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La cathédrale de Strasbourg pendant la Révolution. (1789-1802)

Chapter 32: XXIX.
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About This Book

The study surveys the political and religious fate of Strasbourg's cathedral over the revolutionary years 1789–1802, tracing conflicts between refractory and oath‑sworn clergy, municipal decisions, and popular pressures that produced profanation, removal of ornamentation and liturgical objects, and temporary reuse as storage, military space and revolutionary cult sites dedicated to Reason and the Supreme Being, before its return to Christian worship. Drawing on municipal minutes, society records, pamphlets and archival papers, it reconstructs institutional measures, public passions and isolated acts of citizen intervention that shaped the building's material and moral history during the crisis.

[Note 671: Guerber, Liebermann, p. 165.]

[Note 672: Guerber, Liebermann, p. 166-167.]

Le culte était encore libre à ce moment, c'est-à-dire que le clergé n'avait point d'investiture officielle et ne jouissait d'aucun traitement assigné par l'Etat. Les frais du culte et l'entretien du clergé étaient couverts à Strasbourg par des collectes volontaires faites à domicile. Mais les arrangements arrêtés l'année précédente entre le premier Consul et le Saint-Siège, et inopinément augmentés, au grand émoi de ce dernier, par les fameux soixante-dix-sept Articles organiques, allaient recevoir enfin force de loi. Parmi les questions soulevées à cette occasion, l'une des plus graves avait été la démission forcée d'un certain nombre d'évêques de France, trop compromis dans leur lutte en faveur de l'ancien régime, pour pouvoir réoccuper leurs sièges, et surtout aussi l'introduction dans le corps épiscopal d'un certain nombre des évêques constitutionnels. Bonaparte avait voulu récompenser de la sorte quelques partisans fidèles et symboliser en outre la fusion des deux clergés ennemis. Après de longues hésitations, le pape se soumit à ce douloureux sacrifice; le Concordat put être porté devant le Corps législatif, et, le 18 avril 1802, celui-ci le votait à une majorité énorme.

Le Concordat, augmenté des articles organiques, donnait en substance à Bonaparte un pouvoir autrement grand que celui que réclamait jadis la Constituante. Jamais celle-ci n'aurait songé à revendiquer la domination sur le clergé dans la mesure où nous la verrons s'exercer durant le Consulat et sous l'Empire. Le pape Pie VII accordait à la pression énergique et presque brutale d'un général heureux ce que le pape Pie VI avait refusé sans cesse aux sollicitations respectueuses du faible Louis XVI. C'est le premier Consul qui nomme dorénavant les évêques; le pape n'a plus qu'à leur donner l'institution canonique. Ces évêques prêtent le serment d'obéissance à l'Etat, et leurs prêtres aussi. Le pape et le clergé reconnaissent expressément la légalité de la vente des biens ecclésiastiques. Il y a plus; malgré les protestations du Saint-Père, le clergé de France reconnaît les articles organiques et règle sa conduite d'après les prescriptions de ces articles, non encore ratifiés par le Saint-Siège. On se demande vraiment à quoi bon cette longue et douloureuse résistance, si l'on devait finir pourtant par se soumettre avec une humilité si complète. Pourquoi donc a-t-on dépensé tant d'héroïsme à refuser ses prières à la République, si l'on devait aboutir à la rédaction de ce fameux "Catéchisme de l'Empire français", l'un des plus tristes produits du servilisme clérical et politique?

