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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 11: Comment olivier reffusa du tout a la royne sa belle mere la requeste que elle luy avoit fait.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier reffusa du tout a la royne sa belle mere la requeste que elle luy avoit fait.

La royne tresiree reprinst sa parolle en disant olivier mauldicte soit la beaulté de toy quant ainssi te monte en bobence & orgueil que pour reffuser royne telle comme moy desormais le non d’amy que te estoit donné de par moy qui souloit estre en mes secrettes pensees/ le resjoyssement de mon cuer par ton oultraige et grant cruaulté sera changé et a grant amertume et te nommeray ennemy comme infame non pitiable et occiseur de dames Car tu es meurtrier de moy et seras cause de ma mort laquelle sera briefve/ mais se ne sera pas sans toy Car en toutes les manieres que possible me sera de abregier ta vie je le querray et pourchasseray a mon povoir Et me semble puis que je vueil morir et que tu es cause de ma mort que rayson donne que tu doibs participer a ma doulleur Toutesfoys je prie qui te vueille pardonner les innumerables maulx que a ta cause sont taillies de proceder et advenir Et puis luy dit lieve toy dessus ma queue et t’en va/ car impossible me seroit d’estre ycy plus longuement a la veue des gens que mon grant dueil ne me fust a partir Lors olivier se leva et prinst congié a la royne laquelle s’en alla en une sienne petite chambre ou elle demena son dueil tant merveilleulx que impossible seroit de le recorder Olivier vint devers le roy son pere et le salua Et aprés ce qu’il y heut esté une espasse s’en revint a son hostel et son compaignon avecques luy/ qui bien cogneut que son frere ne faisoit pas la chiere a coustumee/ si luy demanda qui le mouvoit/ et quant il vit que ne luy en vouloit rien dire/ il se passa d’en enquerre plus avant tout ledit jour demoura en son hostel Et pour couvrir son desplaisir donnoit a entendre aus gens qu’il n’estoit pas en bonne sancté et qu’il estoit ung petit malade Pour laquelle chose son compaignon estoit trescouroucié Mais impossible luy estoit de l’amender ce non obstant ne se vouloit bougier de auprés de luy Mais aprés soupper olivier luy requist qu’il voulsist aller vers le roy et les dames pour ce soir entretenir sans faire mencion de sa maladie disoit que a sa venue le trouveroit couché Et pour ce artus a la requeste de son frere fut content de y aller Et luy dist mon frere vous voulés que je aille en court Et pource qui sera trop tart et que a ma revenue je vous pourroie esveiller pour ceste heure je vous diray bonne nuyt/ je prie a dieu qui vous doint bon repoz tel que voustre maladie puist estre demain alegee comme je le desire Et soy partant luy dist que pour ceste nuyt ne coucheroient pas ensemble Lors olivier l’embrassa les lermes aus yeulx et dist a artus qu’il demouroit trop et que les dances estoient commenciés Artus apperceut bien que son frere avoit la lerme a l’ueil dont il se donna grant merveille Car il le cognoissoit tel qui n’estoit point homme pour soy desconforter de pou de chose/ toutesfois nul semblant n’en fist/ mais prinst congié et se partit de la en grans regrés Las encore s’il heust sceu et a quoy son compaignon pensoit son mal luy fust redoublé/ car jamais ne le verra jusques chascune des deux parties aura souffertes maintes grans peines et travaulx ainssi comme vous orrés cy aprés.