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La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 60: LA DÉPLORABLE HABITUDE
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About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

LA DÉPLORABLE HABITUDE

L’épouse a proscrit sans pitié
La vieille pipe en merisier,
Compagne des rêveries anciennes et familières.
Je comprends maintenant : naguère,
Vieille pipe, quand je t’ai confié,
Au temps des fiançailles, mes beaux espoirs ensoleillés,
Voilà pourquoi tu ne m’écoutais guère, —
Et même tu crachais d’inquiétante manière :
La vieille pipe en merisier,
La vieille pipe se méfiait…
L’épouse a dit : — Fumer de gros cigares
En ma présence est un manque d’égards,
Car
Est-ce que j’en fume, est-ce que j’en fume, des cigares ?
Cette fumée, c’est notre argent que tu gaspilles !
Quand on n’a pas et des mille, et des cents,
Et encore moins des cent mille,
Est-ce un plaisir raisonnable et décent
Pour un sérieux père de famille ?
Les boîtes de cigares, ça finit par compter,
Sans compter
Ceux que tu dois offrir à des tas d’imbéciles !
Vaut-il pas mieux mettre ça de côté
Pour quelque chose, au moins, d’utile,
Dont, moi aussi, je puisse profiter :
Pour acheter,
Par exemple, une automobile ? —
L’épouse a dit : — Je ne sais rien d’abject
Comme cette manie de perpétuelles cigarettes !
D’abord, je commence à m’apercevoir
— Cela non plus n’a pas échappé à ma mère —
Que tu perds toute ta mémoire :
Hier,
Tu nous as fait chercher une heure, pour savoir
L’adresse de cette couturière…
Et puis, c’est dégoûtant : des bouts
De cigarette traînent partout,
J’ai honte quand quelqu’un regarde ;
Et puis,
C’est une odeur de tabagie,
Qui, d’abord, vous prend à la gorge,
Qui s’accroche
Aux rideaux, tentures, tapis :
On a beau secouer, aérer, ils la gardent ;
L’appartement a l’air d’un corps de garde !… —
Cédant à ces justes critiques,
Dorénavant l’époux n’exhibe
Cigarette, cigare ou pipe ;
Mais lors sournoisement il chique.