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La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage cover

La nouvelle cuisinière bourgeoise: Plaisirs de la table et soucis du ménage

Chapter 63: MUSIQUE D’ENSEMBLE
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About This Book

L'ouvrage rassemble textes et poèmes qui mêlent plaisirs de la table et soucis du ménage, offrant une réflexion enjouée et lyrique sur la cuisine domestique bourgeoise. L'auteur décline parodies, couplets, paraboles et billets d'observation pour évoquer recettes non techniques, habitudes de table, économies domestiques et moeurs familiales, alternant ironie, moralité et fantaisie. Le ton oscille entre humour et didactisme léger, visant à célébrer la cuisine comme cœur du foyer tout en signalant les contraintes et compromis du ménage quotidien.

MUSIQUE D’ENSEMBLE

L’épouse n’avait qu’un piano,
Rien qu’un piano,
Un seul piano :
Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do.
Mais qui donc prétendait qu’aussitôt mariées,
N, i, ni, — fini
Czerny,
Et les gammes tôt oubliées,
Do, ré,
Mi ?
Chère dilettante calomniée !…
Du frais matin saluant l’auréole,
Do, ré, mi, do, ré, mi, fa, sol,
Passant par le midi doré,
Do, ré,
Jusqu’au crépuscule lilas,
Do, ré, do, ré, mi, fa, sol, la,
— Ah ! comme on reconnaît bien là,
Tout de suite, la main d’une femme ! —
L’appartement s’emplit de gammes.
Mais aussi qui sera bien fier,
Qui se rengorgera devant les camarades,
Quand, dans les salons, cet hiver,
Sa femme jouera sa fantaisie de Chaminade ?
Qui sera fier, c’est le petit mari ! —
Do, ré, mi. —
Bannis cette mine chagrine,
Et, portant à la ville, ou bien à la campagne,
Sous ton bras, le glorieux rouleau de ta compagne,
Avec Chaminade, chemine !
Et qui sera un jour aimablement surpris,
— Chante voir un peu ?… — Mais si, mais si…
Voyons, mon rat !… — Voyons, ma poule !… —
Alors qu’on lui découvrira,
— Voyons, ma poule !… — Voyons, mon rat !… —
— Le cachotier, qui n’avait pas dit ça !… —
Bien sûr, pas la voix de Capoul,
Pas de ces grosses voix d’Opéra,
Rien qu’un filet de voix, rien qu’un brin, mais quel brin !
Si pur, si musical, de baryton Martin !…
— Mais si, mais si !… —
Oui, qui sera aimablement surpris ?
Les épouses ont de ces trouvailles.
Seulement, bien entendu, il faut qu’on travaille !
Quand le jour se lève,
Nous irons solfier
Tes Stances, Flégier,
Et Manon, quel rêve !…
— Et puis, ou je me trompe fort, ou je soupçonne,
Que tu jouerais aussi très bien du bigophone ? —
L’épouse n’avait qu’un piano,
Rien qu’un piano,
Un seul piano.