Il y a aussi l'épisode des jeunes filles, qui tiennent entre elles des propos à faire rougir un singe. Je ne me trompe pas, le mot est de M. Feuillet lui-même, dans un précédent ouvrage.
Me voilà au bout de ma causerie. Je n'ai rien dit presque de ce que je voulais dire. Il n'y aurait que demi-mal, si j'avais mis un peu d'ordre dans mes idées, mais je crains d'avoir brouillé certaines choses. Ce n'est pas tout que de parler d'abondance de coeur. Encore faudrait-il un peu de méthode.
Nous reviendrons un jour sur l'oeuvre de M. Octave Feuillet. Nous rechercherons l'action du maître sur les conteurs contemporains et nous lui trouverons tout d'abord deux disciples directs d'une grande distinction, M. Duruy et M. Rabusson. Dans un bien joli livre qui vient de paraître (les Romanciers d'aujourd'hui), M. Le Goffic fait observer que M. Rabusson procède de M. Octave Feuillet, mais en prenant la contre-partie des idées du maître. Et cela est vrai. M. Feuillet nous décrit le monde avec une indulgence caressante et un idéalisme coquet. M. Rabusson est, au contraire, un mondain qui dit beaucoup de mal du monde.
Il faudrait insister sur tous ces points. Et je n'ai plus le temps de le faire. J'ai mérité le reproche que Perrin Dandin adresse à l'avocat du pauvre Citron
Il dit fort posément ce dont on a que faire
Et court le grand galop quand il est à son fait.
30 décembre 1890.
Quant cet article a été écrit, Octave Feuillet vivait encore. Qu'on me permette de reproduire ici ce que nous écrivions à la nouvelle de sa mort dans le Temps du 31 décembre 1890.
Octave Feuillet est mort hier. Un coeur délicat et pur a cessé de battre. Tous ceux qui l'ont connu savent qu'il avait une bonté fine et une bienveillance ingénieuse et qu'il mettait de la grâce dans sa cordialité. C'était, j'en ai pu juger, un galant homme qui portait dans ses sentiments toutes les délicatesses du goût. Bien qu'il touchât à la vieillesse, il avait gardé je ne sais quoi de jeune encore qui rend sa perte plus cruelle. Il avait retenu des belles années l'air amène et le don de plaire. La maladie l'avait depuis longtemps touché. Né avec une excessive délicatesse nerveuse et sensible au point de ne pouvoir supporter un voyage en chemin de fer, dans ces dernières années, sa santé était gravement troublée; mais les maladies de nerfs ont une marche si capricieuse, elles offrent de si brusques rémissions, elles sont de leur nature si bizarres, elles ont de telles fantaisies que, le plus souvent, on a cessé de les craindre quand elles s'aggravent réellement. La mort d'Octave Feuillet est une surprise cruelle. Pour ma part, j'ai peine à sortir de l'étonnement douloureux où elle me jette pour accomplir mon devoir qui est de dire en quelques mots la perte que les lettres viennent de faire.
Nous avons parlé ici même à plusieurs reprises du talent d'Octave Feuillet. Nous avons montré son art de composer, son entente du bel arrangement et sa science des préparations. Il fut à cet égard le dernier classique. Il avait des secrets qui sont aujourd'hui perdus. On en peut regretter quelques-uns, et particulièrement l'unité de ton, qu'il observait en maître et qui donne à ses romans une incomparable harmonie.
Nous n'avons pas besoin de rappeler qu'il savait peindre les caractères et marquer les situations. Il avait le goût, la mesure, le tact; et il était unique pour tout dire sans choquer.
Un art nouveau est venu après le sien, un art qui a marqué sa place par de nombreux ouvrages. Ce n'est pas le moment, sans doute, d'opposer une forme d'art à une autre. Chaque génération coule sa pensée dans le moule qui lui plaît le mieux. Il faut comprendre les manifestations de l'art les plus diverses: si le naturalisme est venu, c'est qu'il devait venir, et le critique n'a plus qu'à l'expliquer.
Pour la même raison, il faut admettre aussi l'idéalisme d'Octave Feuillet, qui vint après le romantisme. La part d'Octave Feuillet fut d'être le poète du second empire. Maintenant que ses créations reculent dans le passé, on en saisit mieux le caractère et le style. Ces Julia de Trécoeur, ces Blanches de Chelles, ces Julie de Cambre ont leur vérité: elles sont des femmes de 1855. Elles ont le mordant, le brusque, l'inquiet, l'agité, le brûlé de ce temps, où il y eut une grande poussée de sensualisme et de vie à outrance. Dans leurs sens affinés commence la névrose.
Octave Feuillet fut le révélateur exquis d'un monde brutal, sensuel et vain. Il eut dans la grâce l'audace et la décision et il sut marquer d'un trait sûr la détraquée et le viveur; ce classique nous montre la fin d'un monde.
Il est vrai, et vrai parfois jusqu'à la cruauté. Mais il est poète; il a l'indulgence du poète; il embellit tout ce qu'il touche sans le dénaturer. Il déploie avec amour tout ce qui reste d'élégance et de charme dans cette société qui n'a plus d'art et où la passion même est sans éloquence. Il pare ses héros et ses héroïnes. A-t-il tort? En sont-ils moins vrais pour cela? Non, certes! Par tous les temps, et même dans les sociétés fiévreuses et malades, la nature a sa beauté. Cette beauté, l'artiste la découvre et nous la montre.
