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La Légende des siècles tome I cover

La Légende des siècles tome I

Chapter 60: XIII LE CID FIDÈLE
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About This Book

The collection assembles narrative and lyrical poems that portray humanity across epochs, arranging episodic scenes—mythic origins, medieval legends, religious and historical moments—into a poetic gallery. Each piece offers a concentrated portrait of a century or cultural mood, alternating legendary reconstruction and strict historical fidelity, unified by an overarching idea of human progress and ascent toward light. Imagery mixes human figures with natural and inanimate presences to explore moral, spiritual, and social transformation, while the series functions as both a self-contained volume and the first segment of a larger envisioned cycle.

XIII
LE CID FIDÈLE

Princes, on voit souvent croître
Des gueux entre les pavés
Qui font de vous dans un cloître
Des moines aux yeux crevés.
Je ne suis pas de ces traîtres;
Je suis muré dans ma foi,
Les grands spectres des ancêtres
Sont toujours autour de moi,
Comme on a, dans les campagnes
Où rit la verte saison,
Une chaîne de montagnes
Qui ferme l’âpre horizon.
Il n’est pas de cœurs obliques
Voués aux vils intérêts
Dans nos vieilles républiques
De torrents et de forêts.
Le traître est pire qu’un more;
De son souffle il craint le bruit;
Il met un masque d’aurore
Sur un visage de nuit;
Rouge aujourd’hui comme braise,
Noir hier comme charbon.
Roi, moi je respire à l’aise;
Et quand je parle, c’est bon.
Roi, je suis un homme probe
De l’antique probité.
Chimène recoud ma robe,
Mais non pas ma loyauté.
Je sonne à l’ancienne mode
La cloche de mon beffroi.
Je trouve même incommode
D’avoir des fourbes chez moi.
Sous cette fange, avarice,
Vol, débauche, trahison,
Je ne veux pas qu’on pourrisse
Le plancher de ma maison.
Reconnais à mes paroles
Le Cid aimé des meilleurs,
A qui les pâtres d’Éroles
Donnent des chapeaux de fleurs.