIES FERRÉES
85. Quelle est l'importance pour les troupes des exercices d'embarquement en chemin de fer?
En cas de mobilisation, presque toutes les troupes auront à faire usage des chemins de fer pour être transportées sur les points de concentration des armées; il faudra à ce moment beaucoup d'ordre et de rapidité, c'est pourquoi l'instruction donnée à ce sujet est importante.
86. Comment voyagent les troupes en temps de guerre ou de manœuvre?
Les troupes voyagent ordinairement dans des trains spéciaux comprenant un effectif variable de 1.000 à 1.200 hommes environ, avec les chevaux et les voitures du détachement.
87. Quelles sont les voitures dans lesquelles sont embarqués les hommes et quelles sont les contenances déterminées?
On emploie pour le transport des hommes soit des voitures à voyageurs, soit des wagons à marchandises aménagés avec des bancs mobiles spécialement préparés pour cet usage.
Dans les voitures à voyageurs, on place 8 hommes par compartiment au lieu de 10, les deux places restantes étant destinées au rangement des armes, des sacs et des effets.
Les wagons aménagés comprennent 32, 36 ou 40 hommes suivant la longueur du wagon.
En cas de nécessité, on peut faire usage de tous les wagons disponibles, de quelque nature qu'ils soient, aménagés ou non.
Wagon à voyageurs.
88. Comment fractionne-t-on la troupe?
Avant d'arriver sur l'emplacement du train, on fractionne la troupe par wagon, selon la contenance de chaque voiture. Tout le monde rentre dans le rang et on conserve les places des hommes de l'escouade qui rejoindront (tambours, clairons, ordonnances, équipe d'embarquement, etc.).
La troupe est ensuite conduite par quatre devant les wagons, où le sous-officier chef de wagon fait le fractionnement par compartiment et désigne les chefs de compartiments.
89. Comment se fait l'embarquement dans les voitures à voyageurs?
Le fractionnement se fait par 8 hommes par compartiment (2 files de 4 hommes); le chef de compartiment et l'autre chef de file montent sans sac et sans fusil; ils reçoivent d'abord les huit fusils, qui sont placés dans les filets s'il en existe; sinon, contre la paroi opposée à l'entrée; on les maintient avec une courroie de sac liée à deux pitons qu'on visse dans la paroi contre les deux fusils extrêmes et à 5 centimètres au-dessous de l'embouchoir.
Les sacs sont ensuite passés un par un et placés 3 sur la banquette en face des fusils, 1 contre les crosses des 8 fusils et 4 sous les bancs.
Les hommes entrent alors, sur l'ordre du chef de compartiment.
90. Comment se fait l'embarquement dans les wagons aménagés?
Ces wagons peuvent être considérés d'après le dispositif des bancs comme ayant quatre compartiments; le fractionnement par groupe ou par compartiment se fait ainsi:
8 hommes pour les wagons de 32 hommes (2 files de 4 hommes);
9 hommes pour les wagons de 36 hommes (1 file de 4 et 1 de 5 hommes);
10 hommes pour les wagons de 40 hommes (2 files de 5 hommes).
On opère comme ci-dessus pour le passage des sacs et des fusils; ceux-ci sont fixés avec une courroie et avec des pitons contre la paroi du fond (petits côtés du wagon), les crosses étant sur le plancher.
Les sacs sont empilés contre la même paroi à côté et contre les fusils.
91. Quand commence l'embarquement des hommes?
Au signal donné par la sonnerie «En avant».
92. Quelles sont les mesures de police et de sécurité qu'il faut observer?
Il est interdit:
1o De passer la tête ou les bras hors des portes, portières ou volets d'aération;
2o De procéder pendant la marche à l'ouverture des portes, portières et volets d'aération ou à la fermeture desdits volets;
3o De passer d'une voiture dans une autre;
Wagon aménagé.
4o De pousser des cris, de chanter et de siffler;
5o De descendre des voitures aux stations avant les sonneries qui doivent en donner le signal;
6o De fumer dans les wagons à chevaux;
7o De jeter hors des wagons des objets quelconques et notamment des bouteilles pouvant blesser les agents service sur la voie.
