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La chanson de la Bretagne cover

La chanson de la Bretagne

Chapter 60: Les troupeaux de l’air
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About This Book

A sequence of lyric poems and sketches evokes coastal and upland landscapes, local labor and song, and the persistence of popular faith and legend. Vivid imagery of sea, stone, mist, and seasonal renewal alternates with portraits of harvesters, fisherfolk, and solitary figures bound to the land. Several pieces treat enchanted springs, saintly lives, and the memory of an oral tradition, blending nostalgia and mysticism with a musical attention to folk verse and regional rhythms.

Les troupeaux de l’air

Comme des vaches au poil roux
Qui, le pas lent et les yeux doux,
Vont à de lointains pâturages,
Dans le ciel pur, lavé d’hier,
Humide encor des grands orages,
Les nuages passent dans l’air.
Quelqu’un est là-haut qui les garde,
Et la Bretagne les regarde
Défiler paresseusement.
C’est la vieille qui, près de l’âtre,
Sur son rouet va s’endormant
Au bruit de la chanson d’un pâtre.
Passez, passez, troupeaux de l’air,
Nuages qui paissez la mer !
Et que la Bretagne sommeille !
Que toujours vienne voltiger,
Autour de sa pieuse oreille,
La chanson du divin berger.
Qu’elle dorme, la bonne vieille !
Que jamais elle ne s’éveille !
Qu’elle rêve (le rêve est doux),
Tandis que dans le souple espace,
Comme des vaches au poil roux,
Le troupeau des nuages passe.
Qu’elle rêve !… Tout en dormant
Ses yeux mi-clos, au firmament,
Suivent les lentes vaches rousses,
Et de longs pleurs délicieux,
Les pleurs naïfs des races douces
Tombent en perles de ses yeux.