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La gangue

Chapter 16: XV
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About This Book

A traveling narrator stopping at a faded spa town becomes fixated on a severely disfigured man whose ravaged face contrasts with luminous, expressive eyes and delicate hands. The account follows the narrator's shifting reactions—initial shock, growing curiosity, and pity—while documenting the townspeople's horror, gossip, and calls to exclude or hide the unfortunate figure. Through repeated encounters and close observation, the narrative examines social rejection, the gulf between outward appearance and inner dignity, the suffering of an isolated individual, and the ethical failures of a community that measures worth by beauty rather than by humanity.

XV

A quelques mois de là, une aventure plus étrange traversa ma vie, comme l’éclair qui déchire les ténèbres sans les dissiper, et dont on reste, un instant, ébloui.

C’était un soir orageux de mars. Une rafale de pluie m’avait rejeté dans un café presque désert, aux environs du Luxembourg. Il n’y avait là, au fond de la salle, qu’une jeune femme, qui, distraitement, parcourait des journaux illustrés… Elle avait une beauté douce de blonde, où s’embrumaient des yeux de songe et de mystère, des yeux qui semblaient abriter un secret… De temps à autre, elle dressait la tête, elle me regardait…

Je n’avais pas de masque, et son regard, pourtant, n’exprimait ni trouble, ni répugnance, ni surprise ; il s’obstinait sur moi, non pas avec cette curiosité malsaine que peut exciter le spectacle d’une anomalie, mais avec bonté, avec tristesse… Ce n’était pas une foudroyée, comme celle que j’avais rencontrée, l’autre nuit, sur le boulevard du Temple. Elle était élégamment mise, et je la vis changer une pièce d’or… Que venait-elle faire, seule, dans ce café ? Un rendez-vous peut-être ?… Non, visiblement, elle n’attendait personne. Près d’une demi-heure s’écoula, sans qu’elle manifestât une inquiétude, une impatience.

Elle fut, un moment, reprise par sa lecture, puis, de nouveau, elle leva le front, et son regard recommença à me fixer, à me parler : « Viens, semblait-il me dire, viens, c’est assez, je pardonne à ta laideur et à ta misère… Tu as déjà trop souffert par moi… Viens, je suis la beauté touchée par le remords et fléchie jusqu’à la miséricorde ! Viens, ton épreuve est finie, tu vas connaître enfin la joie de vivre !… »

Moi, tout tremblant d’émotion, j’écoutais cette voix magnanime, qui me venait de ce regard, comme du destin repentant. Et je me contenais pour ne pas m’écrier : « Non, n’implore pas de pardon, car tu es la beauté, et rien n’est plus grand que d’avoir souffert par toi ! »

Soudain, elle se leva, elle sortit. Je la suivis et la rejoignis dans la rue. Il pleuvait à verse. Elle s’était réfugiée dans une embrasure, hésitant à traverser la chaussée. Je m’offris à l’abriter sous mon parapluie et à l’accompagner jusque chez elle.

— Oh ! monsieur, vous êtes bien aimable, dit-elle, mais j’habite loin d’ici, aux Épinettes, et je craindrais de vous déranger…

— Nullement, répondis-je, car c’est aussi mon chemin, et je me disposais à prendre une voiture… Oserais-je vous inviter à y prendre place ?

Elle ne refusa pas. J’arrêtai un fiacre qui passait. Elle donna son adresse, et nous partîmes, au trot lent d’un cheval épuisé… Tout cela, cette rencontre, cette jolie fille acceptant sans façon ma compagnie, ce commencement d’aventure, banale pour tout autre, mais inouïe pour moi, avait été si simple, si rapide, que je m’imaginais vivre dans un songe merveilleux… N’avait-elle donc pas vu que j’étais défiguré, horrible, ou était-ce à cause de cela même, par un sentiment de pitié surhumaine, qu’elle m’accueillait ?… Je balbutiai dans un grand trouble :

— Je ne puis vous dire combien vous me touchez… Il me semble que je fais un rêve, le rêve d’un damné qui verrait s’entr’ouvrir les portes du ciel… Et j’ai peur de me réveiller, j’ai peur de revenir tout à coup à la réalité affreuse de mon existence.

— Pourquoi me dites-vous cela ? demanda-t-elle.

— Vous le devinez bien, puisque vous êtes femme ! Ne me contraignez pas à des aveux trop douloureux, à replonger mes regards dans mon enfer… Mais avec quels yeux m’avez-vous vu, avec les yeux célestes de la charité ? de cette charité que l’orgueil ne refuse qu’autant qu’il n’a pas été humilié par le malheur… Hélas ! ce n’est pas mon cas !