Les chef de wagon responsables sont tenus de faire respecter ces prescriptions.
93. Comment sont faites les haltes?
Les haltes de dix à quinze minutes sont annoncées par la sonnerie «Halte-là». Les hommes peuvent descendre et ils doivent remonter dès la sonnerie «En avant» faite trois minutes avant la marche du train.
Les sentinelles de la garde de police indiquent les endroits où il ne faut pas aller.
94. Quelles prescriptions doivent observer tous les hommes pour reconnaître leur wagon et pour éviter toute erreur?
Il importe que chaque homme connaisse le numéro de son wagon et de son compartiment. D'ailleurs, les numéros des compagnies sont inscrits à la craie sur les voitures.
95. Comment les hommes sont-ils nourris pendant les transports en chemin de fer?
Pendant les transports de concentration, les hommes reçoivent:
1o De l'administration militaire, avant le départ et pour toute la durée du trajet: 375 grammes de pain, 100 grammes de conserves de viande assaisonnée par période de douze heures ou inférieure à douze heures (les boîtes sont de 300 grammes);
2o De l'ordinaire, un repas toutes les vingt-quatre heures composé de viande froide, de charcuterie, de fromage ou d'autres denrées[35];
3o Un quart de café chaud, distribué dans les stations-haltes-repas par période de douze heures.
En outre, dans ces stations-haltes-repas, les hommes peuvent remplir leurs bidons d'une boisson préparée en mélangeant 25 centilitres d'eau-de-vie dans 10 litres d'eau.
96. Comment les distributions sont-elles faites dans les stations-haltes-repas?
On sonne «la soupe», les fourriers descendent avec deux hommes par wagon et ils reçoivent de l'officier d'administration le café, la boisson préparée et, s'il y a lieu, les vivres destinés à la compagnie; la répartition aux hommes est faite dans les wagons; les hommes ne peuvent descendre qu'après cette répartition.
97. Quels sont en outre les vivres qui accompagnent les hommes?
1o Les petits vivres du sac, auxquels il ne faut pas toucher pendant le trajet;
2o Deux jours de pain de débarquement pour l'arrivée. Ce pain est placé dans un fourgon du train.
98. Comment se fait l'embarquement des chevaux et des voitures?
Chaque détachement embarque avec lui dans des wagons ou sur des trucs ses chevaux et ses voitures. Ce travail est fait par les équipes d'embarquement des compagnies (1 caporal et 16 hommes par compagnie, une compagnie par bataillon fournit 1 sergent), qui sont dressées à ce service.
99. Comment se fait le débarquement d'un train militaire?
À la dernière halte avant l'arrivée, les hommes sont prévenus de se tenir prêts à descendre; ils rectifient leur tenue. Les gardes d'écurie brident les chevaux.
À la station d'arrivée, on sonne «la marche du régiment», et le débarquement se fait par les moyens inverses à l'embarquement, mais sans bruit et avec le plus de rapidité possible.
100. Quelles attentions doit-on avoir au moment de descendre?
Il faut:
1o Abaisser les glaces des portières;
2o En descendant, tenir à la main son fourreau de sabre;
3o Éviter d'appuyer son arme contre les voitures du train, qui peuvent à tout moment être ébranlées par un mouvement de la locomotive.
CHAPITRE XI
LA MOBILISATION
101. Qu'est-ce que la mobilisation?
La mobilisation est le passage du pied de paix au pied de guerre.
102. Qu'entend-on par troupes de couverture?
Ce sont celles qui, pendant le temps nécessaire à la mobilisation et à la concentration de nos armées, sont prêtes dès la première heure, couvrent notre mobilisation, luttent avec ardeur et énergie, résistent à l'ennemi et s'opposent à toute incursion sur le territoire national. C'est une des plus nobles missions.
103. Que fait le soldat à l'annonce de la mobilisation?
Dès qu'elle est ordonnée, le soldat reçoit du magasin de la compagnie des effets de la collection de guerre, préparés d'avance et étiquetés à son nom. Il prend la tenue de campagne et prépare son chargement qui a été réduit au strict nécessaire pour diminuer le poids.
Puis il fait avec ordre et ponctualité les nombreuses corvées qui se présentent à ce moment.
