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La vie des termites

Chapter 4: II
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About This Book

The author compiles scientific observations of termite societies, detailing nest architecture, caste roles—queens and kings, workers and soldiers—reproductive cycles, and division of labor, and links precise entomological findings with reflective commentary on collective instinct, sacrifice, and the subterranean, oppressive environment of colonies. Emphasizing strictly verified facts and relying on professional naturalists, the narrative arranges dispersed data into a coherent account of behavior, communication, and colony engineering while comparing social organization with that of other social insects and offering philosophical meditations on anonymity, self-sacrifice, and the biological roots of social order.

II

Les entomologistes, s’en rapportant aux géologues, conjecturent que la civilisation des termites, qu’on appelle vulgairement fourmis blanches, bien qu’elles soient d’un blanc fort douteux, précède de cent millions d’années l’apparition de l’homme sur notre planète. Ces conjectures sont difficilement contrôlables. Du reste, comme il arrive fréquemment, les savants ne sont pas d’accord. Les uns, N. Holmgren, par exemple, les rattachant aux Protoblattoïdes qui s’éteignent dans le Permien, les reculent ainsi dans la nuit sans mesure et sans fond de la fin du Primaire. D’autres les trouvent dans le Lias d’Angleterre, d’Allemagne et de Suisse, c’est-à-dire dans le secondaire ; d’autres, enfin, ne les découvrent que dans l’Éocène supérieur, c’est-à-dire dans le Tertiaire. On en a identifié cent cinquante espèces incrustées dans l’ambre fossile. Quoi qu’il en soit, les termites remontent certainement à quelques millions d’années, ce qui est déjà satisfaisant.

Cette civilisation, la plus ancienne que l’on connaisse, est la plus curieuse, la plus complexe, la plus intelligente et, en un sens, la plus logique, la mieux adaptée aux difficultés de l’existence qui, avant la nôtre, se soit manifestée sur ce globe. A plusieurs points de vue, encore que féroce, sinistre et souvent répugnante, elle est supérieure à celle des abeilles, des fourmis et de l’homme même.