WeRead Powered by ReaderPub
La vie des termites cover

La vie des termites

Chapter 20: V
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

The author compiles scientific observations of termite societies, detailing nest architecture, caste roles—queens and kings, workers and soldiers—reproductive cycles, and division of labor, and links precise entomological findings with reflective commentary on collective instinct, sacrifice, and the subterranean, oppressive environment of colonies. Emphasizing strictly verified facts and relying on professional naturalists, the narrative arranges dispersed data into a coherent account of behavior, communication, and colony engineering while comparing social organization with that of other social insects and offering philosophical meditations on anonymity, self-sacrifice, and the biological roots of social order.

V

Outre ces bruits divers, crépitements, tic-tac, sifflements, cris d’alarme presque toujours rythmés et qui dénotent une certaine sensibilité musicale, les termites ont encore, en de nombreuses circonstances, des mouvements d’ensemble, également rythmés, comme s’ils appartenaient à une chorégraphie ou à une orchestique tout à fait singulière, qui ont toujours prodigieusement intrigué les entomologistes qui les ont observés. Ces mouvements sont exécutés par tous les membres de la colonie, excepté les nouveau-nés. C’est une sorte de danse convulsive où, sur les tarses immobiles, le corps agité de tremblements se balance d’avant en arrière avec une légère oscillation latérale. Elle se prolonge durant des heures, coupée de courts intervalles de repos. Elle précède notamment le vol nuptial et prélude comme une prière ou une cérémonie sacrée au plus grand sacrifice que la nation puisse s’imposer. Fritz Müller, en cette occurrence, y voit ce qu’il appelle les « Love Passages ». On remarque des mouvements analogues quand on agite ou éclaire brusquement les tubes dans lesquels on emprisonne les sujets en observation, qu’il n’est du reste pas facile d’y maintenir longtemps, car ils percent à peu près tous les bouchons ligneux ou même métalliques, et, chimistes incomparables, parviennent à corroder le verre.