104. Que deviennent les effets non emportés en campagne?
Tous les effets non emportés en campagne par la compagnie sont versés au magasin du corps pour servir à différentes formations et au dépôt du régiment. Chaque homme fait un petit ballot de ses effets personnels qui ne doivent pas être emportés.
105. Comment se forma la compagnie sur le pied de guerre?
L'effectif d'une compagnie est porté à 250 hommes.
Les escouades se dédoublent: la 1re forme les 1re et 2e escouades, la 3e forme les 3e et 4e, etc., soit seize escouades (quatre par section).
La compagnie et les escouades sont complétées en cadre et en hommes par les réservistes affectés à la compagnie, qui rejoignent suivant les ordres du fascicule de leurs livrets. Dès leur arrivée, ils sont habillés et équipés: leurs effets et leurs armes sont préparés dans les magasins.
Le régiment de campagne est formé de 3 bataillons (12 compagnies).
4o DEVOIRS DU SOLDAT
DANS SES FOYERS
APRÈS SA
LIBÉRATION DU SERVICE ACTIF
CHAPITRE XII
La loi du service militaire est du 21 mars 1905 modifiée le 7 août 1913. Elle prescrit ce qui suit pour les soldats dans leurs foyers, après le service actif:
Affectation.
1. Dans ses foyers, le militaire est affecté à un corps ou à un service. Cela lui est indiqué en détail sur le fascicule de mobilisation qui est placé à son livret individuel.
2. Les militaires dans leurs foyers sont sous l'autorité du commandant du bureau du recrutement de la subdivision de leur domicile, c'est à lui qu'ils adressent leurs demandes, par l'intermédiaire de la gendarmerie, qui transmet.
Les principales demandes qu'un militaire dans ses foyers peut avoir à faire sont au sujet des périodes d'instruction, de prolongation, de sursis, de devancement d'appel, de dispense de période d'instruction, des changements de domicile ou de résidence, de maladies qui nécessitent la réforme.
3. L'homme, en quittant le régiment, se retire en principe dans sa subdivision d'origine: où il a passé le conseil de révision.
L'autorité militaire doit toujours connaître le lieu où se trouve le militaire dans ses foyers.
Changements de résidence et de domicile.
4. On change de résidence lorsque l'on quitte momentanément le lieu que l'on habite pour aller occuper, pendant quelque temps, un autre lieu.
On change de domicile lorsque l'on quitte, sans l'idée de retour, le lieu que l'on habite pour aller définitivement ailleurs.
On est tenu de faire sa déclaration de changement de résidence ou de domicile au commandant de la brigade de gendarmerie de sa nouvelle résidence dans le délai d'un mois, étant porteur de son livret individuel.
Sont passibles de punitions disciplinaires, les militaires dans leurs foyers qui ont omis de faire à la gendarmerie ces changements de résidence ou de domicile.
Si l'on fait un voyage de plus de deux mois d'absence de chez soi, il faut aussi aviser la gendarmerie.
Obligations et périodes d'exercices.
5. 1o Les réservistes de l'armée active doivent accomplir (pendant leurs onze années de service dans la réserve) deux périodes: 1o une de vingt-trois jours; 2o une de dix-sept jours.
2o Les territoriaux (pendant leurs sept années de service), une période d'exercices de neuf jours.
3o Les militaires de la réserve de la territoriale (pendant sept ans) sont assujettis à une revue d'appel (une journée au maximum).
En principe, les réservistes de l'infanterie sont convoqués pour le premier appel (vingt-trois jours), à l'époque des manœuvres d'automne; ceux du deuxième appel (dix-sept jours), dans des camps d'instruction, au printemps.
Sont appelés les années de millésime pair ceux affectés au premier régiment de chaque brigade et aux bataillons de chasseurs de numéros pairs; et sont appelés les années de millésime impair, ceux affectés au deuxième régiment de chaque brigade et aux bataillons de chasseurs de numéros impairs.
Maladie et réforme.
6. Le militaire dans ses foyers qui, par suite d'une maladie ou d'un accident, devient impropre soit au service militaire armé, soit au service auxiliaire, doit immédiatement, dès que le fait s'est produit, en informer l'autorité militaire.