La poésie de Feuillet c'est la poésie second empire. Le style de Feuillet, c'est le bon style Napoléon III. Quand la crinoline aura, comme les paniers, le charme du passé, Julia de Trécoeur entrera dans l'idéal éternel des hommes.
Il est à remarquer que ce romancier des faiblesses élégantes et des passions choisies, ce peintre de la vie embellie par le luxe, était un solitaire. Il vécut une grande partie de sa vie paisible caché dans sa petite ville montueuse de Saint-Lô, en compagnie de la femme admirable qui le pleure aujourd'hui et qui par le caractère, comme par le charme du bien dire (on le saura peut-être un jour), était digne de partager la vie de cet écrivain galant homme.
BOUDDHISME
Sans croire le moins du monde que l'Europe soit près d'embrasser la doctrine du nirvana, il faut reconnaître que le bouddhisme, aujourd'hui mieux connu, exerce sur les esprits libres et curieux un attrait singulier et que la grâce de Çakya-Mouni opère aisément sur les coeurs non prévenus. Et il est merveilleux, si l'on y songe, que cette source de morale, qui jaillit du pied de l'Himalaya avant l'éclosion du génie hellénique, ait gardé sa pureté féconde, sa fraîcheur délicieuse, et que le sage de Kapilavastu soit encore pour notre vieille humanité souffrante le meilleur des conseillers et le plus doux des consolateurs.
Le bouddhisme n'est presque pas une religion; il n'a ni cosmogonie, ni dieux, ni culte à proprement parler. C'est une morale, et la plus belle de toutes; c'est une philosophie qui s'accorde avec les spéculations les plus hardies de l'esprit moderne. Il a conquis le Tibet, la Birmanie, le Népal, Siam, le Cambodge, l'Annam, la Chine et le Japon, sans verser une goutte de sang. Il n'a pu se maintenir dans l'Inde si ce n'est à Ceylan, mais il compte encore quatre cents millions de fidèles en Asie. En Europe, sa fortune depuis soixante ans n'est pas moins extraordinaire, si l'on y songe. À peine connu, il a inspiré au plus puissant philosophe de l'Allemagne moderne une doctrine dont on ne conteste plus l'ingénieuse solidité. On sait en effet que la théorie de la volonté fut édifiée par Schopenhauer sur les bases de la philosophie bouddhique. Le grand pessimiste ne s'en défendait pas, lui qui, dans sa modeste chambre à coucher, gardait un Bouddha d'or.
Les progrès de la grammaire comparée et de la science des religions nous ont beaucoup avancés dans la connaissance du bouddhisme. Il faut bien reconnaître aussi que, dans ces dernières années, le groupe des théosophistes, dont les opinions sont si singulières, a contribué à répandre en France et en Angleterre les préceptes de Çakya-Mouni. Pendant ce temps, à Ceylan, le grand-prêtre de l'Église du Sud, Sumangala, faisait à la science européenne l'accueil le plus favorable. Ce vieillard au visage de bronze clair, drapé majestueusement dans sa robe jaune, lisait les livres d'Herbert Spencer en mâchant le bétel. Le bouddhisme, dans sa bienveillance universelle, est doux envers la science, et Sumangala se plut à ranger Darwin et Littré parmi ses saints, comme ayant montré, à l'égal des ascètes de la jungle, le zèle du coeur, la bonne volonté et le mépris des biens de ce monde.
Au reste, l'Église du Sud, à laquelle Sumangala commande, est plus rationaliste et plus libérale que l'Église du Nord, dont le siège apostolique est au Tibet. Il est croyable qu'à les examiner de près les deux communions sont déparées par des pratiques mesquines et des superstitions grossières, mais à ne voir que l'esprit, le bouddhisme est tout entier sagesse, amour et pitié.
Le premier mai 1890, pendant qu'une agitation heureusement contenue, mais qui révèle par son universalité une puissance nouvelle avec laquelle il faut compter, soulevait au soleil du printemps la poussière des capitales, le hasard m'avait conduit dans les salles paisibles du musée Guimet, et là, solitaire, au milieu des dieux de l'Asie, dans l'ombre et dans le silence de l'étude, présent encore par la pensée aux choses de ce temps, dont il n'est permis à personne de se détacher, je songeais aux dures nécessités de la vie, à la loi du travail, à la souffrance de vivre, et, m'arrêtant devant une image de ce sage antique dont la voix se fait entendre encore à l'heure qu'il est à plus de quatre cents millions d'hommes, je fus tenté, je l'avoue, de le prier comme un dieu et de lui demander ce secret de bien vivre que les gouvernements et les peuples cherchent en vain.
Et il me semble que le doux ascète, éternellement jeune, assis les jambes croisées sur le lotus de pureté, la main droite levée comme pour enseigner, me répondit par ces deux mots: Pitié et résignation. Toute son histoire, réelle ou légendaire, mais en tout cas si belle, parlait pour lui; elle disait:
«Fils d'un roi, nourri dans des palais magnifiques, dans des jardins fleuris où, sous les fontaines jaillissantes, les paons déployaient sur le gazon leur éventail ocellé, et dont les hautes murailles me cachaient les misères de ce monde, mon coeur fut saisi de tristesse, car une pensée était en moi. Et, quand mes femmes baignées de parfums dansaient en jouant de la musique, mon harem se changeait à mes yeux en un charnier et je disais: «Voici que je suis dans un cimetière.»
