WeRead Powered by ReaderPub
La guerre des mondes cover

La guerre des mondes

Chapter 3: TABLE DES MATIÈRES
Open in WeRead

About This Book

The narrative recounts an extraterrestrial assault on Earth, beginning with mysterious projectiles that release advanced invaders who deploy towering fighting-machines and devastating heat-rays. Human efforts to resist—military engagements, flight, and local solidarity—prove ineffective against the invaders' superior technology, and civilization rapidly fragments under bombardment, fire, and choking weaponry. The account interleaves vivid scenes of panic and ruin with reflective observations about scientific ambition, imperial violence, and human vulnerability. Ultimately the invaders are undone not by arms but by Earth's microorganisms, and the narrator survives to chronicle collapse, loss, and the fragile resilience that follows.

... je pus voir l’intérieur de la redoute; c’était un vaste espace où gisaient, en désordre, des mécanismes gigantesques, des monceaux énormes de matériaux et des abris d’une étrange sorte. Puis, épars çà et là, quelques-uns dans leurs Machines de Guerre renversées ou dans les Machines à Mains, rigides maintenant, et une douzaine d’autres silencieux, roides et alignés, étaient les Marsiens—«morts»...

(CHAPITRE XXV)

En terminant mon récit, je regrette de n’avoir pu contribuer qu’en une si faible mesure à jeter quelque clarté sur maintes questions controversées et qu’on discute encore. Sous un certain rapport, j’encourrai certainement des critiques, mais mon domaine particulier est la philosophie spéculative, et mes connaissances en physiologie comparée se bornent à un ou deux manuels. Cependant, il me semble que les hypothèses de Carter, pour expliquer la mort rapide des Marsiens, sont si probables qu’on peut les considérer comme une conclusion démontrée, et je me suis rangé à cette opinion, dans le cours de mon récit.

Quoi qu’il en soit, on ne retrouva, dans les cadavres marsiens qui furent examinés après la guerre, aucun bacille autre que ceux connus déjà comme appartenant à des espèces terrestres. Le fait qu’ils n’enterraient pas leurs morts, et les massacres qu’ils perpétrèrent avec tant d’indifférence, prouvent qu’ils ignoraient entièrement les dangers de la putréfaction. Mais, si concluant que cela soit, ce n’est en aucune façon un argument irréfutable et catégorique.

La composition de la Fumée Noire, que les Marsiens employèrent avec des effets si meurtriers, est encore inconnue, et le générateur du Rayon Ardent demeure un mystère. Les terribles catastrophes, qui se produisirent pendant des recherches aux laboratoires d’Ealing et de South Kensington, ont découragé les chimistes, qui n’osent se livrer à de plus amples investigations. L’analyse spectrale de la Poussière Noire indique, sans possibilité d’erreur, la présence d’un élément inconnu, qui forme, dans le vert du spectre, un groupe brillant de trois lignes; il se peut que cet élément se combine avec l’argon, pour former un composé qui aurait un effet immédiat et mortel sur quelque partie constitutive du sang. Mais des spéculations aussi peu prouvées n’intéressent guère l’ordinaire lecteur, auquel s’adresse ce récit. On n’avait naturellement pas pu examiner l’écume brunâtre qui descendit la Tamise après la destruction de Shepperton, et on n’aura plus l’occasion de le faire.

J’ai déjà donné les résultats de l’examen anatomique des Marsiens, autant qu’un tel examen était possible sur les restes laissés par les chiens errants. Tout le monde a pu voir le magnifique spécimen, presque complet, qui est conservé dans l’alcool au Muséum d’Histoire Naturelle, ou les innombrables dessins et reproductions qui en furent faits; mais, en dehors de cela, l’intérêt qu’offrent leur physiologie et leur structure demeure purement scientifique.

Une question, d’un intérêt plus grave et plus universel, est la possibilité d’une nouvelle attaque des Marsiens. Je suis d’avis que l’on n’a pas accordé suffisamment d’attention à cet aspect du problème. A présent, la planète Mars est en conjonction, mais pour moi, à chaque retour de son opposition, je m’attends à une nouvelle

... les formidables engins, d’une puissance et d’une complexité si grandes et si surprenantes, si peu terrestres par leurs formes tortueuses et bizarres, montaient, sinistres, étranges et vagues, hors des ténèbres, vers la lumière.

(CHAPITRE XXV)

tentative. En tous les cas, nous devrons être prêts. Il me semble qu’il serait possible de déterminer exactement la position du canon avec lequel ils nous envoient leurs projectiles, d’établir une surveillance continuelle de cette partie de la planète et d’être avertis de leur prochaine invasion.