À cet effet, l'homme en fait la déclaration au commandant de la brigade de gendarmerie, qui la transmet, avec une enquête sommaire, appuyée d'un certificat médical, au commandant du bureau de recrutement.
Le commandant de recrutement envoie au militaire une convocation indiquant le jour, l'heure et le lieu où il devra se présenter devant la commission de réforme. Cette convocation donne droit au tarif militaire sur les chemins de fer pour aller au lieu de convocation et pour le retour, si le titulaire est réformé.
Père de quatre et six enfants.
7. Les réservistes qui sont pères de quatre enfants vivants passent de droit et définitivement dans l'armée territoriale. Ils ne sont plus astreints qu'aux périodes de leur nouvelle classe de mobilisation.
Les pères de six enfants vivants passent de droit dans la réserve de l'armée territoriale.
Le militaire qui se trouve dans un de ces deux cas fait une demande qu'il remet à la gendarmerie, en y joignant: 1o les actes de naissance des enfants; 2o un certificat de vie des enfants (le tout sur papier libre). Toutefois, ces hommes passés prématurément dans l'armée territoriale ou dans la réserve de l'armée territoriale sont maintenus dans l'armée jusqu'à l'expiration des vingt-cinq années exigées par la loi.
Convocation. Départ. Heure d'arrivée.
8. Les convocations sont faites au moyen d'un ordre d'appel individuel qui comporte un récépissé que l'intéressé retourne gratis, par la poste, au commandant de recrutement.
Pour fixer le jour et l'heure de l'arrivée à destination, on admet que l'homme convoqué quitte sa résidence le premier jour de la période à la première heure, et on tient compte des journées de route auxquelles lui donnent droit les distances à parcourir et les facilités de communication dont il dispose.
Les règles pour la fixation de l'heure d'arrivée sont les suivantes:
1o Hommes obligés d'utiliser la voie de terre pour rejoindre leur corps
9. Les heures d'arrivée sont basées sur la distance du domicile (ou de la résidence déclarée) jusqu'au corps d'affectation:
On doit arriver le premier jour,
| à | 8 | heures | du | matin | pour les trajets de | 0 | à | 12 | kilom. |
| à | 10 | — | — | — | 12 | à | 20 | — | |
| à midi | 20 | à | 24 | — | |||||
Le deuxième jour,
| à | 8 | heures | du | matin | pour les trajets de | 24 | à | 36 | kilom. |
| à | 10 | — | — | — | 36 | à | 44 | — | |
| à midi | 44 | à | 48 | — | |||||
2o Hommes ayant à leur disposition la voie ferrée pour rejoindre leur corps
10. Ces hommes doivent prendre, en principe, le premier train de la journée susceptible de les amener à destination.
Ils obtiennent le quart du tarif sur les chemins de fer, sur la présentation de leur ordre d'appel.
Sont toutefois autorisés à prendre:
a) Des trains entre 8 heures et midi, les hommes ayant à effectuer à pied, pour se rendre de leur domicile ou de leur résidence déclarée à la gare de départ, un trajet compris entre 8 et 20 kilomètres;
b) Des trains entre midi et 6 heures du soir, si ce trajet est compris entre 20 et 24 kilomètres;
c) Le premier train du deuxième jour, si ce trajet est supérieur à 24 kilomètres.
On doit se présenter à son corps dès l'arrivée dans son lieu de garnison.
L'homme à son départ doit être muni de son livret individuel et de son ordre d'appel.
Nota.—L'ordre d'appel peut être utilisé dans un délai de trois jours avant la date fixée pour l'arrivée au corps; il peut également servir deux jours après la date du retour, mais avec une autorisation spéciale du chef de corps.
11. Le militaire doit n'emporter que les effets nécessaires à son voyage et ne prendre comme bagage que le linge qui lui est nécessaire pour le temps de sa période, s'il veut faire usage de son linge personnel.
Comme chaussures, si le militaire a la possibilité de le faire, il est bon qu'il se munisse d'une bonne paire de brodequins larges, déjà brisés, se rapprochant du modèle réglementaire. Ce sera pour lui une garantie pendant les marches.