»Or, étant sorti quatre fois de mes jardins, je rencontrai un vieillard et je me sentis atteint de sa décrépitude, je rencontrai un malade et je souffris de son mal, je rencontrai un cadavre et la mort fut en moi. Je rencontrai un ascète et, comprenant qu'il possédait la paix intérieure, je résolus de la conquérir à son exemple. Une nuit que tout sommeillait dans le palais, je jetai un dernier regard sur ma femme et mon enfant endormis et, montant mon cheval blanc, je m'enfuis dans la jungle pour méditer sur la souffrance humaine, ses causes innombrables et le moyen d'y échapper.
»J'interrogeai à ce sujet deux solitaires fameux, qui m'enseignèrent que, par les tortures du corps, l'homme peut acquérir la sagesse. Mais je connus qu'ils n'étaient point sages, et moi-même, après un long jeûne, j'étais tellement exténué par l'abstinence que les bergers du mont Gaya disaient en me voyant: «Oh! le bel ermite: il est tout noir, il est tout bleu, il est de la couleur du poisson madjoura». Mes prunelles luisaient dans les orbites creuses de mes yeux comme le reflet de deux étoiles au fond d'un puits; je fus sur le point d'expirer sans avoir acquis les connaissances que j'étais venu chercher. C'est pourquoi, étant descendu sur les bords du lac Nairandjanâ, je mangeai la soupe de miel et de lait que m'offrit une jeune fille. Ainsi réconforté je m'assis le soir au pied de l'arbre Boddhi et j'y passai la nuit dans la méditation. Vers la pointe du jour, mon intelligence s'ouvrit comme la blanche fleur du lotus et je compris que toutes nos misères viennent du désir qui nous trompe sur la véritable nature des choses et que, si nous possédions la connaissance de l'univers, il nous apparaîtrait que rien n'est désirable, et qu'ainsi tous nos maux finiraient.
»À compter de ce jour, j'employai ma vie à tuer en moi le désir et à enseigner aux hommes à le tuer dans leurs coeurs. J'enseignais l'égalité avec la simplicité, je disais: «Ce ne sont ni les cheveux tressés, ni les richesses, ni la naissance qui font le brahmane. Celui en qui se rencontrent la vérité et la justice, celui-là est brahmane.»
»Je disais encore: Soyez sans orgueil, sans arrogance, soyez doux. Les passions, qui sont les armées de la mort, détruisez-les comme un éléphant renverse une hutte de roseaux. On ne se rassasie pas plus avec tous les objets du désir qu'on ne peut se désaltérer avec toute l'eau de la mer. Ce qui rassasie l'âme, c'est la sagesse. Soyez sans haine, sans orgueil, sans hypocrisie. Soyez tolérants avec les intolérants, doux avec les violents, détachés de tout parmi ceux qui sont attachés à tout. Faites toujours ce que vous voudriez que fît autrui. Ne faites de mal à aucun être.
»Voilà ce que j'enseignai aux pauvres et aux riches, pendant quarante-cinq ans, après lesquels je méritai d'entrer dans le bienheureux repos que je goûte à jamais.»
Et l'idole dorée, le doigt levé, souriante, ses beaux yeux ouverts, se tut.
Hélas! s'il exista, comme je le crois, Çakya-Mouni fut le meilleur des hommes. «C'était un saint!» s'écria Marco Polo en entendant son histoire. Oui, c'était un saint et un sage. Mais sa sagesse n'est pas faite pour les races actives de l'Europe, pour ces familles humaines si fort en possession de la vie. Et le remède souverain qu'il apporte au mal universel ne convient pas à notre tempérament. Il invite au renoncement et nous voulons agir; il nous enseigne à ne rien désirer et le désir est en nous plus fort que la vie. Enfin, pour récompense de nos efforts, il nous promet le nirvana, le repos absolu, et l'idée seule de ce repos nous fait horreur. Çakya-Mouni n'est pas venu pour nous; il ne nous sauvera pas. Il n'en est pas moins l'ami, le conseiller des meilleurs et des plus sages. Il donne à ceux qui savent l'entendre de graves et de fortes leçons, et s'il ne nous aide pas à résoudre la question sociale, le baume de sa parole peut guérir plus d'une plaie cachée, adoucir plus d'une douleur intime.
Avant de quitter le musée Guimet, j'obtins d'entrer dans la belle rotonde où sont les livres. J'en feuilletai quelques-uns: l'Histoire des religions de l'Inde, par M. L. de Milloué, le savant collaborateur de M. Guimet, l'Histoire de la littérature hindoue, par Jean Lahor, pseudonyme qui cache un poète savant et philosophe, quelques autres encore. J'y lus, parmi plusieurs légendes bouddhiques, une histoire admirable que je vous demande la permission de conter, non telle qu'elle est écrite, malheureusement, mais telle que j'ai pu la retenir. Elle m'occupe tout entier, et il faut absolument que je vous la dise.
HISTOIRE DE LA COURTISANE VASAVADATTA ET DU MARCHAND OUPAGOUPTA
Il y avait à Mathoura, dans le Bengale, une courtisane d'une grande beauté nommée Vasavadatta, qui, ayant une fois rencontré dans la ville, le jeune Oupagoupta, fils d'un riche marchand, s'éprit pour lui d'un ardent amour. Elle lui envoya sa servante pour lui dire qu'elle le recevrait avec joie dans sa maison. Mais Oupagoupta ne vint pas. Il était chaste, doux, plein de pitié; il possédait la science; il observait la loi et vivait selon le Bouddha. C'est pourquoi il méprisa l'amour de cette femme.
