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La chanson de la Bretagne cover

La chanson de la Bretagne

Chapter 27: Noël de Bretagne
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About This Book

A sequence of lyric poems and sketches evokes coastal and upland landscapes, local labor and song, and the persistence of popular faith and legend. Vivid imagery of sea, stone, mist, and seasonal renewal alternates with portraits of harvesters, fisherfolk, and solitary figures bound to the land. Several pieces treat enchanted springs, saintly lives, and the memory of an oral tradition, blending nostalgia and mysticism with a musical attention to folk verse and regional rhythms.

Noël de Bretagne

Canomp Nouël da Nedelek !

(Chant populaire.)

A tante Marie.

Plus brillantes, ce soir, les étoiles du ciel
Luisent, et les petits Bretons chantent Noël.
Dans le grand ciel d’hiver les étoiles s’avivent,
Et les petits Bretons, par groupes qui se suivent,
De seuil en seuil, de ferme en ferme, vont chantant
L’Enfant Dieu qui va naître et que l’enfance attend.
Ils vont, pasteurs d’agneaux et gardeuses de chèvres.
Le miel de l’évangile a coulé sur leurs lèvres.
Ils sont les messagers du mystique printemps,
Et les seuils devant eux s’ouvrent à deux battants.
Ils entrent. Saluez les blonds évangélistes !
Leurs yeux versent du ciel dans les chaumières tristes.
La bassine de cuivre, au-dessus du foyer,
Comme une lune d’or s’est mise à flamboyer ;
Les lourds bahuts en chêne aux puissantes ferrures
Ont le poli des clairs étangs sous les nuits pures ;
Les faïences à fleurs embaument le dressoir…
Et les petits Bretons sont priés de s’asseoir.
***
— Chanteurs de Nedelek[3], dites-nous, quelle est Celle
Qui monte par la rue et dont le pas chancelle ?
Quelle est celle qui vient là-bas si lentement ?
— C’est la mère du Dieu qui fit le firmament,
C’est la mère du Dieu qui fit la terre douce,
Par qui fleurit la fleur et par qui le blé pousse.
Avec sa robe blanche, avec son manteau bleu,
Elle vient lentement, car elle porte un Dieu.
Et l’homme qui soutient cette femme en sa marche,
C’est Joseph l’ouvrier, le dernier patriarche.
Ce soir le Dieu naîtra, dans l’étable à côté ;
C’est par les bœufs d’abord qu’il veut être fêté,
Il veut être fêté par les bœufs et les ânes ;
Puis les bergers viendront avec les « artisanes »,
Puis tous les maîtres, puis les rois, en dernier lieu…
Et les pauvres Bretons auront enfin leur Dieu !

[3] Nom breton de Noël.