Sinon, il reçoit à son arrivée au corps du linge et dès chaussures.
Il est bon que le réserviste ou le territorial arrive à son corps avec les cheveux coupés court. Il est libre de porter sa barbe comme il le fait ordinairement.
12. Le militaire qui vient accomplir une période d'exercices doit arriver à son corps avec la dignité qui convient a un homme qui accomplit un des plus importants de ses devoirs de citoyen.
Il faut donc qu'il se présente exactement a l'heure indiquée, étant propre, convenablement vêtu et surtout n'étant pas pris de boisson.
Le devoir est de travailler consciencieusement pendant les périodes, pour se maintenir à la hauteur de la tâche qu'on peut avoir à remplir le jour, peut-être prochain, où les réserves seraient rappelées pour soutenir l'honneur du drapeau et pour défendre le territoire de la France.
13. Il importe de reprendre, pendant ces quelques jours, la vie militaire en entier, sans chercher à se soustraire à aucun service, de prendre les repas à l'ordinaire avec tous les soldats, au nom de l'égalité qui existe au régiment où chacun travaille pour le même but, pour le même idéal: la défense du pays et la grandeur de la Patrie.
Secours aux familles.
14. Les familles des hommes de la réserve et de la territoriale qui, au moment de leur convocation, remplissent effectivement les devoirs de soutien indispensable de famille, peuvent recevoir une allocation fournie par l'État pendant la durée de la période. Cette allocation, fixée à 1f 25, sera majorée de 50 centimes pour chaque enfant de moins de seize ans à la charge de l'homme convoqué.
L'homme devra faire, dès qu'il est avisé de sa convocation, une demande écrite au maire, en y joignant:
1o Un relevé des contributions payées par le réclamant ou ses ascendants, certifié par le percepteur;
2o Un état certifié par le maire indiquant le nombre et la position des membres de la famille vivant sous le même toit ou séparément, le revenu et les ressources de chacun d'eux.
Indemnités relatives aux convocations.
15. Pour l'aller, les convoqués ont droit à l'indemnité kilométrique en chemin de fer, partout où existe ce mode de transport et quelle que soit la distance à parcourir.
Lorsque leur arrivée normale (d'après les règles données plus haut) a lieu après midi, ils ont droit en outre à l'indemnité journalière spéciale de 1f 25 par journée de route.
Les réservistes qui arrivent le premier jour, avant midi, c'est le cas général, ont droit à la solde le jour de l'arrivée et ils sont nourris par l'ordinaire dès l'arrivée.
Pour le retour, ils ont droit à l'indemnité kilométrique en chemin de fer, comme pour l'aller. Ils ont droit à l'indemnité journalière spéciale de 1f 25, pour toute journée ou fraction de journée d'une durée de plus de six heures à passer en voyage. L'indemnité n'est pas due pour le jour du départ, si ce jour-là l'homme a pu prendre ses deux repas au corps.
Périodes des hommes à l'étranger.
16. Les hommes fixés à l'étranger et qui y ont une situation régulière, peuvent, sur l'avis du consul de France, être dispensés des manœuvres ou exercices; ils sont considérés comme ajournés jusqu'à leur rentrée en France.
Toutefois, ceux qui résident dans un pays limitrophe de la frontière, peuvent, sur leur demande, être convoqués pour accomplir une période; au commencement de l'année, les commandants de recrutement les avisent que leur classe est normalement convoquée dans l'année.
Dispenses de périodes.
17. 1o Sont dispensés de la première période dans la réserve, les hommes qui ont accompli intégralement et jour pour jour quatre années au moins de service actif ou une période de séjour aux colonies, qui ont obtenu la médaille coloniale au titre de l'Algérie, de la Tunisie ou du Sahara, qui ont pris part à des colonnes mentionnées sur les états de service, qui ont séjourné en Chine ou à Casablanca et qui ont pris part à des opérations sur la frontière algéro-marocaine.
2o Sont dispensés des deux périodes d'exercices de la réserve, ceux ayant accompli au moins cinq ans de service.