On pourrait alors détruire le cylindre, avec de la dynamite ou d’autres explosifs, avant qu’il ne soit suffisamment refroidi pour permettre aux Marsiens d’en sortir; ou bien, on pourrait les massacrer à coups de canon, dès que le couvercle serait dévissé. Il me paraît que, par l’échec de leur première surprise, ils ont perdu un avantage énorme, et peut-être aussi voient-ils la chose sous ce même jour.

Lessing a donné d’excellentes raisons de supposer que les Marsiens ont effectivement réussi à faire une descente sur la planète Vénus. Il y a sept mois, Vénus et Mars étaient sur une même ligne avec le soleil, c’est-à-dire que, pour un observateur placé sur la planète Vénus, Mars se trouvait en opposition. Peu après, une trace particulièrement sinueuse et lumineuse apparut sur l’hémisphère obscur de Vénus, et, presque simultanément, une trace faible et sombre, d’une similaire sinuosité, fut découverte sur une photographie du disque marsien. Il faut voir les dessins qu’on a faits de ces signes, pour apprécier pleinement leurs caractères remarquablement identiques.

En tous les cas, que nous attendions ou non une nouvelle invasion, ces événements nous obligent à modifier grandement nos vues sur l’avenir des destinées humaines. Nous avons appris, maintenant, à ne plus considérer notre planète comme une demeure sûre et inviolable pour l’Homme: jamais nous ne serons en mesure de prévoir quels biens ou quels maux invisibles peuvent nous venir tout à coup de l’espace. Il est possible que, dans le plan général de l’univers, cette invasion ne soit pas pour l’homme sans utilité finale; elle nous a enlevé cette sereine confiance en l’avenir, qui est la plus féconde source de décadence; elle a fait à la science humaine des dons inestimables, et contribué dans une large mesure à avancer la conception du bien-être pour tous, dans l’humanité. Il se peut qu’à travers l’immensité de l’espace les Marsiens aient suivi le destin de leurs pionniers, et que, profitant de la leçon, ils aient trouvé dans la planète Vénus une colonie plus sûre. Quoi qu’il en soit, pendant bien des années encore, on continuera de surveiller sans relâche le disque de Mars, et ces traits enflammés du ciel, les étoiles filantes, en tombant, apporteront à tous les hommes une inéluctable appréhension.

Il serait difficile d’exagérer le merveilleux développement de la pensée humaine, qui fut le résultat de ces événements. Avant la chute du premier cylindre, il régnait une conviction générale qu’à travers les abîmes de l’espace aucune vie n’existait, sauf à la chétive surface de notre minuscule sphère. Maintenant, nous voyons plus loin. Si les Marsiens ont pu atteindre Vénus, rien n’empêche de supposer que la chose soit possible aussi pour les hommes. Quand le lent refroidissement du soleil aura rendu cette terre inhabitable, comme cela arrivera, il se peut que la vie, qui a commencé ici-bas, aille se continuer sur la planète sœur. Aurons-nous à la conquérir?

Obscure et prodigieuse est la vision que j’évoque de la vie, s’étendant lentement, de cette petite serre chaude du système solaire, à travers l’immensité vide de l’espace sidéral. Mais c’est un rêve lointain. Il se peut aussi, d’ailleurs, que la destruction des Marsiens ne soit qu’un court répit. Peut-être est-ce à eux et nullement à nous que l’avenir est destiné.

Il me faut avouer que la détresse et les dangers de ces moments ont laissé, dans mon esprit, une constante impression de doute et d’insécurité. J’écris, dans mon bureau, à la clarté de la lampe, et soudain, je revois la vallée, qui s’étend sous mes fenêtres, incendiée et dévastée; je sens la maison autour de moi vide et désolée. Je me promène sur la route de Byfleet, et je croise toutes sortes de véhicules, une voiture de boucher, un landau de gens en visite, un ouvrier à bicyclette, des enfants s’en allant à l’école, et soudain, tout cela devient vague et irréel, et je crois encore fuir avec l’artilleur, à travers le silence menaçant et l’air brûlant. La nuit, je revois la Poussière Noire obscurcissant les rues silencieuses, et, sous ce linceul, des cadavres grimaçants; ils se dressent devant moi, en haillons et à demi dévorés par les chiens; ils m’invectivent et deviennent peu à peu furieux, plus pâles et plus affreux, et se transforment enfin en affolantes contorsions d’humanité. Puis je m’éveille, glacé et bouleversé, dans les ténèbres de la nuit.

