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La légende dorée / traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique cover

La légende dorée / traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique

Chapter 50: XLVII SAINT LONGIN, MARTYR (15 mars)
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About This Book

Ce recueil médiéval assemble des vies de saints et des récits hagiographiques disposés selon le calendrier liturgique. Chaque notice rapporte martyrs, miracles, conversions et exemples de vertu, souvent accompagnés de commentaires moraux et de références bibliques ou historiques. L'auteur compile traditions orales et sources écrites pour produire un mélange de piété populaire, d'enseignement spirituel et de curiosités biographiques, alternant narration vivante et réflexions didactiques afin d'instruire et d'édifier le lecteur dans une perspective religieuse du XIIIe siècle.

XLVII
SAINT LONGIN, MARTYR
(15 mars)

Longin était le centurion qui avait été chargé par Pilate d’assister, avec ses soldats, à la crucifixion du Seigneur, et qui avait percé de sa lance le flanc divin. Il se convertit à la foi en voyant les signes qui suivirent la mort de Jésus, c’est-à-dire l’éclipse du soleil et le tremblement de terre. Mais on dit que ce qui contribua surtout à le convertir fut que, souffrant d’un mal d’yeux, il toucha par hasard ses yeux avec une goutte du sang du Christ, qui découlait le long de sa lance, et recouvra aussitôt la santé. Il renonça au service militaire, se fit instruire par les apôtres, et, pendant vingt-huit ans, mena la vie monastique à Césarée de Cappadoce, faisant de nombreuses conversions par sa parole et son exemple.

Il fut amené devant le gouverneur de la province, qui, sur son refus de sacrifier aux idoles, lui fit arracher toutes les dents et couper la langue. Mais Longin ne perdit point, pour cela, le don de la parole. Saisissant une hache, il se mit à briser toutes les idoles, en disant : « Si ce sont des dieux, qu’ils le fassent voir ! » Et de toutes les idoles sortirent des démons, qui entrèrent dans le corps du gouverneur et de ses compagnons. Et Longin dit à ces démons : « Pourquoi habitez-vous dans les idoles ? » Ils répondirent : « Nous nous logeons partout où n’est pas invoqué le nom du Christ et où ne figure pas le signe de la croix ! » Cependant le gouverneur avait perdu la vue. Et Longin lui dit : « Sache, mon pauvre ami, que tu ne pourras être guéri qu’après m’avoir tué ! Mais aussitôt que tu m’auras tué je prierai pour toi, et obtiendrai la guérison de ton corps et de ton âme ! » Le gouverneur lui fit donc trancher la tête ; après quoi, se prosternant devant son cadavre, il pleura et fit pénitence ; et aussitôt il recouvra la vue et la santé ; et il acheva sa vie dans les bonnes œuvres.