Or il arriva que, peu de temps après, Vasavadatta, ayant commis un crime, fut condamnée à avoir les mains, les pieds, les oreilles et le nez coupés. On la conduisit dans un cimetière où la sentence fut exécutée, et Vasavadatta fut laissée sur le lieu où elle avait subi sa peine. Elle vivait encore.
Sa servante, qui l'aimait, se tenait près d'elle et chassait les mouches avec un éventail, pour que la suppliciée pût mourir tranquille. Pendant qu'elle accomplissait ces soins pieux, elle vit venir un homme qui s'avançait, non comme un curieux, mais avec recueillement et dans l'appareil d'un visiteur plein de déférence. En effet, un enfant portait un parasol sur la tête de cet homme. Ayant reconnu le jeune Oupagoupta, la servante réunit les membres épars de sa maîtresse et les cacha à la hâte sous son manteau. S'étant approché de Vasavadatta, le fils du marchand s'arrêta et contempla en silence celle dont la beauté brillait naguère comme une perle dans la ville. Cependant la courtisane, reconnaissant celui qu'elle aimait, lui dit d'une voix expirante:
—Oupagoupta, Oupagoupta! quand mon corps, orné d'anneaux d'or et d'étoffes légères, était doux comme la fleur du lotus, malheureuse, je t'ai attendu en vain. Tandis que j'inspirais le désir tu n'es pas venu. Oupagoupta, Oupagoupta! pourquoi viens-tu, maintenant que ma chair sanglante et mutilée n'est plus qu'un objet de dégoût et d'épouvante?
Oupagoupta répondit avec une douceur délicieuse:
—Ma soeur Vasavadatta, aux jours rapides où tu semblais belle, mes sens n'ont point été abusés par de vaines apparences. Je le voyais déjà par l'oeil de la méditation telle que tu apparais aujourd'hui. Je savais que ton corps n'était qu'un vase de corruption. Je te le dis en vérité, pour qui voit et qui sait, ma soeur, tu n'as rien perdu. Sois donc sans regrets. Ne pleure point les ombres de la joie et de la volupté qui te fuient, laisse se dissiper le mauvais rêve de la vie. Dis-toi que tous les plaisirs de la terre sont comme le reflet de la lune dans l'eau. Ton mal vient d'avoir trop désiré; ne désire plus rien, sois douce envers toi-même et tu vaudras mieux que les dieux. Oh! ne souhaite plus de vivre; on ne vit que si l'on veut; et tu vois bien, ma soeur, que la vie est mauvaise. Je t'aime: crois-moi, soeur Vasavadatta, consens au repos.
La courtisane entendit ces paroles et, connaissant qu'elles étaient véritables, elle mourut sans désirs et quitta saintement ce monde illusoire.
LES CHANSONS DU CHAT-NOIR
Il y a deux ans, une hôtesse toute gracieuse fit venir le Chat-Noir chez elle, pour l'amusement d'un très grand philosophe, d'un vieux maître vénérable et bien-aimé, d'un sage que rien ne détourne de la contemplation des vérités éternelles et qui endure en souriant les douleurs de la goutte. Le maître, paisiblement assis dans son fauteuil, reposait sur sa poitrine sa tête puissante, et pensive, quand à dix heures sonnantes, le Chat-Noir, représenté par deux jeunes messieurs corrects, l'un grand, l'autre petit, entra dans le salon avec une politesse silencieuse. Le premier était Mac-Nab, qui est mort depuis, laissant un frère plongé dans l'étude des arts magiques. Le second était Jules Jouy, l'abondant et véhément chansonnier. Mac-Nab avait, de son vivant l'apparence d'une longue et lugubre personne. Il disait d'un ton morne, avec un visage désolé, des choses sinistres. Quand il ouvrait la bouche, sa mâchoire semblait se détacher comme d'une tête de mort, sans effort et sans bruit; les yeux lui coulaient doucement hors des orbites, et ses mains énormes inspiraient en s'allongeant une mystérieuse horreur. C'était sa manière d'être comique; elle était excellente, encore fallait-il y être préparé. Il chanta, ce soir-là, des couplets macabres sur la guillotine, les croque-morts et les squelettes, et il finit sur une certaine ballade dont il m'est impossible de transcrire le titre, et dans laquelle il retrouve l'image de la mort où, d'ordinaire, on la cherche le moins. C'est tout ce que je puis dire. M. Jules Jouy, petit, court, la barbe en pointe, vif, mordant, montrait un tout autre caractère. Il ne parlait que des vivants. Mais de quelle façon il les traitait, juste ciel! On sait que M. Jules Jouy fait la chanson politique, et l'on sait comment il la fait. Le public était fort occupé, en ce temps-là, des incidents parlementaires et judiciaires qui ont précédé la retraite de M. le président Grévy. Vous devinez sur qui M. Jules Jouy essayait alors ce génie satirique qu'il a tant exercé depuis à combattre le boulangisme. Et quand M. Jules Jouy dit ses chansons, pas une malice n'en est perdue.
