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La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 43: BARBE-BLEUE (2e version)
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About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

BARBE-BLEUE
(2e version)

— Belle-maman, belle-maman,
Voici, sur ce plateau d’argent,
Voici les clefs de tout l’appartement ;
Ici nous mettons les mouchoirs,
Ici nous mettons les chaussures :
Un petit coup d’œil, ça rassure,
Oui, belle-maman, il faut voir !
Ce sont des factures du Louvre,
Et puis d’autres du Bon Marché :
Certainement, ce tiroir s’ouvre,
Belle-maman, rien de caché !
C’est ça, comptons l’argenterie !
Mais, comment donc ! une manie ?
Puisque c’est moi qui vous en prie !
Belle-maman, belle-maman,
Voici les clefs de tout l’appartement.
Chapeaux, sortez de vos cartons,
Étalez vos plis, pantalons,
Hors donc, flanelles, caleçons :
C’est moi, mais c’est moi, comment donc !
Qui dois vous demander pardon !
Si la paillasse est faite avec,
Normale curiosité,
Avec du crin ou du varech ?
Belle-maman, il faut tâter.
Mais, où diable avais-je la tête ?
Pour que la fête soit complète,
N’ai-je montré les ustensiles de toilette ?
Belle-maman, belle-maman,
Voici les clefs de tout l’appartement.
Mais, je vois, une clef vous brûle,
Une petite clef, je vois,
Vous brûle le bout de vos doigts :
Belle-maman, pas de scrupule :
C’est la clef de ce grand placard,
Vous plaît-il jeter un regard ?
Hésiter à vous satisfaire !…
Mais faites donc comme chez vous :
Il y a là six belles-mères
Que j’ai étranglées avant vous.