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Le livre de Olivier de Castille et de Artus d'Algarbe

Chapter 3: Cy aprés parle de la mort de la royne de castille.
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About This Book

The narrative presents a medieval chronicle of noble lineage and chivalric deeds, opening with the death of a queen and the birth and baptism of her son, whose presence consoles a grieving king. Courtly counselors urge the king to remarry to secure succession, leading to embassy, negotiation, and agreement with a lordly widow whose own son promises a future alliance. Scenes alternate between mourning, ceremonial rites, diplomatic exchange, and preparations for marriage, while the text frames these episodes as exempla intended to recall courage, loyalty, and virtue and to rouse noble hearts to emulate ancestral conduct.

Cy aprés parle de la mort de la royne de castille.

Aprés les regrés innumerables du roy & de tous ceulx du royaulme fut ensevelie Et pour donner confort adviserent que bon seroit que avec le corps de la feue dame quant on la porteroit fust porté son enfant baptizer comme fut fait/ elle fut fort plouree en passant par la ville. Et en cest estat fut convoyé de la pluspart de haibitans jusques a l’esglise/ auquel lieu fut enterree/ et son enfant baptisé/ lequel heut nom olivier Et aprés ce que le service fut fait le roy tresdolent retourna en son pallais auquel lieu il demaina son dueil longue espasse de temps/ et n’avoit riens qui reconforter le peulst que son tresaimé filz olivier Et en le baisant souvent luy disoit helas mon filz ta naissance m’a tourné a grant joye et aussi a grant doulleur/ je prie a nostre seigneur qu’il ait l’ame de ta mere et qu’il te donne grace d’estre tel que mon cuer le desire En icelle parolle se complaingnoit souvent de sa compaignie que tant avoit chiere et aymee/ les nobles hommes de sa maison et aultres de son pays/ estoient desplaisans pour ce qui luy sembloit que le roy estoit devenu tressolitaire & n’estoit plus si commun entre eulx comme par avant avoit acoustumé d’estre par quoy ilz disoient le dueil du roy dure trop/ si nous couvient adviser que le luy puissons faire cesser/ car il fault tout oublier Assés encore est jeune pour avoir d’enfans/ et n’est chose qui si toust le puisse ramener en joye que de le remarier a une belle jeusne dame ou il puisse prendre son plaisir/ et pour plus joyeusement vivre Ces parolles n’estoient pas dictes a son abscence/ car ceulx qui se sentoient estre privez de luy disoient souvent Et tellement l’ennorterent qu’il se consentit de soy marier/ mais que femme luy fust trouvee digne d’avoir ceste dignité. pour lors le roy d’algarbe estoit mort/ et estoit demouree la royne sa femme vefve/ qui estoit pour lors une des belles dames du monde laquelle avoit heu ung filz de son feu seigneur et mary nommé Artus bel enfant a merveille et povoit avoir l’eaige de olivier filz au roy de castille lequel roy averti de la beaulté d’icelle royne d’algarbe envoya vers elle grande ambassade pour l’avoir a femme Laquelle ambassade la venue les fist festoier en grant honneur/ et en brief jour leur fut baillé Et dirent present la dame et son conseil la cause pour quoy ilz estoient venus. Et furent volentiers oÿz de tous les parens amis et serviteurs de la royne Et aprés qu’ilz heurent exposé ce qu’il avoient de commandement de leur roy et seigneur Ilz se retirerent en leurs hostelz esquelz ilz furent convoyez a grant nombre de chevaliers et escuiers.