Du fond de son fauteuil, où il reposait dans l'attitude de majesté familière qu'Ingres, sur une toile fameuse, a donné au vieux Bertin, notre maître, le grand savant, le grand sage, écoutait en balançant lentement la tête et ne prononçait pas une parole. Un demi-siècle d'études austères et de méditations profondes l'avait mal préparé à cette poésie-là. Quand ce fut fini, il fit quelques compliments aux artistes, mais par pure politesse, car il est l'homme le plus poli du monde. Au fond, il n'avait pas bien goûté ce genre d'esprit. Et puis, il était choqué de certaines irrévérences. Il appartient à une génération qui avait beaucoup plus que la nôtre le sentiment de la vénération. Son hôtesse s'en aperçut et, à quelques jours de là, pour effacer cette impression un peu pénible, elle fit entendre à notre sage une très célèbre chanteuse de cafés-concerts, dont l'inspiration était, comme la beauté, toute ronde et parfaitement innocente. Cette fois notre sage sourit, et il avoua que les jeunes gens de l'autre soir, pour aimables qu'ils étaient, avaient tort de railler des choses respectables, telles que les pouvoirs publics, l'amour et la mort. Il avait raison, il avait grandement raison. Mais il faut dire aussi qu'une chanson n'est pas un cantique et que, dans tous les temps, les faiseurs de vaudevilles se sont moqués de tout et du reste.
Ils ont, à leur façon, beaucoup de talent, les chansonniers du Chat-Noir, et ils ressuscitent la chanson. Il y avait le Caveau, je sais bien, le Caveau et la Lice chansonnière. Je n'en veux pas médire. Je suis sûr qu'on y a beaucoup d'esprit. Mais ce n'est pas l'esprit du jour.
Il est vénérable, le Caveau! Songez qu'il fut fondé en 1729 par Gallet, Piron, Crébillon fils, Collé et Panard, qui se réunissaient chez le cabaretier Landelle, au carrefour Buci. Il est vrai que cette première société fut bientôt dispersée. Le deuxième Caveau, inauguré en 1759, par Marmontel, Suard, Lanoue et Boissy, se trouva dissous un peu avant la Révolution. En 1806, Armand Gouffé et le libraire Capelle établirent, sous la présidence de Désaugiers, le Caveau moderne au restaurant tenu par Balaine, rue Montorgueil, au coin de la rue Mandar; Capelle éditait les oeuvres de la compagnie.
Publiant un cahier chaque mois, un volume chaque année, il acquittait les dépenses de la table et faisait encore quelque profit. Je m'en réfère sur ces faits précis à un livre de M. Henri Avenel, intitulé Chansons et Chansonniers. Après une dernière dissociation, le Caveau reconstitué, en 1834, chez le traiteur Champeaux, place de la Bourse, a donné ses dîners, sans interruption. On chante au dessert. C'est une société très agréable, si j'en juge par un de ses membres que j'ai le plaisir de connaître, M. Emile Bourdelin, auteur de très jolis couplets sur l'Arbre de Robinson.
Une bien agréable société sans doute, mais qui n'est pas composée de jeunes gens, et où la chanson ne s'est point rajeunie. Mettons que le Caveau, c'est l'Académie française de la Chanson.
La Lice chansonnière doit avoir aussi son mérite. Un de ses adhérents m'affirme qu'on y professe les opinions les plus avancées, tandis que le Caveau est tant soit peu réactionnaire. Voyez-vous cela?… Enfin Lice et Caveau sont d'honnêtes personnes qui ne font pas parler d'elles, tandis que l'école du Chat-Noir mène grand tapage. M. Jules Jouy, dont nous parlions tout à l'heure, est presque populaire. Et c'est justice: il a l'ardeur, l'entrain, et, dans une langue très mêlée, de l'esprit et du trait. Je ne l'aime pas beaucoup quand il vise au sublime. Mais il est excellent dans l'ironie. Rappelez-vous la Perquisition et les Manifestations boulangistes sur l'air de la Légende de saint Nicolas:
Ils étaient trois petits garçons
Qui passaient, chantant des chansons.
Au reste, pas moderne le moins du monde, et même gardant dans l'esprit et dans le style un arrière-goût de chansonnier patriote. Qu'on ne s'y trompe pas, il procède plus qu'il ne croit de ces virtuoses du pavé qui, en février 1848, au lendemain de la victoire du peuple, chantaient des refrains populaires et quêtaient pour les blessés.
Vers l'avenir que nos chefs nous conduisent.
Que voulons-nous? Des travaux et du pain;
Que nos enfants à l'école s'instruisent,
Que nos vieillards ne tendent plus la main,
Moins arriérés qu'en l'an quatre-vingt-treize.
Sachons unir la justice et les lois,
Salut, salut, République française,
Je puis mourir, je t'ai vue une fois.
Et ce couplet, s'il vous plaît, est de Gustave Leroy. C'est le troisième d'une chanson qui fit le tour de France sur l'air de Vive Paris! M. Jules Jouy a beaucoup d'esprit. Mais j'aperçois en lui un Gustave Leroy. Les vrais modernes sont Aristide Bruant, Victor Meusy, Léon Xanrof. Avec eux la chanson a pris un air qu'elle n'avait pas encore, une crânerie canaille, une fière allure des boulevards extérieurs, qui témoigne du progrès de la civilisation. Elle parle l'argot des faubourgs. Au XVIIIe siècle, elle parlait, avec Vadé, le langage poissard:
Qui veut savoir l'histoire entière
De m'am'zelle Manon la couturière
Et de monsieur son cher zamant,
Qui l'ammait zamicablement?
