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Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2 cover

Le livre commode des adresses de Paris pour 1692, tome 2/2

Chapter 36: OUVRAGES DE PLOMBIERS ET DE FONTENIERS.
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About This Book

The volume functions as a practical directory of Parisian commercial life in the late seventeenth century, listing addresses, trades, and market locations alongside concise descriptions of goods, production methods, prices, and regulatory practices. Entries are organized by office or commodity—epiceries, chandlers, salt granaries, drapers, fruiterers—and note guild privileges, disputes, and legal decisions affecting trade. Appendices and editorial annotations provide historical context and cross-references, making the work both a street-level business register and a handbook of urban supply, manufacture, and market customs.

OUVRAGES DE PLOMBIERS
ET DE FONTENIERS[1].

[1] Les plombiers et fontainiers ne formoient qu’une seule corporation, et même assez peu nombreuse ; elle ne comptoit au XVIIIe siècle que cinquante maîtres au plus. Ses statuts, en quarante articles, datoient de juin 1647.

Les Plombiers des batimens du Roy fournissent aussi plusieurs particuliers de considération.

Entre les autres fameux Plombiers, sont Messieurs Desgoutières près la Comedie Françoise, le Roy rue saint Honoré,    rue saint Antoine,    près la Magdelaine,    rue saint Martin, etc.

M. Denis premier Fontenier du Roy, demeure au fauxbourg saint Germain, et Mrs ses fils, l’un du Chateau de Trianon, et l’autre de Versailles, demeurent au même endroit.

Entre les autres Fonteniers fameux qui travaillent pour Sa Majesté et pour le public, sont Messieurs Dorival, Cimetiere saint Jean, et Balo près la Croix du Tiroir.

Les Fondeurs qui travaillent aux Robinets des tuyaux et Regards, sont rue des Assis et rue neuve saint Mederic.

Le Plomb est fort rencheri depuis la déclaration de la guerre avec l’Angleterre[2] ; le plus commun vaut à présent 4 sols la livre mis en œuvre compris la soudure[3].

[2] Il s’agit de la guerre de 1688 qui nous avoit mis sur les bras l’Angleterre et la Hollande. De l’une nous venoit en grande partie ce que nous consommions de plomb, notamment le plomb laminé, et de l’autre presque toutes les préparations plombifères.

[3] Dans la 1re édition, p. 48, on trouve un exemple de ce renchérissement du plomb : « Les tuyaux de fontaines soudés en long avec joints et nœuds de soudure, depuis deux jusqu’à six pouces de diamètre, tranchées et remplages mis en œuvre, ci devant quatorze livres, et à présent vingt livres le cent. »

Le Plomb blanchi, tant pour tuyaux de descentes, que cuvettes, entonnoirs, membrons[4], chesnaux, boursaux, ennusures[5], et enfaistemens, vaut depuis 4 sols et demi jusqu’à 5 sols la livre mis en place compris la soudure[6].

[4] « Le membron » étoit une partie du « bourseau », sorte d’ornement d’enfaîtage employé surtout dans les grands bâtiments.

[5] Ce mot, dans la 1re édition, p. 48, est écrit « annesures ». Nous ignorons ce que, sous l’une ou l’autre forme, il signifie.

[6] Suivant la 1re édition, p. 48, « le cent de plomb » employé pour tous ces objets se payoit « treize livres dix sols ».

Le Plomb noir aussi y compris la soudure, vaut 18 à 20 livres le cent mis en œuvre.

La Soudure pour les réparations vaut quatorze à quinze sols la livre.

Les vieux Plombs se donnoient ci-devant au Plombier trois livres pour deux d’employées, mais à present cette évaluation seroit trop forte[7] ; mais pour plus de justesse, on peut faire remettre la même quantité en œuvre que l’on a donné au Plombier, et luy payer 36 à 40 livres le millier compris la soudure en œuvre.

[7] « Pour six livres de vieux plomb, les plombiers en fournissent trois de neuf posé en place. » Édit. de 1691, p. 48.