Je vais à Londres; je me mêle aux foules affairées de Fleet Street et du Strand, et ces gens semblent être les fantômes du passé, hantant les rues que j’ai vues silencieuses et désolées, allant et venant, ombres dans une ville morte, caricatures de vie dans un corps pétrifié. Il me semble étrange, aussi, de grimper, ce que je fis la veille du jour où j’écrivis ce dernier chapitre, au sommet de Primrose Hill, pour voir l’immense province de maisons, vagues et bleuâtres, à travers un voile de fumée et de brume, disparaissant au loin dans le ciel bas et sombre, de voir

... en une seule semaine l’examen des mécanismes marsiens avait donné des résultats surprenants.

(CHAPITRE XXVI)

les gens se promener dans les allées bordées de fleurs, au flanc de la colline, d’observer les curieux venant voir la machine marsienne, qu’on a laissée là encore, d’entendre le tapage des enfants qui jouent, et de me rappeler que je vis tout cela ensoleillé et clair, triste et silencieux, à l’aube de ce dernier grand jour...

Et le plus étrange de tout, encore, est de penser, tandis que j’ai dans la mienne sa main mignonne, que ma femme m’a compté, et que je l’ai comptée, elle aussi, parmi les morts.

 

 

TABLE DES MATIÈRES

LIVRE PREMIER

L’ARRIVÉE DES MARSIENS
 Pages
CHAPITREI.—A la veille de la guerre7
Id.II.—Le Météore15
Id.III.—Sur la lande21
Id.IV.—Le cylindre se dévisse26
Id.V.—Le Rayon Ardent31
Id.VI.—Le Rayon Ardent sur la route de Chobham37
Id.VII.—Comment je rentrai chez moi40
Id.VIII.—Vendredi soir46
Id.IX.—La lutte commence51
Id.X.—En pleine mêlée58
Id.XI.—A la fenêtre65
Id.XII.—Ce que je vis de la destruction de Weybridge et de Shepperton71
Id.XIII.—Par quel hasard je rencontrai le vicaire85
Id.XIV.—A Londres91
Id.XV.—Les événements dans le Surrey104
Id.XVI.—La Panique114
Id.XVII.—Le “Fulgurant”127
LIVRE DEUXIÈME

LA TERRE AU POUVOIR DES MARSIENS
CHAPITREXVIII.—Sous le talon141
Id.XIX.—Dans la maison en ruines150
Id.XX.—Les jours d’emprisonnement162
Id.XXI.—La mort du vicaire170
Id.XXII.—Le silence174
Id.XXIII.—L’ouvrage de quinze jours179
Id.XXIV.—L’homme de Putney Hill185
Id.XXV.—Londres mort208
Id.XXVI.—Le désastre219
Id.XXVII.—Épilogue229

ILLUSTRATIONS HORS TEXTE

 Pages
Livre Premier.—L’arrivée des Marsiens 5
CHAPITRE I.
Le spectroscope indiqua une masse de gaz enflammés 11
CHAPITRE II.
Le Météore 17
CHAPITRE III.
La Chose 23
CHAPITRE IV.
Le cylindre ouvert 29
CHAPITRE V.
Le Rayon Ardent 35
Le Rayon Ardent sur la lande 41
CHAPITRE VI.
Le Rayon Ardent sur la route de Chobham 47
CHAPITRE VIII.
Tout au long de la nuit, les Marsiens 53
CHAPITRE X.
Visions terrifiantes 63
CHAPITRE XI.
Ce bouclier se dressa sur trois pieds... 73
CHAPITRE XII.
Touché! 83
Le combat dans la rivière 93
CHAPITRE XV.
La Fumée Noire 111
CHAPITRE XVII.
Le “Fulgurant” 125
La Machine Volante 131
Livre Deuxième.—La terre au pouvoir des Marsiens 139
CHAPITRE XVIII.
Le cinquième cylindre 143
CHAPITRE XIX.
Le camp des Marsiens 153
La Machine à Mains 159
CHAPITRE XX.
En observation 165
CHAPITRE XXI.
La mort du vicaire 175
CHAPITRE XXII.
L’Herbe Rouge 181
CHAPITRE XXIII.
L’Inondation 187
CHAPITRE XXIV.
Les égouts 193
Scènes dans Regent Street et Piccadilly 199
CHAPITRE XXV.
Londres mort 205
Les restes d’une Machine à Mains 215
Hallucination 221
La redoute des Marsiens 227
Les Géants morts 231
CHAPITRE XXVI.
Après le désastre 235

