WeRead Powered by ReaderPub
La légende dorée / traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique cover

La légende dorée / traduite du latin d'après les plus anciens manuscrits, avec une introduction, des notes, et un index alphabétique

Chapter 79: LXXVI SAINTE PÉTRONILLE, VIERGE (31 mai)
Open in WeRead

About This Book

Ce recueil médiéval assemble des vies de saints et des récits hagiographiques disposés selon le calendrier liturgique. Chaque notice rapporte martyrs, miracles, conversions et exemples de vertu, souvent accompagnés de commentaires moraux et de références bibliques ou historiques. L'auteur compile traditions orales et sources écrites pour produire un mélange de piété populaire, d'enseignement spirituel et de curiosités biographiques, alternant narration vivante et réflexions didactiques afin d'instruire et d'édifier le lecteur dans une perspective religieuse du XIIIe siècle.

LXXVI
SAINTE PÉTRONILLE, VIERGE
(31 mai)

Pétronille, dont la vie nous a été racontée par saint Marcel, était la fille de l’apôtre saint Pierre ; et celui-ci, la voyant trop belle, obtint de Dieu qu’elle souffrît de la fièvre. Or un jour, comme ses disciples étaient auprès de lui, Tite lui dit : « Toi qui guéris tous les malades, pourquoi ne fais-tu pas que Pétronille se lève de son lit ? » Et Pierre lui répondit : « Parce que cela me convient ainsi ! » Ce qui ne signifie nullement, d’ailleurs, qu’il n’ait pas eu le moyen de la guérir ; car, aussitôt, il lui dit : « Lève-toi, Pétronille, et viens vite nous servir ! » La jeune fille, guérie, se leva et vint les servir. Mais, quand elle eut fini, son père lui dit : « Pétronille, retourne dans ton lit ! » Elle y retourna, et fut tout de suite reprise de sa fièvre. Et plus tard, lorsqu’elle commença à être parfaite dans l’amour de Dieu, son père lui rendit la parfaite santé.

Alors un seigneur, nommé Flaccus, frappé de sa beauté, vint la demander en mariage. Et elle répondit : « Si tu veux m’épouser, envoie-moi des jeunes filles qui me conduisent jusque dans ta maison ! » Mais quand elles furent arrivées, Pétronille se mit à jeûner et à prier, communia, se coucha dans son lit, et, après trois jours, rendit son âme à Dieu.

Alors Flaccus, se voyant déçu, s’adressa à une compagne de Pétronille appelée Félicula, la sommant de se marier avec lui ou de se sacrifier aux idoles. La jeune fille s’étant refusée à faire aucune de ces deux choses, Flaccus la jeta en prison, où elle resta sept jours sans manger ni boire ; puis il ordonna qu’elle fût torturée sur un chevalet et que son corps fût jeté à la voirie. Saint Nicodème en retira ses restes et les ensevelit : ce qui lui valut à son tour d’être emprisonné, frappé de lanières plombées, et jeté dans le Tibre, d’où le clerc Juste retira ses restes pour les ensevelir honorablement.