— Détrompez-vous, me répondit-elle, et sachez que je n’ai jamais prêté attention au physique d’un homme. Qu’importe, s’il n’a pas l’âme de son visage…

— Beaucoup de femmes disent cela, répliquai-je, mais il en est peu qui le pensent sincèrement, et il n’en est pas qui me l’ait prouvé… Seriez-vous cette exception sublime ?… Oh ! ce serait trop beau, trop généreux ! Est-il possible que je ne rêve pas ?

— Mais non, vous ne rêvez pas, dit-elle. Regardez-moi, je suis bien là, à côté de vous, et nous sommes bien tous deux en ce monde… Et nous pourrons peut-être devenir bons amis, mais il me faut d’abord vous connaître, et je ne vous connais pas, je ne sais qui vous êtes. Voici à peine cinq minutes que nous causons.

— Que ne puis-je alors vous dévoiler mon âme, au moment où je vous parle ! Affreuse est l’injustice qui fait du visage un masque trompeur, un mensonge dont nous sommes presque toujours dupes. Pourquoi le regard ne peut-il pénétrer jusqu’au fond des consciences humaines ? Pourquoi ne peut-on faire jaillir la lumière qui, soudainement, éclairerait une belle âme, comme l’aurore révèle, en quelques instants, un beau paysage ?

— Voulez-vous dire que je serais éblouie ? dit-elle en souriant. Je crois plutôt que nous aurions souvent de désagréables surprises.

— Mais il nous suffirait, pour en être consolés, d’apercevoir, quelque jour, une âme comme la vôtre.

— Vous me faites trop de compliments. Attendez aussi de me mieux connaître.

— Je vous connais assez déjà pour vous placer très haut, très haut, au-dessus de toutes les femmes.

— Détrompez-vous, dit-elle avec calme, je suis une femme comme les autres.

— Aucune, cependant, jusqu’à ce jour, n’avait daigné pencher son souverain sourire de douceur et de bonté sur mon extrême disgrâce ; aucune, avant vous, ne m’avait permis l’espérance, et aucune pourtant ne m’avait paru plus belle ni plus digne d’un grand amour… Je viens de prononcer ce mot… Excusez-moi… Je sais bien que je ne puis prétendre… Ce serait fou de ma part… Cela ne peut pas être…

— Mais si, murmura-t-elle, cela peut être.

— Votre charité va-t-elle jusqu’à vouloir me souffler au cœur un espoir insensé ?

— Non, ce que j’ai dit, je le pense… Je voudrais seulement vous poser une question.

— Parlez.

— Me répondrez-vous avec franchise ?

— Je vous le jure.

— Je vous disais tout à l’heure que le physique d’un homme m’était indifférent ; en diriez-vous autant d’une femme, et seriez-vous capable de l’aimer pour sa seule beauté morale ?

— La question, répondis-je, ne saurait vous intéresser beaucoup, puisque vous êtes belle et charmante… Elle ne m’intéresse pas non plus, car aurais-je le pouvoir et le droit de choisir, moi qui ne fus jamais aimé et qui ne puis l’être ?… Ce que je sens, ce que je puis vous dire, c’est que mon cœur vouera un culte éternel à la femme, quelle qu’elle soit, qui me fera l’aumône d’un sourire, qui me rendra la joie de vivre… Avant de vous avoir rencontrée, j’osais à peine y songer !… Mais, comment se fait-il que votre indifférence de la beauté et de la laideur physiques soit vraie, absolue, au point que mon visage, qui n’a plus même une apparence humaine, ne vous inspire aucune aversion, quand tout le monde se détourne de moi ? Cela n’est pas naturel, cela est extraordinaire ; j’ai peine à y croire. Encore, si vous étiez disgraciée, dédaignée, mais vous êtes jeune, adorable. Que de beaux jeunes gens ont dû vous offrir leur amour, se promettre auprès de vous l’éternité du bonheur ! Sans doute avez-vous vécu entourée de flatteries, d’hommages, de tendresse…

En ce moment, je vis de grosses larmes embrumer ses prunelles.

— Vous pleurez ?… Pourquoi pleurez-vous ? Qu’avez-vous ? questionnai-je tout surpris.

— Rien, dit-elle… Parlez-moi de vous… Sans doute n’avez-vous pas toujours été ainsi… Est-ce un accident, qui vous a défiguré ? Racontez-moi votre histoire.

— Permettez-moi plutôt, répondis-je, de vous raconter une autre histoire, très courte, qui vous dispensera d’entendre la mienne.

— Je vous écoute.