Parmi les départements de la République française, ceux de l'Alsace furent des plus mal partagés par le Concordat du 18 avril, et l'on comprend l'amertume de leur clergé militant à la nouvelle de ce qui se préparait pour eux dans le domaine ecclésiastique. Nous avons déjà dit que Rohan avait dû présenter sa renonciation au Saint-Siège. Il ne pouvait convenir au gouvernement de voir cet ancien prélat de cour, tristement immortalisé par les scandales du procès du Collier, cet ex-prince du Saint-Empire, remonter sur son siège, si mal rempli autrefois. Il continua donc de résider à Ettenheim, dans le margraviat de Bade, où il mourut le 17 février 1803[673]. Mais le choix de son successeur offrait de grandes difficultés, vu la disposition générale des esprits. Pour enrayer sans doute l'esprit de réaction des membres du clergé rentrés depuis peu dans le pays, pour y empêcher l'explosion de haines longtemps contenues chez ceux qui y avaient été si durement poursuivis, le gouvernement finit par arrêter son choix sur un des douze évêques schismatiques qu'il voulait adjoindre au corps épiscopal nouveau. L'ancien évêque du Haut-Rhin, qui depuis plusieurs années avait également remplacé Brendel, avait été désigné pour le siège d'Aix-la-Chapelle. Mais un homme, plus énergique encore que lui pour la cause du schisme, vint le remplacer en Alsace. Pierre Saurine, natif des Basses-Pyrénées, avait été nommé évêque constitutionnel des Landes en 1791, et fut, avec Grégoire, après la Terreur, un des plus actifs à reconstituer cette Eglise. Bonaparte le désigna pour le siège de Strasbourg, afin qu'il y tînt en respect un clergé qu'on supposait, non sans raison, fort tiède, au fond du coeur, pour le régime nouveau, et dont le gouvernement suspectait fortement les tendances politiques, acquises ou fortifiées pour beaucoup par de longues années de séjour sur le territoire des ennemis de la France[674]. Après un acte de soumission tout extérieur au Saint-Siège, Saurine fut délié, le 4 avril 1802, des censures ecclésiastiques. Le 9 avril déjà, le premier Consul le nommait évêque de Strasbourg; il recevait la confirmation pontificale le 29 avril, et, le 4 juin suivant, il arrivait dans sa nouvelle résidence.

[Note 673: Les bourgeois catholiques de Strasbourg organisèrent en son honneur, d'accord avec l'évêque Saurine, une cérémonie funèbre dans la Cathédrale tendue de noir et décorée des blasons des Rohan, comme au temps passé. (Boulay de la Meurthe, Dernières années du duc d'Enghien. Paris, 1886, p. 37.)]

[Note 674: Combien vivaces étaient ces soupçons de Bonaparte, c'est ce que montra bientôt après l'arrestation de Liebermann, accusé de complots royalistes et retenu longtemps captif à Sainte-Pélagie. Guerber, p. 189.]

On se préparait à l'y recevoir dans des dispositions d'esprit fort peu sympathiques. Certains notables catholiques avaient voulu, la veille même de la promulgation du Concordat, donner un libre cours à leur joie en faisant mettre en branle toutes les cloches de la Cathédrale, et des délégués des paroisses protestantes s'étaient joints à eux pour solliciter également le libre usage de leurs cloches, autorisé désormais par la loi nouvelle. Mais Laumond avait refusé d'accéder à leur demande et en avait avisé le nouveau maire, J. F. Hermann. Il avait cédé sur un point seulement, qui tenait beaucoup à coeur aux catholiques, en autorisant l'ancien receveur de Notre-Dame, le citoyen Daudet, devenu receveur des domaines nationaux, à faire enlever de la flèche de la Cathédrale le fameux bonnet rouge qui l'ornait depuis la Terreur[675]. Mais cet enthousiasme se changea bientôt en tristesse quand les catholiques de la ville apprirent qu'un évêque à peine sorti du schisme, et qu'on connaissait pour un homme d'un caractère entier, allait leur arriver de la capitale. Le mécontentement général fut tel qu'il fallut faire haranguer les fidèles par le plus populaire des orateurs religieux d'alors, l'abbé Joseph-Louis Colmar; dans un sermon, prêché à la Cathédrale le premier dimanche après Pâques, il invita ses auditeurs à recevoir avec soumission celui que le Saint-Père leur octroyait comme évêque[676].

[Note 675: Procès-verbaux de la municipalité, 27 germinal an X (17 avril 1802).—Le poète populaire Jean-Daniel Pack consacra à l'évènement une poésie allemande, imprimée chez Levrault, 1 p. 8°.]

[Note 676: Gloeckler, II, p. 103.]

Pierre Saurine arrivait à Strasbourg avec la ferme résolution de faire le calme dans les esprits, et de ne pas permettre que les prêtres qui avaient partagé sa manière de voir et rentraient eu même temps que lui dans les cadres officiels fussent sacrifiés aux pieuses rancunes du parti triomphant. Il ne voulait pas exiger de rétractation expresse des anciens prêtres constitutionnels et ne la leur extorqua jamais[677]. Il encourut ainsi, dès l'abord, les colères des membres du clergé qui s'étaient distingués, dans le passé, par leur dévouement religieux, mais aussi par leur antipathie contre le schisme. Dès après leur première audience, avant même que Saurine eut ouvert la bouche en public, leur jugement était arrêté sur son compte, et ce jugement était d'une dureté extrême. "Nous sommes perdus!" se seraient-ils écriés en sortant de l'antichambre épiscopale[678]. Pourquoi? Parce que, cruellement persécutés naguère, on ne leur permettait pas de persécuter à leur tour? Parce que, l'ordre étant rétabli dans l'Eglise, on exigeait quelque obéissance de ceux qui avaient pris la douce habitude de diriger et de commander au temps des dangers? Etait-ce parce que, dans l'Instruction adressée aux curés, vicaires et desservants de son diocèse, le nouvel évêque déclarait que les dissensions entre les prêtres étaient un véritable fléau et pour la religion et pour la société, et que les prêtres qui s'y livrent, même de bonne foi, sont indubitablement coupables[679]?

