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La vie des termites cover

La vie des termites

Chapter 32: II
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About This Book

The author compiles scientific observations of termite societies, detailing nest architecture, caste roles—queens and kings, workers and soldiers—reproductive cycles, and division of labor, and links precise entomological findings with reflective commentary on collective instinct, sacrifice, and the subterranean, oppressive environment of colonies. Emphasizing strictly verified facts and relying on professional naturalists, the narrative arranges dispersed data into a coherent account of behavior, communication, and colony engineering while comparing social organization with that of other social insects and offering philosophical meditations on anonymity, self-sacrifice, and the biological roots of social order.

II

On remarque chez les abeilles des mesures politiques et économiques tout aussi surprenantes. Je ne les rappellerai pas ici ; mais n’oublions pas que chez les fourmis elles sont parfois plus étonnantes encore. Tout le monde sait que les Lasius Flavus, nos petites fourmis jaunes, par exemple, parquent dans leurs souterrains et abritent dans de véritables étables des troupeaux d’Aphides qui émettent une rosée sucrée qu’elles vont traire comme nous trayons nos vaches et nos chèvres. D’autres, les Formica sanguinea, partent en guerre afin de faire des razzias d’esclaves. De leur côté, les Polyergus Rufescens ne confient qu’à leurs serfs le soin d’élever leurs larves, tandis que les Anergates ne travaillent plus et sont nourris par des colonies de Tetramorium Cespitum réduites en captivité. Je ne citerai que pour mémoire les fourmis fongicoles de l’Amérique tropicale qui creusent des tunnels rectilignes parfois longs de plus de cent mètres et forment, en coupant des feuilles en tout petits morceaux, un terreau sur lequel elles font naître et cultivent, par un procédé qui est leur secret, un champignon si particulier qu’on n’a jamais réussi à l’obtenir ailleurs. Citons encore certaines espèces d’Afrique et d’Australie, où l’on voit des ouvrières spécialisées ne plus jamais quitter le nid, s’y suspendre par les pattes et, faute d’autres récipients, devenir des réservoirs, des citernes, des pots à miel vivants, au ventre élastique, sphérique, énorme, où l’on dégorge la récolte et que l’on pompe quand on a faim.

Est-il nécessaire d’ajouter que tout ceci, que l’on pourrait indéfiniment prolonger, ne repose plus sur des on-dit plus ou moins légendaires, mais sur de minutieuses observations scientifiques ?