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La petite femme de la mer cover

La petite femme de la mer

Chapter 17: III LA CHANSON DE L’ÉPOUSÉE
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About This Book

An enigmatic figure arrives at a pier, captivating the attention of fishermen and onlookers with a mysterious object concealed beneath his clothing. As he draws a crowd, he teases them with a strange, haunting cry that echoes the voices of lost sailors. The atmosphere shifts from curiosity to tension as the crowd, intrigued yet wary, gathers around him. Eventually, he reveals a small woman with delicate features, evoking both wonder and pity. This spectacle explores themes of human curiosity, the allure of the unknown, and the intersection of beauty and suffering, set against the backdrop of the sea and its mysteries.

III
LA CHANSON DE L’ÉPOUSÉE

Ma fille, mets ton linge le plus fin, — le boucher a tué hier l’agnel, l’agnel n’avait que peu de sang. — Rappelle-toi comme il gambadait dans le pré ! — Sa petite laine était blanche — comme la laine de Noël !

Le boucher, ma mère, a passé par la maison, — tous les agneaux sont morts. — Mon cœur aussi gambadait sur le chemin — par où arrivait là-bas le noir ami.

Elle va vers la porte et elle dit à celui qui vient : — Maintenant, ils ont mis mon cœur en croix comme l’agnel, — j’ai gardé pour toi trois gouttes de sang.

Je mettrai ma ceinture rouge — celle que tu me donnas aux Pâques dernières — et m’en irai vers ta mère comme un fils.

Ma mère, je suis venu à l’aube, — la maison était close, — j’ai repassé au soir, j’ai trouvé un homme sur la porte. — Un autre homme que moi a-t-il passé l’anneau — au doigt de mon amour ? — J’ai cueilli en m’en allant — une rose dans le cimetière. — Je l’arroserai avec les trois gouttes de ton sang.

Ma fille, accroche tes beaux pendants d’oreille, — les cavaliers font voler la poussière devant les portes. — Ce soir, un bel homme te ramènera — avec lui à sa ferme.

Ma mère, dites de quel homme vous voulez parler — afin que mon couteau frappe là où il doit frapper. — Je boirai à la bonde — comme une cuvée de bière — les jets fumants.

A présent j’ai vêtu le voile — et accroché les pendants d’oreille. — Dites au fossoyeur, ma mère, qu’il sonne le glas — comme si j’entrais sous la nef dans mon cercueil. — Et ensemble ils sont allés entre les aubépines vers les cloches. — Un des hommes dansait devant — en jouant de l’harmonica.

Ton sang, homme fourbe — qui m’as volé mon amour, criera vers les cloches — car mon couteau, je viens de l’aiguiser — sur ton cœur.