[Note 677: C'est seulement après 1814 que le fanatisme de la Restauration força les derniers débris de l'Eglise constitutionnelle à une abjuration solennelle ou à mourir sur la paille.]

[Note 678: Guerber, Liebermann, p. 171.]

[Note 679: Instruction adressée par l'évêque de Strasbourg aux curés, desservants et autres prêtres de son diocèse. Strasb., Levrault, 38 p. 8°. Ajoutons, pour être absolument impartial, qu'ils pouvaient avoir quelques griefs très légitimes, s'il est vrai, par exemple, que Saurine ait laissé prêcher à la Cathédrale un ancien capucin, le P. André, qui, pendant la Terreur, prêchait en bonnet rouge dans les clubs, comparant Jésus-Christ à Robespierre et Marat.]

Nous ne nous chargerons pas de décider lesquels de ces motifs, ou quels autres, guidèrent les meneurs de l'ancien clergé non-jureur dans leur attitude hostile à leur supérieur ecclésiastique. Nous devons constater seulement, d'après un témoignage indiscutable, que cette hostilité ne désarma point dans la suite et qu'elle poussa, par exemple, Liebermann à rédiger des factums anonymes contre son propre évêque, reconnu par le Saint-Père[680]. Un de ces pamphlets que nous venons de parcourir, et dans lequel les évêques constitutionnels sont traités "d'écume du clergé de France", nous présente un tableau vraiment curieux de l'état d'esprit de certains prêtres au lendemain du Concordat. Si cela ne nous éloignait trop du sujet plus limité de cette étude, il faudrait citer ces élans lyriques à "Bonaparte, héros de la France", qu'on conjure "d'éloigner des rives paisibles du Rhin ces hommes dangereux que la cabale des jacobins a su mettre encore en avant pour fomenter les troubles, ces hommes pervers que la majorité des fidèles repousse parce qu'ils…. retracent dans leurs écrits et leur conduite les temps les plus abhorrés de la Révolution"[681]. Les courageux champions de la foi, que nous saluions naguère, et ces tristes dénonciateurs, ces calomniateurs de leur chef spirituel, sont-ce vraiment les mêmes personnages? Hélas! nous n'avions pas besoin de cette preuve nouvelle pour savoir que, même chez les représentants les plus autorisés de la religion sur terre, la nature humaine garde toujours quelques-unes de ses infirmités morales[682].

[Note 680: Guerber, Liebermann, p. 175.]

[Note 681: Réponse à M. Saurine, évêque de Strasbourg. S. lieu ni date (caractères typographiques d'outre-Rhin), 28 p. 8°.]

[Note 682: Encore en 1803, le nouveau préfet, M. Shee dut, avec des circonlocutions polies, rappeler le clergé au respect de son évêque. Le Conseiller d'Etat, préfet du Bas-Rhin, aux fonctionnaires du culte catholique, apostolique et romain. Strasb., 13 floréal an XI (3 mai 1803), 2 p. 4°.]

Mais revenons, pour en finir, à notre vieille Cathédrale. Ce fut le 6 juin 1802 que Saurine y fut solennellement installé, en présence des autorités civiles et militaires. Il prononça, du haut de la chaire, une allocution développée, dans laquelle il s'étendait surtout sur l'obéissance due à l'Etat et sur la tolérance envers les frères dont les opinions étaient divergentes. "Tout ce qui n'est pas selon la charité, répète-t-il avec insistance, est hors de la religion de Jésus-Christ"[683]. Le lendemain, 7 juin, il disait sa première messe au maître-autel, et sa stature imposante, sa voix sonore, ne manquèrent pas d'impressionner la foule, malgré les préventions répandues contre lui. "Dans ces moments il était beau comme un ange", disait longtemps plus tard l'abbé Mühe, qui lui servait la messe, comme élève du Séminaire, aux débuts de son épiscopat[684].