Ce jeune homme, t'un beau dimanche,
Qu'il buvait son d'mi-s'tier à la Croix-Blanche,
Fut accueilli par des farauds,
Qui racollent z'en magnièr' de crocs.
L'un d'eux lui dit voulez-vous boire
À la santé du roi couvert de gloire!
—À sa santé? dit-il, zoui-dà;
Il mérite bien cet honneur-là.
On n'eût pas plutôt dit la chose,
Qu'un racoleur ly dit et ly propose,
En lui disant en abrégé
Q'avec eux t'il est z'engagé.
……………………………..
Sachant cela Manon z'habille
S'en va tout droit de cheuz monsieur d'Merville
Pour lui raconter z'en pleurant
Le malheur de son accident.
……………………………..
C'est là le ton des halles, qui permettait encore une certaine délicatesse et une pointe de sentiment. Mais la langue des halles est aujourd'hui une langue morte. Nos nouveaux Vadé chantent en langue verte. La langue verte est expressive, mais faite pour exprimer seulement les pires instincts et pour peindre les plus mauvaises moeurs. À cet effet elle est incomparable, comme on peut s'en persuader par ces simples vers que M. Aristide Bruant prête à un personnage dont il est inutile de définir l'état et le caractère:
Allé a pus d'daron pus d'daronne,
Allé a pus personne,
Allé a que moi.
Au lieu d'sout'nir ses père et mère,
A soutient son frère,
Et pis quoi?…
M. Lorédan Larchey nous enseigne à propos, dans son Dictionnaire d'Argot, que daron et daronne veut dire père et mère.
M. Aristide Bruant, qui, sous son grand chapeau et sa limousine, a un air de chouan, n'est pas, il me semble un fidèle du Chat-Noir. Je crois même qu'il a ouvert un cabaret rival. Mais il reste de l'école verte, et cela suffit pour le classement. Il a composé une suite de chansons de faubourgs d'un magnifique cynisme, À Batignolles, À la Villette, À Montparnasse, À Saint-Lazare, À la Roquette, À Montrouge, À la Bastille, À Grenelle, À la Chapelle.
M. Meusy parle aussi l'argot parisien; mais ses personnages sont moins séparés de la société que ceux de M. Bruant. Ils font de la politique. L'un deux dit avec sagesse:
N'écout' pas ces bons apôtres
Qui veul'nt reviser la loi;
Puisque c'est pour en fair' d'autre…
On s'demand' pourquoi.
Un autre personnage de M. Meusy procède au classement des partis:
Y a l'parti d'monsieur Joffrin,
Y sont un;
Y a l'parti des anarchis',
Y sont dix;
Y a l'parti de l'Intransigeant,
Y sont cent;
Y a l'parti de Reinach Joseph,
Y sont b'sef;
Y a l'parti d'ceux qui n'en ont pas,
Et y sont des tas.
J'estime la muse de Victor Meusy, mais j'avoue mon faible pour celle de Léon Xanrof. M. Léon Xanrof a composé la Ballade du vitriolé et je lui en sais un gré infini. C'est un ouvrage plein de philosophie où l'on admire en même temps l'enchaînement des crimes et la fatalité que rien n'élude. Jamais poème ne fournit plus ample matière à la méditation. Je vous en fais juges:
C'était sur le boulevard
Il commençait à fair' tard
Arrive un' femm' qu'avait l'air
Tragiqu' comme mam'zelle Weber.
Elle allait dissimulant
Un litr' dans du papier blanc,
Et r'gardait les boudinés
D'un air féroce sous l'nez.
Soudain ell' s'écri': «C'est lui,
Le séducteur qui m'a fui!»
En mêm' temps elle arrosa
Trois messieurs, très vexés d'ça.
Et le poète déroule son drame lyrique que domine la Nécessité, souveraine des hommes et des dieux:
Deux ayant été r'connus
Par la dam' comme inconnus,
Fur'nt relâchés illico.
Que ne puis-je tout citer!… Et l'humiliation du séducteur devant le tribunal, et l'acquittement nécessaire de la vitrioleuse et son mariage avec un lord excentrique. Et la morale. Oh! c'est par sa morale que M. Léon Xanrof est surtout grand, neuf et magnifique. Méditez à cet égard la chanson des Quatre-z-étudiants, qui est un pur chef-d'oeuvre. Ces quatre-z-étudiants oublièrent leurs études avec une demoiselle de Bullier. Quand vinrent les vacances, leurs parents leur firent des reproches et leur enjoignirent de suivre exactement les cours à la rentrée. Les quatre-z-étudiants obéirent:
Ils se r'mir'nt à l'étude
Avec acharnement.
N'avaient pas l'habitude,
Sont morts au bout d'un an.
Quelle leçon pour les parents! Cette histoire ne passe-t-elle pas en mélancolie l'aventure douloureuse de Juliette et de Roméo? M. Xanrof n'est-il pas un sublime moraliste et l'école du Chat-Noir une grande école?
FIN
TABLE ALPHABÉTIQUE DES NOMS DES ACTEURS CITÉS OU MENTIONNÉS DANS CE VOLUME
A
ALDE MANUCE.
ALEXIS (Paul).
AMÉLINEAU.
ANTOINE (M.).
ARÈNE (Paul).
ARISTOPHANE.
AUGUSTIN (saint).
AVENEL (Henri).
B
BALLANCHE.
