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Le Bossu: Aventures de Cape et d'Épée. Volume 5 cover

Le Bossu: Aventures de Cape et d'Épée. Volume 5

Chapter 27: TABLE DES CHAPITRES
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About This Book

A swashbuckling continuation focuses on a cunning hunchback who takes up residence at the Gonzague household amid a feverish street speculation that sends Parisians into delirium over newly issued shares. The narrative alternates crowded market scenes and satirical portraits of profiteering with clandestine meetings and plotting around a marriage contract. Characters form shifting alliances, trade favors, and engage in financial and personal machinations, blending brisk action, social observation, and mounting intrigue that propel the plot toward further confrontations and revelations.

—Ta main..., disait cependant le bossu;—lentement... bien lentement... comme si une invincible puissance te forçait à me la donner malgré toi...

La main d'Aurore se détacha de son visage et descendit par un mouvement automatique.

Si les gens de la galerie avaient pu voir son adorable sourire!

Ce qu'ils voyaient, c'était son sein agité, sa jolie tête renversée dans les masses de ses cheveux.

Ils regardaient maintenant le bossu avec une sorte d'épouvante.

—Capédébiou! fit Cocardasse,—elle donne sa main, la pécaïre!

Et tous répétèrent avec un ébahissement profond:

—Il fait d'elle tout ce qu'il veut!... quel démon!

—Apapur! ajouta Cocardasse en adressant un coup d'œil à Passepoil,—ces choses-là, il faut les voir pour y croire!

—Quand je les vois, moi, dit M. de Peyrolles derrière Gonzague,—je n'y crois point.

—Eh! pardieu! protesta-t-on de toutes parts,—on ne peut pas nier l'évidence pourtant!

Peyrolles secoua la tête d'un air chagrin.

—Ne négligeons rien, continuait le bossu, qui avait ses raisons sans doute pour compter sur la simplicité de dona Cruz;—Gonzague et son âme damnée sont là maintenant... Il s'agit de les tromper aussi... Quand ta main va toucher la mienne, Aurore, il faut tressaillir et jeter autour de toi un regard stupéfait... Bien!

—J'ai joué cela dans la Belle et la Bête à l'Opéra, dit Nivelle qui haussa les épaules;—j'étais plus étonnée que cette petite... n'est-ce pas, Oriol?

—Vous étiez charmante, comme toujours, répondit le gros petit financier;—mais quel choc la pauvre enfant a éprouvé quand leurs mains se sont rencontrées!

—Preuve qu'il y a antipathie et domination diabolique! prononça gravement Taranne.

Le baron de Batz, qui n'était pas un ignorant, dit:

—Ia! andibadie! Ia! Ia!... Tôminazion tiapolique!... sacramente!

—Maintenant, reprenait le bossu,—tourne-toi vers moi... tout d'une pièce... lentement... lentement...

Il se leva et la domina du regard.

—Lève-toi, poursuivit-il,—comme un automate... Bien!... regarde-moi... Fais un pas... et laisse toi tomber dans mes bras.

Aurore obéit encore,—dona Cruz restait immobile comme une statue.

Il y eut derrière la porte, qui s'ouvrit toute grande, un tonnerre d'applaudissements.

La charmante tête d'Aurore s'appuyait contre la poitrine d'Ésope II, dit Jonas.

—Juste cinq minutes! s'écria Navailles;—montre à la main!

—Est ce qu'il a changé la jolie senorita en statue de sel? demanda Nocé.

Le flot des spectateurs envahissait le salon en tumulte.

On entendit le petit rire sec du bossu qui disait en s'adressant à Gonzague:

—Monseigneur, ce n'est pas plus difficile que cela!

—Monseigneur, disait de son côté Peyrolles,—il y a ici quelque chose d'incompréhensible... ce drôle doit être un adroit jongleur.

—As-tu peur qu'il ne t'escamote ta tête? demanda Gonzague.

Puis se tournant vers Ésope II, dit Jonas, il ajouta:

—Bravo! l'ami... nous donneras-tu ta recette?

—Elle est à vendre, monseigneur, répliqua le bossu.

—Et cela tiendra-t-il jusqu'au mariage?

—Jusqu'au mariage, oui... mais pas au delà.

—Combien le vends-tu, ton talisman, bossu? s'écria Oriol.

—Presque rien... mais il faut pour s'en servir une denrée qui coûte cher.

—Quelle denrée? demanda encore le gros petit financier.

—De l'esprit, répondit Ésope II.—Allez donc d'abord au marché, mon gentilhomme.

Oriol fit le plongeon dans la foule. On battit des mains. Choisy, Nocé, Navailles entourèrent dona Cruz et l'interrogèrent avidement.

—Qu'a-t-il dit?... Parlait-il latin?... Avait-il à la main quelque fiole?

—Il parlait hébreu! répondit la gitanita qui se remettait par degrés.

—Et cette jolie fille le comprenait?...

—Couramment... il a fourré sa main gauche dans son sein et en a tiré quelque chose qui ressemblait... comment dirais-je?

—A une corne de bouc? à un miroir magique? à un grimoire?

—A une liasse d'actions plutôt? demanda Nivelle.

—Cela ressemblait à un mouchoir de poche, repartit la gitanita qui tourna le dos.

—Pardieu! tu fais un homme précieux, l'ami, dit Gonzague qui lui mit la main sur l'épaule;—je t'admire!

—Pour un débutant, n'est-ce pas, monseigneur?... fit Ésope II avec un sourire modeste. Mais, s'interrompit-il,—priez ces messieurs de se reculer un peu... à distance!... à distance!... Qu'on n'aille pas me l'effaroucher... j'ai eu assez de peine... Où est le notaire?

—Qu'on fasse venir le notaire royal! ordonna M. de Gonzague.

FIN DU TOME CINQUIÈME.


TABLE DES CHAPITRES

DU CINQUIÈME VOLUME.
    Pages.
LE CONTRAT DE MARIAGE.
(Suite.)
II. Un coup de bourse sous la régence 5
III. Caprice de bossu 25
IV. Gascon et Normand 47
V. L'invitation 67
VI. Le salon et le boudoir 89
VII. Une place vide 111
VIII. Une pêche et un bouquet 129
IX. Le neuvième coup 147
X. Triomphe du bossu 165
XI. Fleurs d'Italie 183
XII. La fascination 203