[Note 683: Discours d'installation prononcé par Mgr l'évêque de
Strasbourg dans son église cathédrale,… le 17 prairial an X.
Strasb., Levrault, 1802, 21 pages 8°.]

[Note 684: Gloeckler, II, p. 104.]

XXIX.

Nous sommes arrivés au but que nous nous étions fixé. Nous voulions grouper autour de l'histoire matérielle du splendide édifice, cher à tout coeur strasbourgeois, l'histoire des querelles religieuses dont il fut le théâtre. Depuis les débuts du grand mouvement de 1789 jusqu'au Concordat de 1802, nous avons fait passer sous les yeux du lecteur les spectacles variés qui se sont déroulés dans l'enceinte de notre Cathédrale, et raconté les péripéties des cultes opposés qui y ont momentanément élu domicile. Revenus à notre point de départ, à la prise de possession complète et paisible de la basilique du moyen âge par le culte qui l'a créée, nous considérons notre tâche comme finie.

Fruit de patientes recherches, prolongées durant plusieurs années, ce modeste travail n'échappera pas aux critiques les plus diverses. Les uns suspecteront son impartialité, malgré tous nos efforts; d'autres feront de cette impartialité même un chef d'accusation nouveau. J'espère que quelques-uns du moins reconnaîtront la bonne volonté de l'auteur et sa préoccupation constante de ne blesser aucune conviction sincère, tout en maintenant avec fermeté le droit de manifester les siennes. Je demande surtout qu'on ne prenne pas pour une indécision de caractère fâcheuse la liberté avec laquelle j'ai dispensé parfois l'éloge et le blâme aux mêmes hommes, et semblé parler, à tour de rôle, en faveur des partis les plus hostiles. Si j'ai agi de la sorte, c'est précisément par un sentiment de justice. C'est que ces partis, dont nous avons raconté l'histoire, ont eu tour à tour l'honneur de défendre les vrais principes ou de souffrir pour eux, et le malheur de les oublier ou de les méconnaître également, à certains jours. L'histoire n'a pas le droit de sanctionner de semblables oublis et de pareilles défaillances. A ses yeux, ceux-là seuls devraient avoir le droit de parler hautement de tolérance, qui sont prêts à en accorder le bénéfice à tous; ceux-là seuls sont les vrais amis de la liberté qui la réclament aussi pour leurs adversaires. Assurément il faut sauvegarder la liberté de conscience de ceux même qui la refusent aux autres. Mais il ne faut pas leur permettre de proclamer qu'il est une liberté légitimement acquise à la Vérité et qu'on refuse à bon droit à l'Erreur, car cette théorie funeste, chère à tous les sacerdoces, autorise les plus dures oppressions et les pires despotismes. Il ne faut pas surtout que la palme des martyrs, noblement gagnée par les uns, nous cache les violences et les petitesses des autres. Il n'est pas permis à la science impartiale de canoniser en bloc les pures victimes de la foi et les champions égoïstes de l'ancien régime, les confesseurs dévoués des doctrines catholiques et les agents secrets ou les espions des ennemis de la patrie.

La Révolution française, comme tout grand drame de l'histoire, est un ensemble complexe des idées les plus opposées et des faits les plus contradictoires. C'est se condamner d'avance à n'y rien comprendre que de vouloir juger ces idées et ces faits à un point de vue trop étroit, et en partant de doctrines préconçues. C'est se condamner surtout à n'avoir aucune prise sur son époque que de lui demander de renier ses origines, et de maudire les principes qui constituent jusqu'à ce jour sa vie morale. En lançant l'anathème contre tout ce qui s'est fait de 1789 au début du siècle, en confondant, dans un aveuglement volontaire, les violences odieuses de la Terreur avec les aspirations généreuses de la Constituante, d'imprudents rhéteurs ont bien pu souffler la haine au coeur des masses catholiques et préparer encore de mauvais jours aux idées sur lesquelles repose la société moderne. N'en ont-ils pas préparé de plus sombres au Christianisme lui-même, qui, longtemps avant la Révolution, proclamait l'égalité de tous les hommes et la fraternité du genre humain?

TABLE DES MATIÈRES.

Pages.