BANVILLE (Théodore de).
BARATOUX (J.).
BARBEY D'AUREVILLY (J.).
BARBIER (Auguste).
BARBIER (Jules).
BAUDELAIRE (Charles).
BÉRENGER (P.-F. DE).
BERNHARD (Sarah).
BLADÉ (Jean-François).
BLAZE DE BURY (Henri).
BLÉMONT (Émile).
BONNETAIN (Paul).
BOCCACE.
BOILEAU (Nicolas).
BOUCHOR (Maurice).
BOUILHET (Louis).
BOURDELIN (Émile).
BOURGET (Paul).
BOURSAULT.
BRIZEUX (Aug.).
BRUANT (Aristide).
BRUNETIÈRE (Ferdinand).
BUY, DE LYON.
C
CALMET (dom).
CALVIN.
CAMPISTRON.
CAPELLE.
CARAN D'ACHE.
CARNOY (Henri).
CAZALIS (Henry). Voir Lahore (Jean).
CERVANTÈS (Miguel).
CHAMPFLEURY.
CHAMPION (Honoré).
CHARAVAY (Étienne).
CHARTON (Édouard).
CHATEAUBRIAND (F. de).
CHENAVARD.
CHENNEVIÈRES (Henri de).
CHERBULIEZ (Victor).
CICÉRON.
COLÉRUS (Jean).
COLLÉ.
COLLIN DE PLANCY.
COMPARETTI.
CONFUCIUS.
COPPÉE (François).
CORNEILLE (Pierre).
CRÉBILLON FILS.
D
DANTE.
DARWIN.
DAUDET (Alphonse).
DAVIS.
DELISLE (Léopold).
DENON (baron Vivant).
DESJARDINS (Paul).
DIDE (Auguste).
DIERX (Léon).
DIOSCORIDE.
DORAT.
DOUCET (Lucien).
DU BELLAY.
DU LOCLE.
DUMAS FILS (Alexandre).
DURUY (Georges).
E
EDISON.
ENTRECOLLÉS (le P. d').
EPHREM (saint).
ÉPICURE.
ÉRASME.
ÉRINNE.
ESCHYLE.
ESTIENNE (Henry).
F
FABRE (Ferdinand).
FABRE (Joseph).
FAGON.
FARET.
FEUILLET (Octave).
FLAMMARION (Camille).
FLAUBERT (Gustave).
FLORIAN (le chev. de).
FOURNIER (Édouard).
FUSTER (Charles).
G
GAILLARD D'ARCY.
GALLET.
GAUTIER (Théophile).
GAVARNI.
GILBERT.
GIRARDIN (Émile de).
GLAIZE.
GLATIGNY (Albert).
GOETHE (Wolfgang).
GONCOURT (É. et J. de).
GONCOURT (Jules de).
GRATRY (le père).
GRÉGOIRE DE TOURS.
GREUZE (J.-B.).
GUILLEMIN.
GUILLON (Charles).
GUIMET.
GYP.
H
HALÉVY (Ludovic).
HAMY (Ernest).
HARAUCOURT (Édouard).
HAVET (Louis).
HEILLY (Georges d').
HENNER.
HENNIQUE (Léon).
HEREDIA (J. M. de).
HERVIEU (Paul).
HÉSIODE.
HROTSWITHA.
HUGO (Victor).
HUYSMANS.
I
INGHERAMI (Tomasso).
J
JACOLLIOT.
JAUBERT (E.).
JOLY (Henri).
JOUY (Jules).
JOUY (M. DE).
JULIEN (Stanislas).
K
KILLINGER (Maximilien de).
L
LACORDAIRE (H. D.).
LA FARE (le chev. de).
LA FONTAINE (J. de).
LAHORE (Jean).
LAMARTINE (Alphonse de).
LAPRADE (Victor de).
LARCHEY (Lorédan).
LAUJOL (Henry).LEBLANC (abbé).
LECONTE DE LISLE.
LE GOFFIC.
LEMAÎTRE (Jules).
LERMINA (Jules).
LEROLLE (Henri).
LEROY (Gustave).
LESAGE.
LESCURE (M. de).
LESIGNE (Ernest).
LITTRÉ (E.).
LOMBROSO.
LOTI (Pierre).
LUCAS (Paul).
LUCIEN.
LUCRÈCE.
M
MAC-NAB.
MAISTRE (Joseph de).
MALLARMÉ (Stéphane).
MARGUERITE DE NAVARRE, duchesse d'Alençon.
MARIÉTON (Paul).
MARTEL (comtesse de).
MATHALÈNE.
MAUDSLEY.
MAUREL (André).
MAUPASSANT (Guy de).
MÉLÉAGRE.
MENDÈS.
MÉRAT (Albert).
MÉRIMÉE (Prosper).
MEURICE (Paul).
MEUSY (Victor).
MEYRAC (Albert).
MOLIÈRE.
MONSELET (Charles).
MONTEIL (Alexis).
MONTAIGNE (Michel de).
MONTAIGLON (Anatole de).
MONTÉPIN (X. de).
MORÉAS (Jean).
MORGAN (lady).
MICHELET (J.).
MILLOUÉ (L. de).
MISTRAL (Frédéric).
N
NIMAL (Henry de).
NIZIER (du Puitspelu). Voir Clair Tisseur.
NOLHAC (Pierre de).
O
OHNET (Georges).
P
PANARD.
PARNY (Évariste).
