WeRead Powered by ReaderPub
La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 15: LE VEAU ET LA SALADE
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

LE VEAU ET LA SALADE

En l’honneur des vrais principes démocratiques,
Des gens sont réunis qui, pour un prix modique,
S’apprêtent à manger le veau et la salade
Jusques à s’en rendre malades :
— Crevons s’il faut en crever, camarades,
Mais Vive la République ! —
Le veau, contre son habitude,
Donne des signes d’inquiétude,
Que le président du banquet
Ne tarde pas à remarquer,
Et il l’invite à s’expliquer ; —
D’un geste,
Le veau s’excuse ; il n’est pas orateur ;
— (Parlez ! parlez !) — Messieurs, j’ai tenu à honneur
D’apporter aujourd’hui mon contingent modeste
A cette fête des travailleurs :
La salade fera le reste ;
Mais, c’est ici que je proteste :
Avons-nous donc, messieurs, fait si peu de chemin
Que nous soyons encor caudataires du pape ?
Les cléricaux doivent rire sous cape :
Avec moi, de moitié, admettre en vos agapes
Une barbe-de-capucin ! —
Ces mots ont fait, dans l’assistance,
Courir un long frémissement,
Dont le président un moment,
Vainement,
Veut atténuer l’importance,
— A l’incident, dit-il, donnons sa juste suite ;
Non, tu n’es plus, salade que voilà,
Barbe-de-capucin ; messieurs, baptisons-la :
C’est de la
Vieille-barbe-de-quarante-huit. —