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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 28: Comment olivier se retira a son hermitaige aprés ce qu’il heut vaincu le tournoy.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Comment olivier se retira a son hermitaige aprés ce qu’il heut vaincu le tournoy.

A la rescousse de ceste enseigne y heut des chevaliers mors d’une part et d’aultre et plus de ceulx de dedens que de ceulx de dehors/ dont le roy ne fut pas content de veoir en cest estat morir ses hommes/ si commanda a deux ou a .iii. combatans lesquieulx estoient ordonnez/ que se noise ou desbat se mouvoit ou sourdoit qu’ilz se meissent en paine de les deffaire et appaisier de deulx parties/ qui ainssi sans nulle pitié s’entre occisoient Iceulx firent le commandement du roy. Mais avant ce qui venissent jusques au lieu la ou ledit debat estoit il y eust plusieurs coups merveilleux donnés. Et met l’istoire que ung vaillant chevalier de dedens Olivier faisoit tant de fais d’armes y s’aprouchoit de luy empoigna son espee/ et pour ferir plus grant coup l’avoit prinse a deux mains Et ainssi qu’il avoit les deux bras levez pour ferir Olivier l’apperceut si se hasta le premier de ferir/ et luy donna si merveilleux coup qui le fist voller enmy le champ l’espee a tous les deux bras de quoy s’en esmerveillerent moult tous ceulx qui le virent Et mesmes le roy se commença a seigner disant se ce rouge chevalier qui estoit hier habillé de noir vit longuement/ ou se la meslee n’est departie/ il fera morir la pluspart de mes hommes/ c’est ung vif dyable/ regardés comment son espee trenche Il a tant fait que elle est de coulleur pareille a ses abis Le chevalier qu’il a maintenant abatu n’a garde de jamais coupper bourses En cest estat se devisoit le roy Et d’aultre part les dames n’avoient pas l’ueil que sus luy Et quant partit d’elle mesmes helaine n’avoit pas le couraige de povoir regarder l’esfusion du sanc de ces gentilz chevaliers Mais il ne demoura guere qu’ilz ne fussent desmellés Et fut crié de par le roy que a paine de la teste trencher qu’il n’y eust si hardi qui se meslast d’en plus faire pour celuy jour Et pource chascun se retira et estoit temps de retourner en son hermitaige si le mena jusques la/ puis prist congié de luy et dist qu’il ne l’oubliroit pas a l’endemain Le roy et la fille retournerent en la ville Et souppa la nuyt en la chambre helaine qui pas n’estoit a son aise pource qu’elle avoit esté lassee de se seoir si longuement et aussi de l’occision qui avoit esté fait/ et dist a son pere/ monseigneur n’estes vous pas bien desplaisant de pitié que avez veu/ vous faictes morir voz gens sans cause/ je ne cuide pas que ce soit par moy Car se je le sçavoie je feroye serment avant de non jamais estre mariee Pource je vous prie qu’il vous plaise moy accorder que pas par la maniere de celle du jour d’uy Le roy luy respondit ma fille pensés de faire bonne chiere et ne vous souciés de riens Car de ce que est advenu en suys plus desplaisant que vous n’estes. Pource y mectray si bon remede que la chose n’aviendra pas. Ainssi luy donna bonne nuyt en disant qui veoit bien qu’elle n’avoit tallant de dancer pour ce soir Et elle luy dist que non. Et pource n’y heut nulles dances pour icelle nuyt.