PASCAL (Blaise).
PAULHAN.
PAUTHUR (Guillaume).
PÉLADAN (Joséphin).
PÉTRARQUE.
PÉTRONE.
PINEL.
PIRON.
PLATON.
PLESSIS (Frédéric).
PONSARD (François).
POULET-MALASSIS.
PRAROND (Ernest).
PROPERCE.
PROUDHON.
PRUDHON (P.-P.).
PSICHARI (Jean).
PUYMAIGRE (comte DE).
Q
QUÉRARD.
QUINET (Edgar).
QUICHERAT (Jules).
R
RABELAIS (F.).
RABUSSON (Henri).
RACINE (Jean).
RAGOT (Adolphe).
RÉCAMIER (Mme).
RÉMUSAT (Abel).
RENAN (Ernest).
RENOUVIER (Charles).
RÉGNIER (H. DE).
REYER.
RIBOT (Théodule).
RICARD (L. X. DE).
RICHARD-DESAIX (Ulric).
RICHET (Ch.).
RIVIÈRE (C. H.).
ROBERT D'ARBRISSEL.
ROBESPIERRE (Maximilien).
ROCHEGROSSE (Georges).
ROD (Édouard).
RONSARD.
ROSSETTI (Dante-Gabriel).
ROSNY (J.-H.).
ROUSSEAU (Jean-Jacques).
S
SAINT-AMAND, 159.
SAINTE-BEUVE (Augustin).
SAINT-PIERRE (Bernardin de).
SAINT-VICTOR (Paul de).
SAND (George).
SARCEY (Francisque).
SARRAZIN (Gabriel).
SARRAZIN, DE LYON.
SCHEFFER (Ary).
SCHERER (Edmond).
SÉBILLOT (Paul).
SEVELINGES.
SHAKESPEARE (William).
SCHOPENHAUER (Arthur).
SHELLEY.
SIGNORET.
SIVRY (Charles de).
SOPHOCLE.
SOULARY (Joséphin).
SOUVESTRE (Émile).
SPENCER (Herbert).
SPINOSA.
SPRONCK (Maurice).
STAPFER (Paul).
SULLY-PRUDHOMME.
SYLVESTRE (Théophile).
T
TAINE (H.).
TCHENG-KI-TONG.
TÉRENCE.
TERTULLIEN.
THÉOPHRASTE.
THEURIET (André).
THIERRY (Gilbert-Augustin).
THOMAS D'AQUIN (saint).
THOMS.
TIERSOT (Julien).
TILLEMONT (le nain de).
TISSERAND.
TISSEUR (Alexandre).
TISSEUR (Barthélémy).
TISSEUR (Clair).
TISSEUR (Jean).
TOLSTOÏ (comte de).
TÖPFFER (R.).
TOURNEAUX (Maurice).
U
UZANNE (Octave).
V
VACQUERIE (Auguste).
VACQUERIE (Charles).
VADÉ (Guillaume).
VALADE (Léon).
VALBERT. Voir Cherbuliez.
VALLET DE VIRIVILLE.
VERLAINE (Paul).
VERNE (Jules).
VICAIRE (Gabriel).
VIGNY (Alfred de).
VILLIERS DE L'ISLE ADAM (Auguste).
VILLON (François).
VIOLLET-LE-DUC.
VIRGILE.
VOGÜÉ (vicomte E. M. DE).
VOLTAIRE.
W
WAGNER (Richard).
X
XANROF. XÉNOPHON.
Z
ZOLA (Émile).
FIN DE LA TABLE ALPHABÉTIQUE
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE.
POURQUOI SOMMES-NOUS TRISTES?
HROTSWITHA AUX MARIONNETTES.
CHARLES BAUDELAIRE.
RABELAIS.
BARBEY D'AUREVILLY.
PAUL ARÈNE.
LA MORALE ET LA SCIENCE. M. PAUL BOURGET.
CONTES CHINOIS.
Histoire de la dame à l'éventail blanc.
CHANSONS POPULAIRES DE L'ANCIENNE FRANCE.
I. Chansons d'amour.
II. Le soldat.
III. Chansons de labour.
VILLIERS DE L'ISLE-ADAM.
UN MOINE ÉGYPTIEN.
LÉON HENNIQUE.
LE POÈTE DE LA BRESSE, GABRIEL VICAIRE.
LE BARON DENON.
MAURICE SPRONCK.
UNE FAMILLE DE POÈTES: BARTHÉLÉMY TISSEUR, JEAN TISSEUR, CLAIR TISSEUR.
RÊVERIES ASTRONOMIQUES.
M. MAURICE BOUCHOR ET L'HISTOIRE DE TOBIE 218 Histoire des deux amants
d'Auvergne.
JOSÉPHIN PÉLADAN.
SUR JEANNE D'ARC.
SOUS LES GALERIES DE L'ODÉON.
ÉDOUARD ROD.
J.-H. ROSNY.
FRANÇOIS COPPÉE.
LES IDÉES DE GUSTAVE FLAUBERT.
PAUL VERLAINE.
DIALOGUES DES VIVANTS: LA BÊTE HUMAINE'
NOUVEAUX DIALOGUES DES MORTS: UNE GAGEURE.
UNE JOURNÉE À VERSAILLES.
AUGUSTE VACQUERIE
OCTAVE FEUILLET
BOUDDHISME.
Histoire de la courtisane Vasavadatta et du marchand Oupagoupta.
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