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La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 21: TROIS PETITES CHANSONS
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About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

TROIS PETITES CHANSONS

I. — Le pique-assiette.

Du dîner, comme d’un tournoi, sonne la cloche ;
La fourchette en arrêt, les voici qui s’approchent,
Les chevaliers tapeurs et vide-poches :
Pique, pique, picador !
Pique, pique, pique-assiette !
N’en reste-t-il mie ou miette,
De ce veau que je regrette ?
— Mais moi, Carmen, je l’aime encor… —
Pique, pique, picador !
Pique, pique, pique-assiette !

[La bouche pleine, mais les yeux avides, ils tournent autour de la table en fredonnant des rondes enfantines :]

Une poule sur un mur,
Qui picote du pain dur,
Pique-assiette, picota,
Mange un œuf et puis s’en va…

[Mais ils ne s’en vont pas, et ils continuent à tourner, au rythme de paroles seulement plus mystérieuses :]

Ams’, stram’, gram’,
Pique, pique, commedram’,
Bourre, bourre, ratatam’.
— (J’ai encor, je le proclame,
Maigri de cinquante grammes !) —
Pique, pique, commedram’,
Mis’, stram’, — dram’!
Bonsoir, Monsieur et Madame !

(Les voix s’éloignent dans la nuit.)

II. — Le vol-au-vent.

Marmiton,
Vole, vole, vole !
Prends tes jambes à ton col :
Où t’envoya ton patron,
Marmiton,
Vole, vole donc !
Le vol-au-vent sur la tête,
Vole, vole, marmiton, —
Vol-au-vent aux champignons,
Aux quenelles et aux crêtes, —
On t’attend, l’âme inquiète,
On t’espère à la fenêtre ;
Vole, et que rien ne t’arrête,
Marmiton,
Vole, vole donc !
Marmiton,
Vole, vole, vole !
Fuis la conversation
Des petits trottins frivoles,
Et, pas de saute-mouton
Avec les méchants garçons
Qui ne vont pas à l’école :
— Que non ! —
Que non, jeunes polissons !
Que nenni, mesdemoiselles !
Que non ! que nenni ! — (Quenelles…) —
Si le vol-au-vent, narquois,
Allait s’envoler sans toi !
Marmiton,
Vole, vole donc !

III. — L’anse du panier.

« Brins d’osier, brins d’osier,
Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier ! »
Pour les soldats de la France,
Fantassin et cavalier,
Artilleur, chasseur à pied,
Sapeur-pompier,
Pour les soldats de la France,
Danse
L’anse,
Danse l’anse du panier !
« Brins d’osier, brins d’osier,
Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier ! »
Tant de danses a dansées,
Que la pauvre anse est cassée,
Délaissée
Par toute l’armée française :
— Nuit et jour, à tout venant,
Je dansais, ne vous déplaise…
— Vous dansiez, j’en suis fort aise,
Eh ! bien, chantez maintenant ! —
« Brins d’osier, brins d’osier,
Courbez-vous assouplis sous les doigts du vannier ! »

SUIVIES DE LA ROMANCE DU BAIN-MARIE

Sous ton vocable, ô Marie,
Sous ton vocable placé,
Daigne écouter, attendrie,
Mon placet !
Marie, qu’il a de peine,
Ton bain, hélas ! bain-marie,
Lui dont l’ambition vaine
Envie
Ceux de la Samaritaine :
Voir s’ébattre dans nos flots
Des corps gracieux et beaux !
Ah ! pourquoi la cuisinière,
Son corsage retroussant
D’une excitante manière,
Nous va-t-elle provoquant
De son bras rouge et troublant ?
Oui, ses bras : mais, davantage,
Du flan !
Car nous n’avons en partage,
Dedans nos flots, et nos flancs,
Que les crèmes et les flans…

La Vierge-Marie (parlé).

Et c’est à moi que vous venez raconter cela ? Vous en avez de bonnes !