— C’est un conte arabe… C’est un prophète musulman qui se rend, à cheval, à La Mecque, la Ville Sainte… En traversant le désert, il entend des plaintes, des gémissements, et il voit, non loin de lui, un malheureux, assis sur le sable brûlant, et qui l’implore. — Qui es-tu et comment es-tu là ? lui demande le prophète. — Hélas ! répond le misérable, moi aussi j’allais à La Mecque, mais je n’avais pas de cheval, car je suis pauvre, et mes forces m’ont trahi, en route ; j’ai succombé sous le poids du jour et de la chaleur ! — S’il en est ainsi, dit le prophète, lève-toi et monte en croupe derrière moi ; nous atteindrons ensemble à la Ville Sainte. — Hélas ! soupire le misérable, j’ai les jambes malades, je n’ai plus même la force de me dresser ; il faut que tu m’aides. » Alors, le prophète mit pied à terre et, saisissant l’infirme à bras-le-corps, il le plaça lui-même sur son coursier. Et voilà qu’aussitôt, le misérable frappe la bête, s’élance au galop et distance le prophète. — « Arrête, lui crie celui-ci… Au nom de Dieu, arrête ! Je ne veux pas te reprendre mon cheval, je n’ai qu’un mot à te dire… Écoute ! de grâce, écoute ! » Et l’imposteur s’étant enfin arrêté, le prophète, d’aussi loin que sa voix pouvait porter dans le désert, lui cria : « Quand tu seras à La Mecque, ne raconte à personne ce qui m’est arrivé, car tu dégoûterais de la générosité ! » — Ce conte, repris-je, n’a qu’un rapport lointain avec mon histoire, mais il contient un bel enseignement et qui me fait penser : il vaut mieux aussi que je ne raconte à personne ce qui m’est arrivé.

— Il est vrai, dit-elle, on est parfois puni pour avoir fait le bien.

Nous fûmes, un moment, silencieux. Notre voiture gravissait péniblement la rue Fontaine, éclairée, d’instant à autre, par les coups de lumière des réverbères ; et, soudain, comme dans un enchantement, m’apparaissait ce fin profil de blonde, dont je craignais de trop m’approcher et qui me soulevait toute l’âme d’émotion, de désir éperdu et de reconnaissance.

— Oui, reprit-elle, vous avez dû beaucoup souffrir et je vous plains… Mais il est deux sortes de souffrances : celles qu’on voit et celles qu’on ne voit pas, qu’on n’avoue pas… Ce ne sont pas les moins cruelles !

Elle avait dit cela d’un accent si émouvant que j’en demeurai étonné. A quoi faisait-elle allusion ? A quelle obsession secrète, cette phrase répondait-elle ? Elle, si jeune, si jolie, pouvait-elle avoir tant souffert, nourrir et cacher un chagrin si profond ?

Comme pour détourner ma pensée d’une inquiétude, elle me demanda mon nom ; je le lui dis. Elle me donna le sien : Marie.

— Avez-vous de la famille ? questionnai-je.

— Non, je vis seule et je suis libre.

— Et que faites-vous ?

— Cela dépend des jours.

Je me tus, redoutant de paraître indiscret et de l’indisposer à mon égard, en insistant davantage. Aimer une femme et lui avouer sa passion — et je l’aimais déjà et lui en avais presque fait l’aveu — c’est accepter vis-à-vis d’elle un état moral d’infériorité, c’est se condamner à subir son prestige et son ascendant. Et je trouvais naturel qu’elle me cachât sa vie, je respectais le mystère qui flottait autour d’elle, le secret des larmes qu’elle avait répandues. A tout autre qu’à moi, certaines de ses paroles eussent semblé énigmatiques, mais quelle expérience des femmes et de l’amour pouvais-je avoir acquise dans l’implacable solitude où je m’étais consumé ? Je ne cherchais pas, d’ailleurs, en ce moment, à exercer mon esprit d’observation, à m’expliquer cette aventure ; j’étais grisé par l’espérance, ébloui par la perspective soudaine d’une félicité inattendue, que je tremblais de ne jamais atteindre.

Notre fiacre s’arrêta ; nous étions arrivés.

— Me sera-t-il permis de vous revoir ? demandai-je avec humilité.

— Mais oui, quand vous le désirerez, répondit-elle.

— Alors, demain.

— Je veux bien.

— Où ?

— Chez vous, à cinq heures de l’après-midi.

J’avais saisi une de ses mains, pour y poser mes lèvres, mais elle la retira, en répétant : A demain !… Et elle disparut, me laissant seul dans la voiture.

Il me semblait que je n’étais plus dans cette vie… Je fus un moment sans oser bouger, dans la crainte de me réveiller, de faite s’évanouir une hallucination radieuse, de revenir à la réalité mauvaise… Mais non, je ne dormais pas, tout cela était vrai : cette femme jeune et belle, cette espérance d’amour, ce rayon d’en haut tombé tout à coup, miraculeusement, dans mon abîme !… Lentement, je reprenais possession de moi-même, et ses derniers mots : A demain, me soulevaient au fond de l’âme une félicité si grande que j’en défaillais presque… Mon fiacre roulait dans la nuit, secoué par l’irrégularité du pavé, précipitant la monotone trépidation des vitres, dont le vacarme continu noyait ma rêverie enchanteresse… Il devait être tard. Dans les rues désertes, agrandies par le vide, les maisons éteintes alignaient indéfiniment l’uniforme sévérité de leurs murailles nues.