Sont dispensés de la période de neuf jours d'exercices des territoriaux:
Les sapeurs-pompiers des communes lorsqu'ils sont inscrits depuis au moins cinq ans sur les contrôles des corps de sapeurs-pompiers régulièrement organisés.
Ajournements. Devancements d'appel. Changements de série.
18. Aux termes de la loi, les militaires des réserves convoqués pour une période ou un exercice spécial ne peuvent obtenir aucun ajournement, sauf en cas de force majeure et dûment justifiée[36]. Les ajournés seront rappelés, pour une période absolument similaire, soit l'année suivante, soit deux ans après; dans les corps qui ont des appels échelonnés, on peut les changer de série.
Des devancements d'appel peuvent être accordés:
1o Pour la même année, aux hommes appartenant à des corps dans lesquels ont lieu des convocations par séries ou par appels échelonnés;
2o À titre tout à fait exceptionnel, pour une des années précédentes, à la condition d'accomplir une période identique à celle pour laquelle les réservistes ou territoriaux auraient été convoqués, s'ils appartiennent à des corps qui ne font qu'un seul appel.
Demandes qui peuvent être faites.
19. Les hommes des corps dans lesquels ont lieu des appels échelonnés ou par séries, qui doivent être convoqués dans l'année, peuvent, après la pose des affiches, demander directement à leur chef de corps ou de service, à être appelés aux époques de l'année qui conviennent le mieux à leurs intérêts.
On peut encore faire cette demande au moment où on reçoit sa convocation (devancement d'appel ou changement de série).
Les réservistes d'infanterie astreints au premier appel (23 jours), qui estiment que la convocation normale pendant les manœuvres d'automne serait pour eux une cause de préjudice réellement par trop grave, doivent remettre à la gendarmerie, avant le 15 juin, une demande motivée et justifiée adressée à leur chef de corps en vue de ne pas être compris dans cette convocation.
Les demandes transmises après le 15 juin ne sont plus examinées, à moins de cas extraordinaires se produisant brusquement.
À titre exceptionnel, les chefs de corps peuvent faire un appel supplémentaire à la fin de l'année, dans lequel seront convoqués tous ceux qui, ayant des raisons graves et très sérieuses, ont été autorisés à ne pas faire leur période au moment où ils étaient convoqués.
Remise des demandes.
20. Pour les ajournements, les devancements d'appel et les changements de série, les intéressés remettent leur demande motivée et établie à l'adresse du chef de corps ou de service à la brigade de gendarmerie de leur résidence.
Changement de destination.
21. Il ne peut être accordé aucun changement de destination.
Fascicule de mobilisation.
22. Le fascicule de mobilisation est un ordre permanent placé entre les mains de chaque militaire dans ses foyers.
Les ordres qu'il renferme doivent être toujours présents à la mémoire du titulaire, qui devra les exécuter ponctuellement au jour de la mobilisation.
Tout militaire dans ses foyers doit toujours prévoir l'éventualité d'un départ, selon les prescriptions de son fascicule.
Le fascicule, en papier fort, comprend quatre pages seulement.
La première page donne: la classe de mobilisation, le corps d'armée, la subdivision et le numéro de l'homme au contrôle spécial du recrutement, ses noms, son grade et son domicile, puis le régiment, le bataillon, la compagnie (l'escadron ou la batterie) auxquels le militaire est affecté.
La deuxième page donne, en tête, un avis très important pour l'homme absent de son domicile au moment d'une mobilisation; cet avis lui indique le jour de la mobilisation auquel il doit se présenter avant 9 heures du matin, à la gare la plus voisine de sa résidence, pour rejoindre directement le lieu désigné.
Cet avis est un ordre.
La troisième page, c'est l'ordre de route pour le cas de mobilisation.
Le titulaire du fascicule doit le connaître en tout temps; à l'annonce de la mobilisation, il doit le relire avec attention et se conformer minutieusement à toutes les indications qu'il donne relativement aux routes à suivre, aux gares à employer, au jour et à l'heure auxquels il doit se présenter à son lieu de mobilisation. Il faudra obéir aux prescriptions de cet ordre d'une façon complète: c'est une nécessité absolue et c'est en même temps un acte de patriotisme.
Le militaire doit emporter des vivres selon les indications de son fascicule.
