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La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 18: DIALOGUE DES POMMES ET DES POISSONS
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About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

DIALOGUE DES POMMES ET DES POISSONS

Les pommes ont dit aux poissons :
— Assez longtemps le langage des hommes
A prétendu que vous, Poissons, pour nous les Pommes,
Professiez un mépris aveugle et sans raison ;
On répète : s’en ficher comme
Se fiche un poisson d’une pomme ;
Pourquoi ? comment avons-nous mérité,
A vos yeux, cet excès, Poissons, d’indignité ? —
Les poissons gardent le silence,
Comme c’est assez dans leurs habitudes ;
Mais le débat n’est pas de ceux que l’on élude,
Et les pommes reprennent avec insistance :
— Pardieu ! nous connaissons votre passé hautain,
Et qu’autour d’un turbot tout le Sénat latin
S’assemblait, plein de déférence ;
Nous savons qu’un des grands ministres de la France,
O soles, vous a seules laissées,
A la Colbert,
Dépositaires
De ses goûts et de ses pensées ;
Tout cela est glorieux, certes,
Mais, de là, faut-il qu’on nous traite
Avec ce dédain ? Car, enfin,
Nous aussi nous avons, Poissons, nos parchemins :
Mieux que ministre franc, ou sénateur latin,
Nous avons la pomme Reinette !… —
(Reinette s’écrit rainette, mais je suppose
Que les Pommes, sans l’ignorer,
Ont fait cet affront à Littré
Pour les besoins de la cause…)
— Reinette, petite Reine : comme Wilhelmine ! —
Mais, à ces mots, parmi les autres empressés,
Un petit poisson s’est avancé,
Devant qui tous, respectueux, s’inclinent :
— Et moi, je m’appelle la Loubine ! —