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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 18: Comment le chevalier le compaignon de olivier morut et de ce qu’il en advint.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment le chevalier le compaignon de olivier morut et de ce qu’il en advint.

Tendis qu’ilz devisoient olivier demanda en quelle contree ilz estoient/ il luy fut dit que c’estoit engliterre dont le chevalier qui avecques olivier c’estoit sauvé s’en resjoyst beaucoup/ non obstant que fort malade fut et demanda au seigneur de l’ostel se il cognoissoit point ung chevalier nommé sire jhean talbot/ il respondit que bien en avoit oÿ parler/ mais oncques ne l’avoit veu comme il pensoit fors sa principalle residence estoit en la ville de cantorbie ainssi comme on disoit laquelle estoit bien vint lieues de la Lors icelluy chevalier malade luy dist sire loué soit noustre seigneur qui icy nous a amenés. Je suys icelluy sire jhean talbot que par cy devant vous ay nommé et suys demourant en la ville de cantorbie comme vous dictes Et pource que je cognois que sans la grace de dieu jamais je ne me puis resourdre de la maladie que j’ay de par ce que la mort est prouchaine de moy/ je vous prie qu’il vous plaise moy faire porter en une litiere jusques en ma maison a cantorbie affin que la puisse finer le sourplus de ma vie faire mon testament et ordonnance telle que bon chrestien est tenu de faire Et ne pensés pas que de voustre paine vous ne soiés bien remunerés Olivier voiant ce chevalier ainssi malade fut couroucié/ et comme celuy qui ne sçavoit ou aller luy dist monseigneur et mon amy je suys tresdeplaisant de voustre maladie/ j’ay trouvé si bonne compaignie en vous que je ne vous abandonneray pas en quelque lieu qu’il vous plaira faire mener jusques a ceste heure que je auray veu en quelle maniere il plaira a noustre seigneur de disposer de voustre maladie Louenge a sa haultesse touchant ma part je suis gueri et en bonne sancté et prest de monter a cheval Et me offre d’aller quelque part qui vous plaira Le chevalier le remercia & dist que toute sa voulenté estoit d’aller ou il avoit dit/ et que aultre chose ne requeroit Et pource aus despens de son hoste/ lequel n’en volut riens prendre fut mené jusques la ou olivier tousjours heut sa compaignie qui oncques ne l’abandonna Toutesfoys comme il pleut a noustre sire jhean de talbot venus en sa maison ne vesquit guere qu’il ne trespasast de ce monde a la grant plaincte et pleurs de tous ses amis/ lesquelz aprés sa mort ne luy monstroient pas grant amictié Car pour aulchune doibte qu’il debvoit a ung bourgoys de la ville et avoit esté en sentence d’excommuniment jusques au temps que icelluy bourgois en avoit esté contenté Et avoit esté bien l’espasse de .vii. ans en cest excommuniment celuy qui n’avoit pas de quoy sans vendre du sien largement pour paier sa doibte Et en cest estat morit. Et pource que le bourgois ne fut pas content que sans estre paié le chevalier fust mis en terre saincte/ mais ses hoirs voians ce conclurent & aymerent mieulx de le enterrer en terre prouphane que de paier la debte/ comme ceulx qui pas n’avoient de quoy et n’aymoient pas tant l’ame de leurs bons amis trespassés comme leurs biens.