La quatrième page du fascicule est un procès-verbal d'échange du fascicule, qui est signé par l'intéressé au moment où on lui remet un autre fascicule.
Sociétés de préparation militaire S. A. G.
Le Gouvernement favorise l'action si patriotique des sociétés de préparation militaire S. A. G. Ces sociétés font faire aux jeunes gens de la gymnastique et du tir et les rendent aptes à obtenir, avant le service, le brevet d'aptitude militaire.
Le ministre recommande aux militaires et surtout aux gradés, après leur service actif, d'encourager partout ces sociétés et d'en faire partie comme instructeurs; ce sera une bonne action dont ils pourront être récompensés.
Le jour de la mobilisation.
23. Le jour où la mobilisation sera ordonnée, ce sera le grand jour. Les cœurs, pleins d'espoir, devront battre avec fierté! Chaque Français se rendra à son poste, toutes les forces vives de la nation se consacreront à la défense du territoire.
La grande machine militaire devra fonctionner; le cœur, l'énergie et la volonté de tous en sont les principaux rouages.
Le réserviste et le territorial dans leurs foyers doivent toujours se préparer à une mobilisation probable et habituer leur famille à cette idée: le départ sera plus facile.
Tout homme devra alors suivre scrupuleusement les indications du fascicule de son livret, arriver à l'heure exacte à sa destination, être calme, résolu et confiant.
Cette rigoureuse exactitude sera un acte de grand patriotisme!
Nos ennemis constateront alors ce que peuvent les Français lorsqu'ils veulent.
Pour vaincre, il ne faut pas seulement des armes et des engins, mais il faut surtout des hommes et des cœurs!
Nota important.—Les devoirs des militaires dans leurs foyers ont besoin d'être traités d'une façon encore plus complète que ci-dessus, il faut donner tous les cas qui peuvent se présenter. C'est pourquoi l'auteur en a fait l'objet d'une brochure spéciale ayant pour titre:
Le Livre du Soldat dans ses foyers
Ce livre est nécessaire à tout soldat avant sa libération. Il l'emportera chez lui en le plaçant dans son livret individuel. Il y trouvera toujours ce qu'il a à faire dans les différents cas de sa vie militaire étant dans ses foyers.
En nombre Prix: 25 centimes
Par unité 30 centimes
À la librairie militaire Berger-Levrault, à Nancy.
APPENDICE I
ORGANISATION ET COMPOSITION DE L'ARMÉE
La compagnie a 8 escouades; l'escouade est commandée par un caporal. Deux escouades forment une section commandée par un sergent; deux sections forment un peloton commandé par un lieutenant ou sous-lieutenant; deux pelotons forment une compagnie.
Le régiment a 3 bataillons (8 régiments à 4 bataillons); chaque bataillon a 4 compagnies; les compagnies du régiment sont numérotées de 1 à 12 ou de 1 à 16. La section hors rang comprend les sapeurs, des ouvriers, des secrétaires et la musique.
Le bataillon de chasseurs à pied est ordinairement à 4, 5 ou 6 compagnies, 1 groupe cycliste, chaque compagnie a 12 escouades.
Groupement des régiments.—2 régiments d'infanterie forment une brigade, 2 brigades font une division à laquelle est rattachée un régiment d'artillerie, un escadron de cavalerie divisionnaire et un détachement du génie. Deux divisions forment un corps d'armée.
La cavalerie forme 10 divisions de 3 ou 4 brigades, chaque division a 1 groupe d'artillerie à pied et 1 groupe cycliste de chasseurs à pied.
Un corps d'armée normal comprend:
Divers états-majors, 2 divisions d'infanterie (4 brigades, 8 régiments), la cavalerie nécessaire, 1 brigade d'artillerie qui détache des groupes avec les divisions d'infanterie, 1 bataillon du génie, 1 escadron du train des équipages, 1 parc d'artillerie de corps, 1 section de secrétaires d'état-major et du recrutement, 1 section de commis et ouvriers militaires d'administration, 1 section d'infirmiers.
Il y a en France 20 corps d'armée, y compris l'Algérie.
Les troupes métropolitaines comprennent:
Les troupes coloniales comprennent: