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La chanson de la Bretagne cover

La chanson de la Bretagne

Chapter 29: La Chanson du rocher qui marche
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About This Book

A sequence of lyric poems and sketches evokes coastal and upland landscapes, local labor and song, and the persistence of popular faith and legend. Vivid imagery of sea, stone, mist, and seasonal renewal alternates with portraits of harvesters, fisherfolk, and solitary figures bound to the land. Several pieces treat enchanted springs, saintly lives, and the memory of an oral tradition, blending nostalgia and mysticism with a musical attention to folk verse and regional rhythms.

La Chanson du rocher qui marche

Or, c’était par un soir où montaient les étoiles ;
Et, sur le ciel mourant, l’aile brune des voiles
S’éployait, et la mer chantait, et sur les eaux
Les barques ondulaient ainsi que des berceaux.
La mer chantait son chant, et les choses muettes
Écoutaient ; on voyait leurs ombres se pencher…
Dans l’espace attentif planait un vol de mouettes ;
Et, sur les flots, marchait en extase un rocher.
Dans ses yeux sans regard, ses larges yeux de pierre.
Luisait, en flaque d’ombre, un pleur mystérieux.
Et les cils des varechs pendus à sa paupière
Égouttaient dans la mer les larmes de ses yeux.
Les vagues, tour à tour, sirènes aux longs charmes,
Frôlaient son dos de monstre avec des baisers lourds ;
Et souriait la mer, la buveuse de larmes,
La trompeuse éternelle en qui l’on croit toujours !
Et les voiles, au ras des eaux, diminuées,
Fuyaient. L’air agrandi s’ouvrait infiniment,
Et la procession des pudiques nuées
S’agenouillait, sereine, au fond du firmament.
Une d’elles, pareille à la blanche statue
D’une Vierge, priait mains jointes, à l’écart ;
Et c’était sa candeur, de lumière vêtue.
Que l’aveugle rocher saluait du regard.