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La Légende des siècles tome I cover

La Légende des siècles tome I

Chapter 46: QUAND LE CID FUT ENTRÉ DANS LE GÉNÉRALIFE
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About This Book

The collection assembles narrative and lyrical poems that portray humanity across epochs, arranging episodic scenes—mythic origins, medieval legends, religious and historical moments—into a poetic gallery. Each piece offers a concentrated portrait of a century or cultural mood, alternating legendary reconstruction and strict historical fidelity, unified by an overarching idea of human progress and ascent toward light. Imagery mixes human figures with natural and inanimate presences to explore moral, spiritual, and social transformation, while the series functions as both a self-contained volume and the first segment of a larger envisioned cycle.

QUAND LE CID FUT ENTRÉ
DANS LE GÉNÉRALIFE


Quand le Cid fut entré dans le Généralife,
Il alla droit au but et tua le calife,
Le noir calife Ogrul, haï de ses sujets.
Le cid Campeador aux prunelles de jais,
Au poing de bronze, au cœur de flamme, à l’âme honnête,
Fit son devoir, frappa le calife à la tête,
Et sortit du palais seul, tranquille et rêveur.
Devant ce meurtrier et devant ce sauveur
Tout semblait s’écarter comme dans un prodige.
Soudain parut Médnat, le vieillard qui rédige
Le commentaire obscur et sacré du koran
Et regarde la nuit l’étoile Aldebaran.
Il dit au Cid, après le salut ordinaire:
—Cid, as-tu rencontré quelqu’un?
—Oui, le tonnerre.
—Je le sais; je l’ai vu, répondit le docteur.
Il m’a parlé. J’étais monté sur la hauteur,
Pour prier. Le tonnerre a dit à mon oreille:
Me voici, la douleur des peuples me réveille,
Et je descends du ciel quand un prince est mauvais;
Mais je vois arriver le Cid et je m’en vais.