ILLUSTRATIONS DANS LE TEXTE

 Pages
CHAPITRE I.
Dans l’observatoire. (Entête) 7
Le projectile. (Finale) 14
CHAPITRE II.
A mon bureau. (Entête) 15
Le vendeur de journaux. (Finale) 20
CHAPITRE III.
Sur la lande. (Entête) 21
Des gamins s’amusaient à jeter des pierres (Finale) 25
CHAPITRE IV.
Première panique. (Entête) 26
Le garçon boutiquier. (Finale) 28
CHAPITRE V.
Le Rayon Ardent. (Entête) 31
La députation 32
Premières victimes. (Finale) 34
CHAPITRE VI.
Le Miroir tournant. (Entête) 37
Inconscience 38
La Fuite. (Finale) 39
CHAPITRE VII.
Visions. (Entête) 40
Dernier dîner. (Finale) 45
CHAPITRE VIII.
Le travail des Marsiens. (Entête) 46
La chute du second cylindre. (Finale) 50
CHAPITRE IX.
La lutte commence. (Entête) 51
Le dogcart 57
CHAPITRE X.
En pleine mêlée. (Entête) 58
Mon retour 62
CHAPITRE XI.
Le train en flammes. (Entête) 65
Le récit de l’artilleur 68
Exploit de Marsien. (Finale) 70
CHAPITRE XII.
Touché! (Entête) 71
Trente mètres de haut, trois jambes, mon lieutenant 75
Un vieux bonhomme ridé, avec une immense malle 76
... s’avançaient avec une porte de cabane 77
... emportant les débris de leur camarade. (Finale) 82
CHAPITRE XIII.
Le vicaire. (Entête) 85
Je me remis à pagayer 86
Nous ferons mieux de suivre ce sentier. (Finale) 90
CHAPITRE XIV.
A Londres. (Entête) 91
... détruit la gare de Woking 95
Des trucs portant d’immenses canons 97
Les dernières nouvelles 98
Un homme en habit de travail 99
Toutes les cloches d’église 101
Que diable arrive-t-il? 102
La propriétaire, négligemment enveloppée (Finale) 103
CHAPITRE XV.
La Fumée Noire. (Entête) 104
Ils firent feu à cent mètres 105
Ces projectiles se brisaient en touchant le sol 108
L’homme qui échappa à la suffocation 109
Suffocant et se tordant sur le sol. (Finale) 113
CHAPITRE XVI.
La panique. (Entête) 114
Elle fit feu à six mètres 116
Un homme en habit de soirée 118
Eternité! Eternité! 120
Un homme barbu à face d’oiseau de proie 122
Les deux femmes blotties sur le siège 123
L’avare écrasé. (Finale) 124
CHAPITRE XVII.
Le “Fulgurant”. (Entête) 127
Quelque plume monstrueuse avait laissé tomber 128
... détruisirent les voies du chemin de fer 129
Une multitude de barques de pêche 130
Des paquebots vomissaient des nuages 134
Le “Fulgurant” venait à toute vapeur 135
Le capitaine tendit le bras (Finale) 137
CHAPITRE XVIII.
Là s’élevait une maison blanche (Entête) 141
Le Marsien les ramassa un par un 146
Le plafond s’abattit sur nous. 147
Je l’entendis venir en rampant. (Finale) 149
CHAPITRE XIX.
La Machine à Mains. (Entête) 150
Le Marsien 152
Ils prenaient le sang frais d’autres créatures 155
Ces êtres étaient bipèdes 156
... devaient ignorer les émotions tumultueuses 157
Composée de disques dans une gaîne 159
Quand je revins à mon poste (Finale) 159
CHAPITRE XX.
C’était un objet ayant la forme (Entête) 162
Mais c’était une de ces faibles créatures 163
C’était un homme d’âge moyen 168
Les hommes comestibles. (Finale) 169
CHAPITRE XXI.
La mort du vicaire. (Entête) 170
CHAPITRE XXII.
Le silence. (Entête) 174
L’Herbe Rouge. (Finale) 178
CHAPITRE XXIII.
L’ouvrage de quinze jours. (Entête) 179
... en m’aidant des villas en ruines 183
L’Herbe Rouge. (Finale) 184
CHAPITRE XXIV.
Ce souvenir me hanta. (Entête) 185
L’homme rat 198
Il revint avec d’excellents cigares 203
Je trouvai ces jeux extrêmement intéressants 204
J’étais encore sur le toit. (Finale) 207
CHAPITRE XXV.
Londres mort. (Entête) 208
... le rendaient presque impraticable 209
L’abandon et le silence 211
Une odeur de sinistre augure 212
Un second Marsien, debout et silencieux 213
La mort des Marsiens. (Finale) 218
CHAPITRE XXVI.
Le désastre. (Entête) 219
... me protégèrent contre ma propre fureur 220
L’examen des mécanismes marsiens 224
Je regardai ma maison 225
Je suis venue dit-elle (Finale) 226
CHAPITRE XXVII.
Après le désastre. (Entête) 229
L’examen anatomique des Marsiens 230
... la machine marsienne qu’on avait laissée là 234
Fin 237