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La petite femme de la mer cover

La petite femme de la mer

Chapter 23: IX LA CHANSON DU SABOT
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About This Book

An enigmatic figure arrives at a pier, captivating the attention of fishermen and onlookers with a mysterious object concealed beneath his clothing. As he draws a crowd, he teases them with a strange, haunting cry that echoes the voices of lost sailors. The atmosphere shifts from curiosity to tension as the crowd, intrigued yet wary, gathers around him. Eventually, he reveals a small woman with delicate features, evoking both wonder and pity. This spectacle explores themes of human curiosity, the allure of the unknown, and the intersection of beauty and suffering, set against the backdrop of the sea and its mysteries.

IX
LA CHANSON DU SABOT

La rivière entre nos deux fermes — est comme un ruban le dimanche — au corsage de Rietje.

J’ai mis une touffe aromatique dans un sabot, — j’ai poussé le sabot sur l’eau — en soufflant dessus. — Va, léger bateau, la rivière te mènera là — où une main sortira des roseaux.

Mon amour, Rietje, est un grand bateau comblé de présents ; — il descend au fil de mes pensées vers ta présence là-bas. — Je ne vois plus le petit sabot ; il a tourné derrière les joncs. — La rivière est comme ta jarretière autour de ton genou. — Maintenant j’attends inquiet qu’il reparaisse.

Un gros nuage a passé sur nous et nous a — séparés comme une mauvaise pensée — comme si nos cœurs devaient rester disjoints. — Que fait à cette heure ma Rietje ? Son esprit — s’en est allé loin, — il erre avec ses yeux vers la route poudreuse — où roule une carriole. — J’écraserai les fleurs sous mes talons, — je briserai le sabot contre une pierre.

Mais voilà qu’enfin il sort des joncs, — il se remet à glisser sur l’eau. — Rietje n’a pas cessé d’être avec moi.

J’irai dans la saulaie, je taillerai — une branche de saule, j’y ferai un bec comme à une flûte pour siffler — amoureusement sous ta fenêtre, le soir.

(1889)