Préface……………………………….. III

I. Strasbourg au moment de la Révolution.—La Cathédrale et le Grand-Chapitre.—Antagonisme politique et religieux des parties en Alsace………………………………. 1

II. Le cardinal de Rohan.—Main mise sur les biens du clergé en Alsace.—Protestations du Grand-Chapitre.—Les élections municipales à Strasbourg et le parti catholique……….. 13

III. Installation solennelle de la nouvelle municipalité à la
Cathédrale…………………………. 23

IV. Les biens ecclésiastiques et l'attitude du clergé.—Fête de la Fédération.—Emigration de l'évêque et du Grand-Chapitre………….. 31

V. Le cardinal de Rohan à Ettenheimmünster.—Séquestre mis sur ses immeubles.—Dispositions des populations rurales en Alsace.—La presse politique.—Refus du cardinal de revenir en France………….. 43

VI. Le Grand-Chapitre en conflit direct avec le gouvernement.—Troubles dans les campagnes.—Mémoire justificatif de l'abbé d'Eymar.—Pétition du Grand-Chapitre au Roi……………………………………. 55

VII. La constitution civile du clergé.—L'acuité de la crise en Alsace.—Instruction pastorale du cardinal de Rohan…. 68

VIII. La lutte des autorités civiles contre l'Eglise.—Ventes de biens nationaux.—Mouvements à Strasbourg.—Cessation du culte à la Cathédrale.

IX. Organisation de l'Association catholique-romaine-apostolique.—Les dames catholiques aux casernes.—La municipalité et la Société des Amis de la Constitution dénoncent les menées du clergé à l'Assemblée nationale.—Dissolution de l'Association.

X. L'Assemblée nationale envoie des commissaires en Alsace.—Refus du clergé de prêter le serment civique.—Exceptions.—Brendel.—Rumpler.—Cérémonie du serment à la Cathédrale.—Pamphlets contre-révolutionnaires.

XI. Suspension du Directoire du département.—Déposition du cardinal de Rohan.—Election de Brendel comme évêque.—Mandement de Rohan.

XII. Intronisation de Brendel à la Cathédrale.—Polémiques virulentes de la presse clandestine contre lui.

XIII. Monitoire canonique de Rohen.—Te Deum pour la convalescence de Louis XVI.—Le curé Jæglé traduit devant la Haute-Cour d'Orléans.—Lettre du pape Pie VI aux catholiques de Strasbourg.

XIV. L'émigration royaliste sur les territoires épiscopaux d'outre-Rhin.—Le vicomte de Mirabeau.—Expulsion des prêtres non-jureurs.—Agitation croissante des campagnes.—Les nouveaux prêtres constitutionnels venus d'Allemagne; Euloge Schneider.—Nouveaux commissaires de l'Assemblée nationale en Alsace.

XV. Organisation lente et pénible du nouveau clergé.—Soulèvements dans certaines communes rurales.—La célébration du culte non-conformiste à Strasbourg.—Euloge Schneider réclame le mariage des prêtres.—Persécutions contre les réfractaires.

XVI. Acrimonie croissante de la lutte entre les deux clergés.—Le gouvernement se désintéresse peu à peu du culte constitutionnel.—Laveaux et le Club du Miroir réclament la chasse aux prêtres.—Mesures de plus en plus rigoureuses contre le clergé non-assermenté.

XVII. La France en guerre avec l'Europe.—Mandement de Brendel.—Chute de la royauté.—Déposition des autorités constitutionnelles à Strasbourg.—L'Argos d'Euloge Schneider.—Les prêtres réfractaires hors la loi.—Commissaires de la Convention en Alsace.—Les premières mutilations de la façade de la Cathédrale.

XVIII. Insuffisance morale du clergé constitutionnel.—Euloge Schneider quitte le sacerdoce.—Mouvements hostiles au radicalisme strasbourgeois.—Nouvelle épuration de la municipalité, ordonnée par la Convention.—Destruction des symboles religieux.—Fêtes jacobines.

XIX. La Terreur à Strasbourg.—Confiscations des trésors d'église.—Cloches.—Violation de sépultures.—Cessation de tout culte officiel.—Correspondance entre la Cathédrale de Strasbourg et celle de Fribourg.—Le culte du Décadi—Le Temple de la Raison.—Le maire Monet et "les prêtres abjurant l'imposture".

XX. L'effondrement du culte constitutionnel.—Le vandalisme révolutionnaire et la Cathédrale.—Mutilations diverses.

XXI. Les luttes intestines du jacobinisme à Strasbourg.—Chute d'Euloge Schneider.—Martyrs catholiques.—La Propagande révolutionnaire et l'Argos.

