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Le Bourdeau des neuf pucelles cover

Le Bourdeau des neuf pucelles

Chapter 29: MADEMOISELLE DE SCUDÉRY
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About This Book

A poetic and critical miscellany that revisits a seventeenth-century libertine poet’s life and suppressed writings, combining original verse, adaptations of fragmentary texts, and editorial commentary. The author dedicates and tempers erotic material while recounting the poet’s arrest, trial, and execution, and reflects on censorship, literary reputation, and the survival of texts despite suppression. The volume alternates elegiac homage, descriptive pastiche of lost poems, and restrained erotic imagination, and includes notes about recovered fragments and the limits of reproduction. Overall it explores the tension between artistic daring and social repression through poetry and prose annotation.

MADEMOISELLE DE SCUDÉRY

Eh là ! n’esmouvez plus, Sapho,
L’esventail, zéphyr des ruelles.
S’il vous cuit, la glace ne fault
Que mon vers jette à pleine escuelle.
Relevez votre beau séant
Du throsne de la Chambre bleue ;
Assez avez piaffé céans
Dedans vos mots à longue queue.
Vos poulets ne se mangent point,
— Régime bon aux fièvres quartes. —
Du village des Petits Soins
Vous avez dessiné la carte.
Ains en votre privé, ma sœur,
Vous ne vous estes point faict coulpe
De vous régaller pour le seur
D’une plus nourricière poulpe.
L’ambition dont s’enflamma
Vostre bouche, où branle un pieu jaune,
Charge la langue et l’estomac,
Et rote des phrases d’une aune.
L’in-quarto, frais noirci de vers,
Moins que votre peau suinte l’encre.
Estes-vous plus blanche à l’envers,
Où vertu de fille s’eschancre ?
Ores veulx, — poussé le verrou —
Vierge au fusain, mais qui sens l’huile,
Vous esclaircir — je sçais par où —
Le teint, l’oraison et le chyle.
Ces jupes à bas ! Ostez donc
La friponne après la modeste,
Ces liens que l’épingle (oh ! pardon)
La sangsue encor me conteste.
Salut Phœbé ! Dans ce bassin
Mire ta beauté qui se scinde !
L’eau d’Hippocrène est au ricin ;
Voici l’Hélicon et le Pinde.
Qu’entre deux monts il soit congreû
Que coule un ruisseau, je m’affie :
Le Bouillon des deux Sœurs ! Ce rû
Manque à votre géographie.
Si trouvez trop aigu l’outil
Dedans votre honneur, j’y subroge
La pointe de vos concetti…
Et je pousse à val. Loge ! Loge !
Est-ce là ce qu’un rêve pur
Vous promist du premier Sylvandre
Offrant quelque chose de dur
A l’étroite Reine du Tendre ?
Or, jà dans vos flancs caverneux
Cyrus gronde et la Calprenède…
Je fuis le Perse au trait ocreux
Et la balistique du Mède.