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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 23: Comment ung chevalier vestu de noir vint a olivier en l’ermitaige de sa compaignie et des abis qu’ilz avoient.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment ung chevalier vestu de noir vint a olivier en l’ermitaige de sa compaignie et des abis qu’ilz avoient.

Ainssi que vous avés oÿ ce jour la olivier [fut] a l’ermitaige avecques le proudomme par l’espasse de quatre jours et n’y avoit més que deux jours jusques au premier jour du tournoy/ l’ermitaige n’estoit pas a plus de demie lieue de londres Et quant olivier s’en alloit esbatre jusques hors la forest/ il povoit plainement choisir la ville et la place la ou le tournoy se devoit tenir qui ja tout avironné estoit de hours/ et si voioit essaier ces selles et ces destriers/ et pareillement ces harnois/ dont il ne pregnoit guere de plaisir/ car il avoit tousjours doubte qu’il ne fust oublié de son chevalier Et pource que le temps estoit brief faisoit grant doubte de son fait et se repentoit beaucoup de ce qu’il avoit creu Et aussi que pendant le temps qu’il avoit sejourné a l’ermitaige ne s’estoit travaillé de aller jusques a la ville veoir celle [de] qui tant de nobles hommes se mectoient en paine/ et de qui tant de biens se disoient. Mais pas ne l’avoit ousé faire de craincte que son chevalier ne le trouvast pas au lieu ordonné Et en cest estat se passerent ces deux jours Et quant vint au jour que toute honneur se debvoit trouver sus les rens pensés en quelle doulleur estoit le povre olivier & son cuer estoit fort serré/ nul ne s’en doibt donner merveille il estoit audevant de l’uis de l’ermitaige et n’ouoit pas une feulle cheoir qu’il ne pensast que son chevalier venist tousjours tant y attendit que toute esperance luy estoit faillye/ et ainssi qu’il estoit en cest estat il oÿt grant force de chevaucheurs parmi la forest si se pensa olivier que c’estoit aulchun noble homme qui au tournoy avecques les aultres vouloit aller/ puis regarda celle part et vit bien jusques au nombre de .xv. gentilz hommes vestus de robbes de satin noir et le sourplus de leurs abillemens tous noirs/ montés sus noirs chevaulx enharnaichés de mesme coulleur/ lesquieulx portoient chascun une lance couverte de velours noir Et aprés iceulx venoient dix chevaliers vestus de robbes longues de velours semblable et fourrees de martres/ et menoit on aprés eulx ung courcier moreau housé jusques au ventre de drap d’or et le frenoy/ .xv. paiges montés sus coursiers de pareil poil et houseure de pareille coulleur Et aprés estoient bien soixsante ou quatre vins varlés de la livree des aultres reservé qu’ilz estoient vestus de drap.