XXII Fête en l'honneur de "la mort du dernier tyran".—Le nouveau tribunal révolutionnaire installé au Temple de la Raison.

XXIII. Téterel réclame la démolition de la flèche de la Cathédrale.—Le Temple de la Raison coiffé du bonnet rouge.—Nouveaux martyrs catholiques.—Fête de l'Etre suprême.—Les représentants Hentz et Goujon en Alsace.—Paroxysme de la persécution religieuse.

XXIV. Le 10 thermidor. Réaction politique et religieuse.—Mission du représentant Bailly.—Fin de la dictature de Monet.—Tentatives de restauration du culte catholique.—Loi du 11 prairial.

XXV. Constitution de la Société des catholiques-romains.—La Cathédrale lui est abandonnée par la municipalité nouvelle.—Loi du 6 vendémiaire.—Conflits entre la municipalité et le Directoire du département jacobin.—Recherches de prêtres non-assermentés fonctionnant à Strasbourg.

XXVI. Expulsion des prêtres.—Culte catholique laïque à la Cathédrale.—Grégoire et la reconstitution du culte constitutionnel.—Election d'un évêque du Haut-Rhin.—Brendel se démet de ses fonctions.—Loi du 7 fructidor.—Coup d'Etat du 18 fructidor.—Fermeture des lieux de culte catholique.—La Cathédrale rendue au culte décadaire…….. 581

XXVII. Recrudescence des persécutions.—L'organisation secrète des non-conformistes en Alsace.—Les derniers martyrs.—Le culte décadaire à Strasbourg.—Le massacre de Rastatt……… 611

XXVIII. Coup d'Etat du 18 brumaire.—Rapports conciliants du pouvoir civil et de l'Eglise.—Le clergé se soumet aux exigences de Bonaparte.—Démission de Rohan.—Le concordat.—Installation de l'ex-évêque constitutionnel Saurine à la Cathédrale…………… 627

XXIX. Conclusion………………… 651

___________________________________ Strasbourg, typ. G Fischbach.—2685.

OUVRAGES DU MÊME AUTEUR

La destruction du protestantisme en Bohême. Seconde édition.
Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1808, in-8°.

La sorcellerie au seizième et au dix-septième siècles, particulièrement en Alsace. Paris, Cherbuliez, 1871, in-8°.

Abraham Lincoln, conférence faite au profit des victimes de la guerre en France. Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1872, in-12.

La chronique strasbourgeoise de J.-J. Meyer, l'un des continuateurs de
Koenigshoven. Strasbourg, 1873, in-8°.

Le marquis de Pezay, un touriste parisien en Alsace au XVIIIème siècle. Mulhouse, Bader. 1876. in-8°.

Strassburger Chronik von 1677-1710. Memorial des Ammeisters Franciscus Reisseissen. Strassburg. Schmidt (Bull). 1877. in-8°.

Die Beschreibung des bischoefflichen Krieges anno 1592. Eine Strassburger Chronik. Strassburg, Treuttel u. Würtz, 1878, in-8°.

Les tribulations d'un maître d'école de la Robertsau pendant la
Révolution. Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1879, in-18.

Pierre Brully, ministre de l'église française de Strasbourg, 1539-1545. Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1879, in-8°.

Strassburg im dreissigjährigen Krieg. Fragment aus der Chronik des Malers J.-J. Walther. Strassburg, Treuttel u. Würtz, 1879. in-4°.

Notes pour servir à l'histoire de l'Eglise française de Strasbourg (1545—1794). Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1880, in-8°.

L'Alsace pendant la Révolution française. I. Correspondance des députés de Strasbourg à l'Assemblée nationale (année 1789). Paris, Fischbacher, 1880, in-8°.

Vieux noms et rues nouvelles de Strasbourg. Causeries biographiques.
Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1883, in-16.

La justice criminelle et la police des moeurs au seizième et au dix-septième siècles. Causeries strasbourgeoises. Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1885, in-16.

David Livingstone, missionnaire, voyageur et philanthrope, 1813-1873.
Paris, Fischbacher, 1885, in-8°.

Charles de Butré, un physiocrate tourangeau en Alsace (1724-1805) d'après ses papiers inédits. Paris, Fischbacher, 1887, in-8°.

Louis XIV et l'Eglise protestante de Strasbourg au moment de la révocation de l'Edit de Nantes. Paris. Fischbacher, 1887, in-12.