J’arrêtai ma voiture sur le pont des Saints-Pères, désireux de continuer ma route à pied, pris d’un besoin de marcher, d’aspirer le grand air. Il ne pleuvait plus. La nuit était douce et sereine. Jamais son silence ne m’avait impressionné à ce point. Les ombres mêmes s’imprégnaient de tendresse et de mystère. Il me semblait que je m’acheminais vers la réalisation des grands songes ; je sentais des choses extraordinaires, délicieusement étranges, en moi, en la paix de la nature, le murmure du vent. Le souffle du soir que j’aspirais avec volupté me coulait dans les veines une ivresse nouvelle, inéprouvée. Et tout prenait à mes yeux un autre aspect, le sommeil frémissant de Paris, l’incendie des lumières lointaines dont la réverbération traçait sur le courant du fleuve des traînées resplendissantes, comme des chevelures de comète, toute la vie nocturne de la grande ville reposant dans la splendeur d’une féerie mystérieuse et profonde.

Par instants, je doutais encore. Cette aventure était trop surprenante, trop incroyable, incompréhensible !… Comment, par quel miracle, dans quelle pensée, cette jolie femme s’était-elle penchée sur ma disgrâce ? Elle, la jeunesse et l’amour, elle qui n’avait qu’à choisir, pouvait-elle vouloir associer sa beauté à ma difformité ?… Non, tout se voyait, tout était possible, mais pas cela !

Pourtant, elle m’avait regardé, elle m’avait souri, elle m’avait presque permis l’espérance, et nous avions rendez-vous demain, chez moi ! Quel sentiment la faisait agir ? Quelle prodigieuse énigme était là ?… Ah ! je me hâtais peut-être trop d’être heureux ! Il y avait des miracles qui ne s’accomplissaient pas.

J’avançais lentement, le long des quais, agité, plein de trouble, assailli de mille pensées contraires, voulant croire et ne le pouvant pas… Maintenant, certaines paroles qu’elle avait prononcées, certaines réflexions, certains silences auxquels je n’avais pas arrêté sur l’instant mon attention, me revenaient à la mémoire, bizarres, inexplicables… Je me rappelai aussi qu’elle avait pleuré. Pourquoi et sur qui ? Sur moi, sur elle-même, sur ces souffrances invisibles, inavouées, peut-être inavouables, auxquelles elle avait fait allusion ?…

Je ne savais d’elle encore que son prénom — et sa douceur languissante de blonde, où s’illuminaient parfois des yeux de fièvre et de passion, vite éteints comme par un découragement… Enfin, qu’était-elle ? Une fille ? Elle n’en avait ni les allures, ni les gestes, ni la voix, ni le langage.

Paris est peuplé d’irréguliers, hommes et femmes, dont la vie serait inconcevable ailleurs, qui n’appartiennent à aucun monde, aucune classe, aucune profession, des êtres privés de boussole sociale, des âmes désorientées que l’ennui, la lassitude, le désœuvrement, la névrose, une sorte de perversité sensuelle et morale, résultant de tout cela, poussent sans cesse à la recherche des sensations nouvelles, du frisson inconnu. Sans force, sans défense contre les impulsions du moment, les extravagances d’une imagination fantasque et déréglée, elles sont capables de toutes les excentricités, de toutes les folies, de toutes les aberrations… Était-elle une de ces irrégulières-là ? Non, j’avais l’intuition qu’elle était autre chose. Quoi ? Je ne le sus jamais.

Le lendemain, je l’attendis vainement… Je me rendis à son adresse, j’interrogeai la concierge, d’autres gens ; je donnai son prénom, son signalement… Nul ne la connaissait, nul ne l’avait jamais vue. Je revins plusieurs fois, les jours suivants ; je passai des après-midi et des journées entières dans le quartier, avec l’espoir de l’y rencontrer. Cet espoir fut toujours déçu.

Peut-être cela fut-il préférable ! peut-être ai-je évité une déception plus grande ; peut-être même eus-je le tort de réfléchir trop longtemps à cette étrange aventure et d’en découvrir l’explication la plus plausible. Mais si vous ne la devinez point, pourquoi la dirais-je ? Moi-même, je l’ai chassée de mon esprit. J’ai voulu garder à cette femme une gratitude éternelle, j’ai voulu qu’elle demeurât, dans le souvenir de ma douloureuse jeunesse, l’apparition immaculée, l’idéal à peine entrevu, mais inoubliable, de la bonté toute pure, de la beauté unie à la miséricorde.